Grands Magasins Dufayel

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Les Grands Magasins Dufayel, Paris, 26, rue de Clignancourt (carte postale de 1904).

Les Grands Magasins Dufayel sont un ancien grand magasin ouvert en 1856 rue de Clignancourt à Paris par Jacques François Crespin (1824-1888) sous l'enseigne Palais de la Nouveauté. Tourné vers les classes populaires, il est repris à la mort de son fondateur par l'un de ses employés, Georges Dufayel. Le grand magasin, qui occupe des bâtiments monumentaux, est réputé être le plus important du monde dans sa catégorie à la veille de la Première Guerre mondiale. Il ferme ses portes en 1930. Les Grands Magasins Dufayel jouent un rôle de pionnier dans le développement du crédit à la consommation en France.

Encart publicitaire paru dans Le Photo-programme : revue artistique illustrée, 1896.

Le magasin est spécialisé dans la vente à crédit d'articles d'ameublement et d'équipement de la maison. À la mort de son fondateur, en 1888, le magasin est repris par Georges Dufayel[1].

Entre 1874 et 1913, des bâtiments conçus par les architectes Marcel Lebègue[2] et Gustave Rives sont progressivement construits sur le quadrilatère d'un peu plus d'un hectare délimité par le boulevard Barbès, la rue de Clignancourt, la rue Christiani et la rue de Sofia. En 1895, l'entrée principale du magasin, située au 26, rue de Clignancourt, est aménagée de manière monumentale avec un dôme et un fronton en haut-relief par Jules Dalou Le Progrès entraînant le Commerce et l'Industrie, et des sculptures d'Alexandre Falguière. Au tournant des années 1890, Georges Dufayel souhaitait revêtir son magasin d’une plus grande visibilité et d’un nouveau lustre digne de rivaliser avec le magasin du Printemps. Il obtint du conseil municipal une dérogation pour construire, au-dessus du porche d’entrée, un gigantesque dôme culminant les toits du quartier de Clignancourt avec ses 47,50 mètres[3]. La presse s’enthousiasma pour l’emphase de ce dôme, révélant qu’il se trouve ainsi presque de niveau avec l’assise de l’église du Sacré-Cœur. La grande originalité de ce dôme réside dans le fait qu’il était ajouré par de grandes plaques de verre et qu’au cœur du dôme s’élevait un monumental phare électrique. L’idée à la base de cette conception était de guider la clientèle vers le grand magasin.

Pour attirer la clientèle, le grand magasin abrite un théâtre de grande taille et un jardin d'hiver. En 1912, les Grands Magasins Dufayel emploient 15 000 personnes et se targuent d'être l'établissement le plus important de ce type dans le monde. Le peintre Jean Dupas réalise pour eux des affiches publicitaires.

Pionnier du crédit à la consommation

La clientèle des Grands Magasins Dufayel, qui sont implantés dans un quartier ouvrier, dispose de revenus modestes. Le magasin est le premier à développer en France le crédit à la consommation moderne. Pour inciter ses clients à effectuer des achats, il propose un crédit après avoir collecté des informations sur ceux-ci auprès des concierges. Un collecteur passe chaque semaine au domicile des emprunteurs pour percevoir le remboursement du crédit[4].

La reconversion des locaux

Le 15 septembre 1918, durant la Première Guerre mondiale, une bombe explose sur les bâtiments des magasins Dufayel situés au 13, boulevard Barbès, lors d'un assaut aérien effectué par des avions allemands[5].

Façade de l'ancienne entrée des Grands Magasins Dufayel, rue de Clignancourt (fronton de Jules Dalou). Aspect en 2010, le dôme surmonté d'un phare coiffant l'ensemble a été détruit en 1957.

Georges Dufayel meurt en 1916. Le grand magasin ferme ses portes en 1930. Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande de la capitale, les nazis se servent des locaux comme entrepôt. Puis la Croix-Rouge américaine y emmagasine des médicaments et des cigarettes. Après la guerre, la Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI) installe ses services centraux (6 000 personnes) dans les anciens bâtiments du grand magasin, dont le dôme surmontant l'entrée monumentale est démoli en 1957[6].

Dans les années 1990, l'informatisation entraîne la suppression de cinq sixièmes de ses effectifs, qui s'amenuisent à 1 000 personnes. La banque, qui n'a plus besoin d'autant de locaux, lance un grand programme immobilier à l'esthétique façadiste : l'intérieur des bâtiments est entièrement remodelé et seules les façades sont conservées. En 2002, la BNP occupe toujours les bâtiments donnant sur la rue de Sofia tandis que 280 logements sont commercialisés et plusieurs grands distributeurs occupent les bâtiments donnant sur le boulevard Barbès.

En 2019, la BNP arbitre[7] cet immeuble au profit de Vinci Immobilier, qui envisage d'y installer Wojo, société de coworking qui s'est depuis retirée. Le bâtiment de 11 000 m2 est disponible à partir de 2024[réf. souhaitée].

Dans la culture populaire

Notes et références

Annexes

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