Greta Gaard

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Greta Gaard est une écrivaine écoféministe, activiste, intellectuelle et réalisatrice de films documentaires. Ses travaux académiques sont fréquemment cités par les universitaires, notamment dans les domaines de l’écocritique et de l’écocomposition. Ses écrits théoriques explorent l’écoféminisme en intégrant des concepts tels que les théories queer, l’écologie queer, le végétalisme et les droits des animaux, qui ont influencé ce qu’on appelle les études des femmes. Elle co-fonde le Parti vert du Minnesota et documente la transition du mouvement des Verts aux États-Unis vers le Parti vert des États-Unis dans son livre Ecological Politics. Aujourd’hui, elle est professeure d’anglais à l’Université du Wisconsin à River Falls et membre de la communauté facultaire en études sur les femmes à la Metropolitan State University.

L’écocritique et l’écocomposition

Dans ses travaux, Greta Gaard applique les principes de l’écoféminisme aux théories de la critique littéraire, ce qui a permis d'intégrer le féminisme dans des thèmes émergents tels que l'écocritique et l'écocomposition.

Dans l’ouvrage Ecofeminist Literary Criticism: Theory, Interpretation, Pedagogy qu’elle édite avec Patrick D. Murphy, ils participent à un premier jalon d’une anthologie fondatrice. Ils examinent l'écoféminisme non seulement en tant que théorie qui améliore la critique littéraire, mais également comment une analyse approfondie des textes pourrait éclairer la théorie écoféministe et la pratique militante. Cet apport qu’ils offrent à l'écocritique a été salué par les intellectuels qui, comme Simon C. Estok, pensent que : « Si l’écocritique veut avoir un impact au-delà des limites étroites du milieu académique, elle doit non seulement se définir, mais aussi aborder la question des valeurs d’une manière qui établisse un lien significatif avec le monde non académique. »[1]

L’ouvrage International Perspectives in Feminist Ecocriticism, qu’elle édite au côté de Simon Estok et Serpil Oppermann, permet la réévaluation de l'anthologie américaine, et de fait, offre des travaux universitaires qui inclut à la fois la théorie de l’écocritique, mais également la critique littéraire et les analyses écoculturelles. Cet ouvrage apporte une diversité de perspectives en termes de genre, de sexualité et de race. Il y combine une histoire du féminisme et de l'écoféminisme au sein de la critique littéraire, en y ajoutant de nouveaux concepts et analyses autour du postcolonialisme écocritique, du droit des animaux, des études de genre, etc.

Dans un de ses livres les plus cités, Ecocomposition: Theoretical and Practical Approaches, elle affirme que : « Dans sa version la plus inclusive, l’écocomposition a le potentiel d’aborder des questions sociales telles que le féminisme, l’éthique environnementale, le multiculturalisme, la politique et l’économie, et ce, en examinant des aspects tels que la forme et le style, le public et l’argumentation, ainsi que la fiabilité des sources et la documentation. »[2]

Théorie de l'Ecofeminisme

Christian R. Weisser et Sidney I. Dobrin la décrivent dans leur ouvrage Breaking New Ground in Ecocomposition. In Ecocomposition: Theoretical and Practical Approaches, comme l’une des figures les plus influentes de l'écoféminisme[3]. Elle crée des liens entre les théories queer au sein de l’écoféminisme. Auparavant, ces deux théories étaient considérées comme distinctes au sein du mouvement féministe. C’est grâce à son article “Toward a Queer Ecofeminism”, publié en 1997 dans le journal Hypatia, que la jonction se fait. Elle écrit dans son introduction :

« Bien que de nombreuses écoféministes reconnaissent l’hétérosexisme comme un problème, une exploration systématique des intersections potentielles entre les théories écoféministes et queer reste encore à faire. En interrogeant les constructions sociales du “naturel”, les divers usages du christianisme comme logique de domination, ainsi que la rhétorique du colonialisme, cet essai met en lumière ces intersections et plaide pour l’importance de développer un écoféminisme queer. »[4]

De la même façon, en 1993, elle publie Ecofeminism: Women, Animals, Nature[5], qui permet à Gaard d'associer les préoccupations animalistes et végétaristes dans l’analyse écoféministe. Elle entend créer une intersectionnalité entre les femmes et la nature, qu’elle continuera d’explorer avec son essai publié en 2003, “Vegetarian Ecofeminism: A Review Essay”.

Publications

Ouvrages

  • Contemplative Practices and Anti-Oppressive Pedagogies for Higher Education: Bridging the Disciplines, co-dirigé avec Bengu Erguner-Tekinalp, Routledge, 2022.
  • Critical Ecofeminism, Rowman & Littlefield / Lexington Books, 2017.
  • International Perspectives in Feminist Ecocriticism, Routledge, 2013.
  • The Nature of Home: Taking Root in a Place, University of Arizona Press, 2007.
  • Ecological Politics: Ecofeminists and the Greens, Temple University Press, 1998.
  • Ecofeminist Literary Criticism, dir. avec Patrick Murphy, University of Illinois Press, 1998.
  • Ecofeminism: Women, Animals, Nature, dir., Temple University Press, 1993.

