La provenance de cet objet est inconnue, car il n’a pas été découvert lors de fouilles archéologiques régulières : selon André Lemaire, c’est un antiquaire de Jérusalem, R. Braun, qui le lui aurait montré en 1979[1]. Acheté par un collectionneur anonyme, il quitte Jérusalem pour la France où il serait réapparu au Salon du Livre en 1985[8]. Suite à cette exposition, au Grand Palais à Paris, il aurait été proposé à la vente au Musée d’Israël en 1987 par l’intermédiaire de Meir Urbach, un guide touristique, pour la somme de 550.000 $[9]. En 1989, suite à l’expertise de Nahman Avigad qui confirme son authenticité[4], le Musée d’Israël l’acquiert pour la somme demandée[3].
En 2004, alors que d’autres antiquités bibliques telles que l’ossuaire de Jacques sont soupçonnées d’être des faux, un comité spécial est chargé d’examiner l’authenticité de la grenade. Il publie ses résultat en 2005, concluant que l’objet lui-même est authentique, datant du Bronze récent, mais que l’inscription et la patine qui la recouvrent sont des faux modernes[3].
À la lumière de cet article, André Lemaire réexamine la grenade et fait procéder à une contre-expertise de la patine ; il en conclut en 2006 que l’inscription est bien authentique[10].
Suite à cette controverse, les deux équipes décident d’examiner ensemble la grenade mais ne parviennent pas à un accord : ils publient en 2007 un article de synthèse dans lequel chacun reste sur sa position[2].
En 2008, Yitzhaq Roman analyse lui aussi la grenade et conclut à son authenticité[11],[12].
En 2015, Christopher A. Rollston publie un article dans lequel il estime que la grenade en ivoire est un probablement un faux[13]. Il cite une lettre que lui aurait écrite Frank Moore Cross en 2003 dans laquelle ce dernier partageait ses craintes quant au fait que la grenade puisse être un faux.
En 2015 toujours, André Lemaire et d’autres spécialistes examinent à nouveau la grenade à l’aide d’équipements plus poussés. L’épigraphiste israélienne Ada Yardeni, qui était jusqu’alors sceptique, conclut qu’il n’y a aucune raison de douter de l’authenticité de l’inscription[9].