Gracieuse et Percinet

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Gracieuse et Percinet, illustration de John Gilbert (1856).

Gracieuse et Percinet est un conte de fées français écrit par Madame d'Aulnoy et paru pour la première fois en 1697, dans Les Contes de fées. Andrew Lang l'a inclus dans le Livre des Fées Rouges.

Même rédigé par Mme d'Aulnoy, le conte présente des motifs et des éléments du mythe gréco-romain de Cupidon et Psyché et, par extension, du cycle de récits de l'Animal comme Époux.

Un roi et une reine avaient une fille belle et vertueuse, nommée Gracieuse. À leur cour, vivait une duchesse laide, la duchesse Grognon, qui la détestait. Un jour, la reine mourut. Le roi fut si affligé que ses médecins lui ordonnèrent de se divertir. Durant une partie de chasse, las, il s'arrêta au château de la duchesse Grognon et découvrit sa richesse. Il accepta de l'épouser en échange de sa dot, même si elle exigeait le contrôle de sa belle-fille.

La princesse fut enjointe par sa nourrice à bien se comporter. Attristée, Gracieuse s’isola dans le jardin du château. Elle y rencontre Percinet, un jeune et riche prince doté d'un don féérique, qui se mit à son service. Il lui offrit un cheval pour saluer la duchesse durant les noces. Jalouse de l'attention que recevait Gracieuse pour sa monture, la duchesse Grognon la lui réclama. Le cheval rua, s'enfuit et blessa la duchesse. Convaincue qu'il s'agissait d'un complot de Gracieuse, la duchesse Grognon la fit battre à coups de verges. Percinet transforma les verges en plumes de paon, et Gracieuse ne subit aucun mal.

La duchesse Grognon rétablie, le mariage eut lieu. Le roi organisa un tournoi pour honorer la reine. Les chevaliers du roi surpassèrent tous les autres, jusqu'à ce que Percinet les surpasse tous. Durant le tournoi, montrant le portrait de la princesse, il déclara qu'il s'agissait de la plus belle femme du monde. La reine, furieuse et jalouse, fit abandonner Gracieuse dans les bois, à la nuit tombée. Percinet la sauva et l'emmena dans son palais. Gracieuse demanda à revenir chez son père. Percinet lui expliqua que la reine l'avait déclarée morte et avait enterré une bûche à sa place, mais Gracieuse insista.

Le cercueil ouvert libère les petites créatures. Illustration de Henry Justice Ford pour The Red Fairy Book (1890) d'Andrew Lang .

Le roi fut heureux de la voir, mais, sous l'influence de la reine, ne souhaitant pas perdre les richesses apparemment inépuisables de sa nouvelle reine, il se persuada que Gracieuse était un imposteur. La reine emprisonna Gracieuse et, avec l'aide d'une fée maléfique, lui confia d'impossibles travaux : démêler un écheveau, (Gracieuse fit appel à Percinet qui le démêla), puis trier une pièce remplie de plumes, ce que Percinet fit également, et enfin apporter un coffre dans son propre château en lui défendant de l'ouvrir. Par curiosité, Gracieuse ouvrit le coffre et libéra une nuée de petits hommes et de petites femmes. Percinet les fit rentrer dans le coffre. Au château, les serviteurs refusèrent l'entrée à Gracieuse.

La reine Grognon, agacée, lui confia une dernière tâche : l'aider à soulever une pierre qui recouvrait un puits dans le jardin, car la reine avait entendu dire qu'un trésor s'y trouvait. La pierre levée, elle poussa Gracieuse à l'intérieur et la laissa tomber. Percinet et sa mère la sauvèrent, et Gracieuse accepta de rejoindre son royaume et de l'épouser.

« Il y était une fois un roi et une reine qui n'avaient qu'une fille: sa beauté, sa douceur et son esprit, qui étaient incomparables, la firent surnommer Gracieuse. Elle faisait la toute la joie de sa mère: il n'y eut pas de matin qu'on ne lui apportât une belle robe, tantôt de brocart d'or, de velours, ou de satin. Elle était parée à merveille, sans être plus fière ni plus glorieuse. Elle passait la matinée avec des personnes savantes, qui lui apprenaient toutes sortes de sciences; et l'après-dîner, elle travaillait auprès de la reine. Quand il était temps de faire collation, on lui servait des bassins pleins de dragées et plus de vingt pots de confitures: aussi disait-on partout qu'elle était la plus heureuse princesse de l'univers. »

Analyse

Variantes

Références

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