Gouvernement al-Soudani
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| Président | Abdel Latif Rachid |
|---|---|
| Premier ministre | Mohammed Chia al-Soudani |
| Élection | 10 octobre 2021 |
| Législature | 5e |
| Formation | |
| Durée | 3 ans, 5 mois et 16 jours |
| Coalition | Alliance pour la souveraineté (Alliance Azem - TAK) - Coalition de l'État de droit (Dawa) - PDK - Alliance Fatah (Parti de la vertu islamique - SCIRI - AAH) - UPK - Mouvement Ataa (en) - Mouvement Babylone |
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| Conseil des représentants |
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Le gouvernement al-Soudani est le gouvernement de la République d'Irak depuis le . Il est dirigé par l'homme politique chiite Mohammed Chia al-Soudani, du parti islamique Dawa.
Crise politique
Lors des élections législatives irakiennes de 2021, des groupes militants pro-iraniens contestent les résultats. Bien que les élections se soient déroulées sans incidents, le taux de participation est bas, près de 60 % des inscrits s'étant abstenus[1].
Arrivé en tête, le Mouvement sadriste dirigé par Moqtada al-Sadr est le grand vainqueur des élections, et devrait être amené à former un gouvernement de coalition. Allié au Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et au Parti du progrès de Mohammed al-Halboussi (en) ainsi qu'à la plupart des formations sunnites irakiennes, al-Sadr soutient la candidature d'Hoshyar Zebari à l'élection présidentielle de février 2022 afin de se voir confier la formation du nouveau gouvernement, dans le but affiché de rompre avec les formations liées au voisin chiite iranien[2],[3].
Affrontements
En , en conséquence du résultat des élections législatives d'octobre, des affrontements surviennent à Bagdad. Les manifestants sont pour la plupart liés aux partis pro-iraniens, notamment Dawa. Les affrontements ont fait 125 blessés et deux morts. 21 manifestants ont été blessés par inhalation de fumée et neuf policiers ont été blessés par des jets de pierres.
Le , deux jours après, a lieu une tentative d'assassinat envers le Premier ministre Moustafa al-Kazimi, les forces armées informant que le Premier ministre avait survécu à une attaque d'un drone chargé d'explosifs vers sa résidence.
La tentative d'assassinat serait lié aux mouvements et forces ayant provoquées les manifestations et affrontements deux jours auparavant.
Premiers moments du Parlement
Le , Moqtada al-Sadr, ayant remporté les législatives avec le Mouvement sadriste, a déclaré qu'il souhaitait former un gouvernement majoritaire.
Le , le Conseil des représentants nouvellement élu s'est réuni pour la première fois dans la Zone verte pour élire le président et les deux-vice présidents. La première session est chaotique, au cours de laquelle le président par intérim Mahmoud al-Mashahadani est tombé malade et a été transporté à l'hôpital[4].
Cependant, après cet évènement, le législateur sunnite et actuel président du parlement Mohammed al-Halboussi (en) a été réélu pour un second mandat[5], avec Shakhawan Abdulla (PDK) et Hakim al-Zamili (Mouvement sadriste) à la vice-présidence[6]. Les trois partis ont réussi à se faire élire à ces fonctions grâce aux candidats de chaque bloc en votant les uns pour les autres[6].
Impasse politique
La formation d'un gouvernement est subordonnée à l'élection d'un nouveau président de la République. La première réunion du Conseil des représentants le en vue du premier tour de l'élection présidentielle irakienne de 2022 est un échec. Seuls 58 députés sur 329 étant présents, le scrutin n'a pas lieu faute de quorum des deux tiers des membres, et le scrutin est reporté à une date indéterminée[7],[8],[3].
Les trois principaux partis issus des élections législatives d'octobre — le Mouvement sadriste, le Parti démocratique du Kurdistan et le Parti du progrès — décident en effet de boycotter la séance, en raison des désaccords en cours sur la désignation d'un nouveau Premier ministre, ainsi qu'en protestation de la suspension de la candidature d'Hoshyar Zebari[9],[10].
Le , les 73 députés sadristes démissionnent du Parlement[11]. Ils sont remplacés par les candidats arrivés deuxièmes dans leurs circonscription[12].
Le , lors d'une réunion au domicile de l'influent Houmam Hammoudi (en), Hadi al-Ameri et Nouri al-Maliki, jugés trop sectaires, sont écartés de la liste des candidats potentiels au poste de Premier ministre de la coalition chiite (ar). Cela a pour effet de provoquer un changement de paradigme au sein de la coalition, qui n'entend désormais plus favoriser le candidat le plus populaire (qui aurait été désigné à la majorité comme le préconisait al-Maliki) mais le plus consensuel (désigné à l'unanimité comme le préconise al-Abadi)[13]. Les cinq candidats restants après l'éviction d'al-Ameri et d'al-Maliki sont Ali al-Choukri (ar) (ministre du Plan de 2011 à 2014), Qassem al-Araji (en) (ministre de l'Intérieur de 2017 à 2018), Haïder al-Abadi (Premier ministre de 2014 à 2018), Abdel Hussein Abtane (en) (ministre des Sports de 2014 à 2018) et Mohammed Chia al-Soudani (ministre des Affaires sociales de 2014 à 2018)[14], qui est finalement choisi à l'unanimité[15]. La nouvelle est annoncée le , provoquant la colère des sadristes, qui jugent al-Soudani beaucoup trop proche d'al-Maliki. En signe de protestation, les sadristes envahissent le parlement irakien à deux reprises : une première fois le et une seconde le . La seconde invasion, qui débouche sur un sit-in, coïncide avec le début du mois de mouharram et les préparations du deuil de l'achoura observé par les chiites[16],[17],[18],[19]. Le , Saleh Mohamed al-Iraqi, un proche de Moqtada al-Sadr, demande aux protestataires d'évacuer le parlement et de réorganiser le sit-in devant et autour de celui-ci « dans un délai maximum de 72 heures »[20]. Face à l'impasse, Moqtada al-Sadr annonce son « retrait définitif » de la vie politique le , provoquant de nouvelles émeutes, qui dégénèrent cette-fois en affrontements avec les milices pro-iraniennes et les forces de sécurité (en) qui tentent de s'interposer[21]. Les violences ne durent qu'un peu plus de 24 heures (avant que les partisans sadristes ne se retirent à la demande de leur chef) mais leur bilan humain est particulièrement lourd avec plusieurs dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés[22],[23].