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Gour

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À l'origine, un gour (de l'occitan gorg [gur], gouffre, mare, lui-même du latin gurges, gouffre, gosier), est un creux ou bassin d'eau qu'on trouve généralement dans le cours des rivières. Dans la partie sud de la France, on trouve de nombreux toponymes désignant des creux profonds le long des rivières, par exemple "gournier" (=gour noir).

Etagement spectaculaire de gours de la grotte de Saint-Marcel dans les gorges de l'Ardèche.
Micro-gours.
Gours en eau de la grotte de Saint-Marcel (Ardèche).
Barrages naturels près des sources de l'Huveaune en Provence.

Le terme gour a été introduit dans le vocabulaire spéléologique par Édouard-Alfred Martel qui a emprunté ce terme à l'occitan pour désigner des bassins formés sous terre. Ce terme peut désigner des bassins dans une rivière souterraine ou des creux remplis d'eau formés dans un revêtement de calcite (spéléothèmes).

En spéléologie, un gour est un creux naturel formé dans la calcite. Parfois, de petits barrages festonnés de calcite s'étagent en cascade. L'eau est alors retenue dans des bassins (gours et micro-gours) par un concrétionnement (spéléothème) formant barrage en travers d'un écoulement souterrain[1].

Principales caractéristiques

Les gours sont des creux formés par un barrage de calcite. En contexte karstique, l'eau de pluie dissout le calcaire en s'infiltrant dans le sol et s'enrichit en carbonate de calcium. Lorsqu'elle parvient dans une cavité souterraine, l'eau peut s'évaporer et former différents types de spéléothèmes (stalactites, stalagmites, etc.). C'est le processus de concrétionnement.

Si l'eau stagne dans une flaque d'eau préexistant au sol, la concentration en carbonate de calcium augmente et de la calcite se dépose aux abords de la flaque. L'alimentation en eau doit être suffisamment faible ou discontinue pour ne pas diminuer cette concentration et arrêter le phénomène de concrétionnement.

Les gours sont souvent disposés les uns à la suite des autres, en cascade, les gours inférieurs réceptionnant le trop plein des gours situés en amont. Sur des pentes où l'eau sursaturée en bicarbonate de calcium ruisselle en « lames » peu épaisses, la surface d'échange est suffisamment importante pour réaliser le concrétionnement. De plus, les aspérités ou les impuretés qui réduisent la vitesse d'écoulement favorisent la construction de barrages de calcite, donnant naissance à de véritables bassins de quelques millimètres, les micro-gours, à quelques mètres de long, les gours[2].

Des phénomènes similaires à l'origine de légendes

Nassis sur le Dard au-dessus de la cascade de Baume-les-Messieurs.

La construction de gours de calcite n'est pas un phénomène spécifiquement souterrain. Des barrages de travertin présentent les mêmes formes en escalier. La forme étrange de ces concrétions leur a valu d'être affublées de légendes ou d'explications magiques. Selon une de ces légendes, les gours seraient des sortes d'empreintes laissées par le Diable. Un jour, ce dernier aurait tenté un ermite ou une victime qui parvint à le repousser. Trépignant de colère, il aurait martelé le sol de ses immenses pattes. Ou courroucé par l'arrivée de saints hommes sur son territoire, il aurait décidé à les chasser en bondissant de rocher en rocher à leur rencontre[3].

Quelques sites connus

Des concrétions morphologiquement similaires peuvent se former en plein air dans le cadre de tufières, comme aux sources de l'Huveaune du massif de la Sainte-Baume en Provence, des pertes de l'Ain du massif du Jura, ou à Pamukkale en Turquie... La roche est alors un travertin, forme beaucoup plus vacuolaire de calcite que celle des gours formés en milieu souterrain[4].

Notes et références

Voir aussi

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