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Gouvernement Rocard I

gouvernement de la République française From Wikipedia, the free encyclopedia

Le gouvernement Rocard I, premier gouvernement dirigé par Michel Rocard, est le gouvernement de la République française du au . C'est le vingtième gouvernement sous la Cinquième République, et le premier pendant la seconde présidence de François Mitterrand.

Faits en bref Président de la République, Premier ministre ...
Gouvernement Rocard I

Ve République

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Michel Rocard (ici en 1989).
Président de la République François Mitterrand
Premier ministre Michel Rocard
Législature IXe (Cinquième République)
Nomination
Formation
Fin
Durée 1 mois et 10 jours
Composition initiale
Coalition Parti socialiste - dissidents Union pour la démocratie française - Mouvement des radicaux de gauche
Ministres 18
Secrétaires d'État 23
Femmes 6
Hommes 33
Drapeau de la France
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Contexte de formation

Contexte politique et économique

François Mitterrand est réélu président de la République à l'issue du scrutin de 1988 sur sa Lettre aux Français, où il définit quatre priorités : « l'investissement économique [...] l'investissement éducatif, à la fois traitement social du chômage [...] et traitement économique [...] ; l'investissement européen [...] Enfin, l'investissement social, qui donne leur juste place aux travailleurs dans l’entreprise et dans la Nation ».

La situation économique est, en ce début de septennat, plutôt positive. L'inflation s'est stabilisée autour de 2,5 %, tandis que le cycle économique montant permet à la croissance d'augmenter entre 1986 et 1988 (passant de 2,6 % à 4,7 %) et de stabiliser le chômage.

Le fait que l'économie soit en phase haute est positive pour le nouveau gouvernement et entraînera une décrue du chômage, qui passe de 10 % en 1988 à 8,9 % en 1990.

Choix des ministres

Le choix de nommer Michel Rocard Premier ministre est dû au fait que, lorsque François Mitterrand est réélu, les regards se tournent vers les socialistes les plus populaires à la fois au Parti socialiste (PS) et parmi les sympathisants du centre. Rocard semble, par son positionnement politique et économique, correspondre. Le , le Président invite à déjeuner Rocard, Pierre Bérégovoy et Jean-Louis Bianco. Il dit que Rocard a « une petite longueur d'avance » à la candidature au poste de chef du gouvernement. Sortant du déjeuner, il recrute immédiatement Jean-Paul Huchon comme directeur de cabinet.

Rocard, Bérégovoy et Bianco préparent l'établissement du gouvernement. Bérégovoy est assuré de retrouver son poste de ministre des Finances. Bianco refuse un ministère du Cadre de vie pour rester Secrétaire général de l'Elysée. Rocard rencontre des membres du centre, comme Bernard Stasi, Pierre Méhaignerie et Jacques Barrot. Ils se concertent pour décider d'une alliance, mais elle n'aboutit pas : Mitterrand veut dissoudre, et, avec le score qu'il a réalisé à la présidentielle, il obtiendra une majorité qui ne le contraint pas à faire alliance avec les centristes. De plus, ces derniers, libéraux, veulent des privatisations, ce que Mitterrand refuse dans sa logique de « ni-ni ». Enfin, le centre demandait le rétablissement du scrutin proportionnel, qui lui permet d'obtenir plus de députés, mais Rocard, qui avait démissionné sur ce sujet en 1985, ne veut pas entendre parler. Les ralliements centristes seront donc des initiatives individuelles.

François Mitterrand s'attelle à la formation du gouvernement. Il souhaite originellement une équipe restreinte d'une vingtaine de personnes, avec quelques hauts fonctionnaires facilement remplaçables. Mais, devant les pressions, la nécessité de doser les courants politiques, sa volonté de faire entrer des représentants de la société civile et de donner des ministères à des socialistes qui n'ont jamais participé au gouvernement, le Président et son Premier ministre doivent finalement s'accorder sur 42 noms.

Sur ces 42 maroquins, 27 ministres et secrétaires d'Etat proviennent du Parti socialiste (dont 13 qui faisaient partie du gouvernement Fabius, et 7 aux mêmes postes). Cinq ministres sont rocardiens : Claude Évin, Louis Le Pensec, Tony Dreyfus, Michel Chapuis et Catherine Trautmann. 15 ministres ne sont pas socialistes, dont 4 proviennent du centre (Lionel Stoléru, Michel Durafour, Jacques Pelletier et Thierry de Beaucé. L'ouverture à la société civile est représentée par Pierre Arpaillange, magistrat, Roger Fauroux, président de société et Bernard Kouchner, médecin.

D'après Dominique Bussereau, ministre sous des gouvernements de droite, Jean-Michel Boucheron, élu de Charente, serait entré au gouvernement par une erreur d'homonymie. Le spécialiste des questions de défense était Jean-Michel Boucheron, élu en Bretagne. Le premier, empêtré dans des affaires qui l'enverront en prison, n'a pu rester au gouvernement. Le second n'y est jamais entré[1].