Chapitres d’ouvrages collectifs

  • « Ecofeminism and Animals », dans Encyclopedia of Animals and Humans, vol. 2, dir. Marc Bekoff, Greenwood Publishing Group, 2007, p. 647-653.
  • « Toward a Queer Ecofeminism », dans New Perspectives on Environmental Justice, Gender, Sexuality, and Activism, dir. Rachel Stein, Rutgers University Press, 2004, p. 21-44.
  • « Ecofeminism and EcoComposition », dans Ecocomposition: Theoretical and Practical Approaches, dir. Sid Dobrin et Christian Weisser, State University of New York Press, 2001, p. 163-178.
  • « Identity Politics as a Comparative Poetics », dans Borderwork: Feminist Engagements with Comparative Literature, dir. Margaret Higonnet, Cornell University Press, 1994, p. 230-243.

Articles dans des revues à comité de lecture

  • « Unstoried Air, Breath, Embodiment », ISLE: Interdisciplinary Studies in Literature and Environment, 2020, p. 1-28.
  • « Mindful Ecofeminism and the Multispecies Sangha », Tarka, vol. 3, 2020, p. 139-147.
  • « Toward a Feminist Postcolonial Milk Studies », American Quarterly, 2013, p. 595-618.
  • « Ecofeminism Revisited: Rejecting Essentialism and Replacing Species in a Material Feminist Environmentalism », Feminist Formations, vol. 23, no 2, 2011, p. 26-53.
  • « New Directions for Ecofeminism: Toward a More Feminist Ecocriticism », ISLE, vol. 17, no 4, 2010, p. 643-665.
  • « Reproductive Technology, or Reproductive Justice? An Ecofeminist, Environmental Justice Perspective on the Rhetoric of Choice », Ethics & the Environment, vol. 15, no 2, 2010, p. 103-129.
  • « Toward an Ecopedagogy of Children's Environmental Literature », Green Theory and Praxis, vol. 4, no 2, 2008, p. 11-24.
  • « Vegetarian Ecofeminism: A Review Essay », Frontiers, vol. 23, no 3, 2003, p. 117-146.
  • « Ecofeminism on the Wing: Perspectives on Human-Animal Relations », Women & Environments, nos 52-53, 2001, p. 19-22.
  • « Women, Water, Energy: An Ecofeminist Approach », Organization & Environment, vol. 14, no 2, 2001, p. 157-172.
  • « Tools for a Cross-Cultural Feminist Ethics: Ethical Contexts and Contents in the Makah Whale Hunt », Hypatia, vol. 16, no 1, 2001, p. 1-26.
  • « Strategies for a Cross-Cultural Ecofeminist Ethics », The Bucknell Review, vol. 44, no 1, 2000, p. 82-101.
  • « Toward a Queer Ecofeminism », Hypatia, vol. 12, no 1, 1997, p. 114-137.
  • « Ecofeminism and Wilderness », Environmental Ethics, vol. 19, no 1, 1997, p. 5-24.
  • « Hiking Without a Map: Reflections on Teaching Ecofeminist Literary Criticism », ISLE, vol. 3, no 1, 1996, p. 155-182.
  • « Ecofeminism: Toward Global Justice and Planetary Health », avec Lori Gruen, Society and Nature, vol. 2, no 1, 1993, p. 1-35.

Essais et Journalisme littéraire

  • « Queer by Nature », dans Love, West Hollywood, dir. James Berg et Chris Freeman, Alyson Publications, 2008, p. 147-157.
  • « Explosion », Ethics & the Environment, vol. 8, no 2, 2003, p. 71-79.
  • « Family of Origin, Family of Land », ISLE, vol. 8, no 2, 2001, p. 237-251.
  • « Ecofeminism and Home », IRIS: A Journal about Women, no 37, 1998, p. 62-67.

Autres publications

  • « Milking Mother Nature: An Ecofeminist Critique of rBGH », The Ecologist, vol. 24, no 6, 1994.
  • « Misunderstanding Ecofeminism », Z Papers, vol. 3, no 1, 1994, p. 20-24.

Documentaires vidéo

  • River Farm, An Intentional Community, 9 min, 1998.
  • Ecofeminism Now!, 37 min, 1996.
  • Thinking Green: Ecofeminists and the Greens, 35 min, 1994.
  • Building Green Communities, 26 min, 1993.
  • We, The People: The 1993 March on Washington for Gay, Lesbian, and Bi Equal Rights, 1993.

Notes et références

Liens externes

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