Grand incendie de Baltimore
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Le Grand incendie de Baltimore de 1904 fit rage du dimanche au lundi . Près de 1 231 pompiers ont été mobilisés pour le maîtriser.
Le feu fut tout d'abord signalé dans les locaux de la société John Hurst and Company à 10 h 48 et se propagea rapidement. À 13 heures, des unités de Washington arrivaient. Afin de stopper l'incendie, les autorités décidèrent d'utiliser un pare-feu et de dynamiter les bâtiments proches des flammes mais ces mesures furent inefficaces.
Une des raisons de l'ampleur et de la durée de cet incendie fut l'absence de standardisation de l'équipement des sapeurs-pompiers. La plupart des renforts comme les fourgons d'incendie des villes voisines (comme Philadelphie et Washington) ainsi que les unités de pompiers de New York, Wilmington et d'Atlantic City ne purent intervenir car leurs lances à incendie ne pouvaient pas se raccorder aux bouches à incendie de Baltimore. En conséquence, le feu brûla pendant près de 30 heures et détruisit 1 526 bâtiments sur près de 70 pâtés de maisons.
Conséquences
Juste après le désastre, les paroles du maire Robert McLane (en) furent reprises dans la presse de Baltimore :
« Supposer que les âmes de nos concitoyens ne sortiront pas grandies de cette épreuve, c'est supposer qu'ils ne sont pas de véritables Américains. Nous nous devons de travailler à ce qu'on ne se souvienne pas du feu de 1904 comme de la marque d'un déclin mais bien d'un progrès[1] »
Il a alors refusé les propositions d'assistance, déclarant : « Étant à la tête de cette municipalité, je ne peux qu'être reconnaissant de la sympathie et de l'assistance matérielle qui nous ont été proposées. Mais à toutes ces propositions, je réponds à peu près en ces termes : « Baltimore prendra soin d'elle-même, merci. »[2]. »
Deux ans plus tard, le , le Baltimore-American écrivit que la ville s'était relevée de ses cendres et qu'« un des plus grands désastres des temps modernes s'était transformé en bénédiction[3]. »
Bilan
On crut pendant longtemps que le sinistre n'avait fait aucune victime. De nombreux ouvrages traitant de ce sujet le reprennent et la plaque commémorative porte l'inscription suivante :
« Vies perdues : aucune »[4]
Cependant une récente découverte remet ce bilan en cause. Un journal d'époque, le Baltimore Sun, rapporte la découverte des restes carbonisés d'un Afro-Américain repêché dans le port quelques jours après l'incendie, près du lieu d'amarrage actuel de l'USS Constellation. La raison pour laquelle cette disparition demeura ignorée pendant près d'un siècle est inconnue.
Trente cinq mille personnes perdirent leur emploi des suites du désastre. Après cet incendie, la ville fut reconstruite avec des matériaux offrant davantage de résistance au feu, comme le granit.
H. L. Mencken survécut à l'incendie mais les bureaux de son journal, le Baltimore Morning Herald, furent détruits. Il raconte cet épisode et ses conséquences dans le dernier chapitre de Happy Days, le premier volume de son autobiographie. Il écrit qu'il y entra comme un enfant, plein de l'énergie de la jeunesse, et qu'il en sortit presque tel un homme d'âge mûr.
Le Grand incendie est également commémoré dans la chanson folklorique : « Baltimore Fire ».
- Fire fire I heard the cry
- From every breeze that passes by
- All the world was one sad cry of pity
- Strong men in anguish prayed
- Calling out to the heavens for aid
- While the fire in ruins was laid
- Fair Baltimore the beautiful city
Cette chanson peut se traduire comme suit :
- Au feu, au feu, j'entends les pleurs
- De chaque brise qui me passe à côté
- Le monde entier n'était plus qu'un sanglot de compassion
- Des hommes forts, en détresse, priaient
- Appelant le ciel à l'aide
- Pendant que le feu se répandait dans les ruines
- Brave Baltimore, la belle cité