Féminisation du gouvernement

Le gouvernement compte six femmes ministres : Édith Cresson, Edwige Avice, Georgina Dufoix, Catherine Tasca, Véronique Neiertz et Catherine Trautmann.

Composition

Michel Rocard est nommé le [2] en remplacement de Jacques Chirac. Le président Mitterrand confie à son conseiller spécial Jacques Attali qu'il ne souhaite pas nommer Rocard, mais que sa popularité auprès de la base militante du Parti socialiste le contraint. Il ajoute qu'« en revanche, c'est moi qui ferai le gouvernement »[3].

Les ministres et les ministres délégués sont nommés le [4] et les secrétaires d'État le [5].

Davantage d’informations Image, Fonction ...
Image Fonction Nom Parti
Premier ministre Michel Rocard Parti socialiste
Ministres
Ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et des Sports Lionel Jospin Parti socialiste
Ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et du Budget Pierre Bérégovoy Parti socialiste
Ministre d'État, ministre de l'Équipement et du Logement Maurice Faure Mouvement des radicaux de gauche
Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères Roland Dumas Parti socialiste
Garde des Sceaux, ministre de la Justice Pierre Arpaillange Aucun (sans étiquette)
Ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement Parti socialiste
Ministre de l'Intérieur Pierre Joxe Parti socialiste
Ministre de l'Industrie, du Commerce extérieur et de l'Aménagement du territoire Roger Fauroux Aucun (divers gauche)
Ministre des Affaires européennes Édith Cresson Parti socialiste
Ministre des Transports Louis Mermaz Parti socialiste
Ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives Michel Durafour UDF-PRV
Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi Michel Delebarre Parti socialiste
Ministre de la Coopération et du Développement Jacques Pelletier UDF-PRV
Ministre de la Culture et de la Communication Jack Lang Parti socialiste
Ministre de l'Agriculture et de la Forêt Henri Nallet Parti socialiste
Ministre des Postes et télécommunications et de l'Espace Paul Quilès Parti socialiste
Ministre de la Mer Louis Le Pensec Parti socialiste
Ministres délégués
Ministre chargé des Relations avec le Parlement Jean Poperen Parti socialiste
Ministre chargé des Départements et Territoires d’Outre-mer Olivier Stirn Parti socialiste
Ministre chargé de la Recherche Hubert Curien DVG
Ministre délégué et des Affaires étrangères Edwige Avice Parti socialiste
Ministre chargé de l'Aménagement du territoire et des Reconversions Jacques Chérèque Parti socialiste
Ministre chargé du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme François Doubin MRG
Ministre chargé de la Famille, des Droits de la Femme, de la Solidarité et des Rapatriés Georgina Dufoix Parti socialiste
Ministre chargé de la Santé et de la Protection sociale Claude Évin Parti socialiste
Ministre chargé de la Communication Catherine Tasca Parti socialiste
Secrétaires d'État
Secrétaire d'État aux Anciens combattants Jacques Mellick Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé du Plan Lionel Stoléru DVG
Secrétaire d'État chargé de l'Environnement Brice Lalonde ÉCO
Secrétaire d'État Tony Dreyfus Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé de l'Enseignement technique Robert Chapuis Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé des Sports Roger Bambuck DVG
Secrétaire d'État chargé de la Consommation Véronique Neiertz Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé du Logement Philippe Essig SE
Secrétaire d'État chargé des Grands travaux Émile Biasini SE
Secrétaire d'État chargé des Relations culturelles internationales et de la Francophonie Thierry de Beaucé SE
Secrétaire d'État chargé des Collectivités territoriales Jean-Michel Boucheron Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé des Voies navigables et des Transports routiers Georges Sarre Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé de la Formation professionnelle André Laignel Parti socialiste
Secrétaire d'État chargé de l'Insertion sociale Bernard Kouchner DVG
Secrétaire d'État chargé des Personnes âgées et des Handicapés Catherine Trautmann Parti socialiste
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Répartition partisane

Davantage d’informations Parti, Premier ministre ...
Parti Premier
ministre
Ministres
d'État
Ministres Ministres
délégués
Secrétaires
d'État
Total
Répartition le 13 mai 1988 1 4 13 9 14 41
Parti socialiste 1 3 9 7 8 28
Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2
UDF - Parti radical valoisien 2 2
Divers gauche 1 1 3 5
Sans étiquette 1 3 4
Divers écologiste 1 1
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Actions

28 utilisations de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, soit la plus grande utilisation de cet article, devant notamment les 23 49.3 de la Première ministre Elizabeth Borne entre 2022 et 2024.[réf. nécessaire]

Analyse de la popularité

Réception

Le nouveau gouvernement est mal reçu dans la presse, déçue de son manque d'originalité. Sept ministres ont déjà été ministre sous le gouvernement de Laurent Fabius. François Mitterrand déclare dans la soirée : « Ce gouvernement, ça ne va pas du tout... J'ai eu tort, j'ai sans doute manqué de réflexe ; j'étais fatigué[3] ».

Démission

À la suite des élections législatives de 1988, le gouvernement démissionne le [6].

Notes et références

Voir aussi

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