Grive draine
espèce d'oiseaux
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Turdus viscivorus
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Passeriformes |
| Famille | Turdidae |
| Genre | Turdus |
Répartition géographique
- Habitat permanent
- Zone de reproduction
- Zone d'hivernage
La Grive draine (ou drenne) (Turdus viscivorus) est une espèce de passereaux appartenant à la famille des Turdidae[1].
Dénomination
L'origine du nom de la grive draine est mal connue. Son orthographe actuelle s'est imposée vers la fin du 19e siècle ; l'orthographe « drenne » était alors une alternative courante. Des sources plus anciennes utilisent la forme « drine ». Philippe Guéneau de Montbeillard trace son origine à la Bourgogne, et lui attribue une étymologie tirée du chant de l'oiseau[2].
Le nom latin turdus désigne tout simplement les grives, l'épithète viscivorus signifiant « mangeuse de gui »[3]. La grive draine est en effet friande des baies de cette plante ; son nom anglais mistle thrush se réfère également à cette habitude alimentaire (mistletoe désignant le gui en anglais).
Description
La grive draine mesure autour de 27 cm, en faisant la plus grosse des grives présentes en France. Elle présente un plumage gris-brun sur le dessus, avec une croupe olive ; elle possède des barres blanches fines sur ses ailes. Ses dessous sont clairs, avec des taches noires. Son bec est sombre avec une base jaunâtre, et ses pattes sont roses. La femelle possède un plumage très similaire ; les juvéniles possèdent des tâches plus petites sur le ventre[4].
Chant
Le chant de la grive draine est en deux tons principaux : scintillement aigu puissant et bref (pi) ou roulement très rapide qui la caractérise mieux et permet de la reconnaître (gre, gre, gre, gre, gre), (trrré ou trra-trra). Son chant rappelle celui du merle mais sans variété. La draine chante à la cime des arbres[5].
Écologie et comportement
Alimentation
La grive draine se nourrit d'une grande variété d'invertébrés, allant des insectes aux escargots et vers de terre, durant le printemps et l'été. Durant le reste de l'année, elle se nourrit de fruits et de graines. Cela inclut en particulier le gui, qui lui a donné son nom scientifique[4].
Reproduction

La Grive draine construit son nid dès la fin mars et parfois un second au mois de juin. Le nid est une vaste coupe de végétation tapissée de matériaux plus fins. Il est situé en hauteur à la fourche d'un arbre. C'est la femelle qui prend en charge la construction de ce nid, le mâle apportant les matériaux de construction. La femelle pond de 4 à 5 œufs entre mars et mai qu'elle couve durant deux semaines. Les œufs sont bleu clair mouchetés de sombre[6]. Les jeunes grives sont capables de voler en une vingtaine de jours, et prennent leur indépendance 15 à 20 jours plus tard[4].
Répartition et habitat
Répartition
La grive draine est présente à travers toute l'Europe et une partie de l'Asie (incluant la Turquie, le Caucase, le Levant, le nord de l'Iran et du Pakistan et l'Himalaya) ; on peut également la retrouver au Maghreb[4].
Migration
La grive draine est plutôt sédentaire. Elle est cependant migratrice pour les individus du nord-ouest de son aire de répartition, au nord de l'Allemagne et des Balkans ainsi que le nord de la Grande-Bretagne. Elle se dirige notamment vers l'Espagne, le Maghreb, la Turquie ou le Levant. Dans l'Himalaya, elle a tendance à migrer vers les basses altitudes en hiver[4].
Habitat
Très craintive, elle fréquente les bois, les parcs, les jardins, les vergers, les haies ou toute formation arborée. La grive draine est répandue dans les régions parsemées d'arbres isolés[6].
L'hiver, associée à d'autres espèces de grives, on peut néanmoins l'apercevoir dans les prairies.
Systématique
L'espèce Turdus viscivorus a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758[7]. Un grand nombre de sous-espèces ont été proposées par le passé ; on en dénombre aujourd'hui 3[8],[4] :
- T. v. viscivorus Linnaeus, 1758 : La sous-espèce nominale. Vit en Europe, Sibérie occidentale et le nord de l'Iran ; hiverne en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Ouest.
- T. v. deichleri Erlanger, 1897 : Vit dans le nord-ouest de l'Afrique, la Corse et la Sardaigne. Plus pâle que la sous-espèce nominale.
- T. v. bonapartei Cabanis, 1860 : Vit au Turkmenistan et au centre-sud de la Sibérie, de l'Ob à l'Altaï, Xinjiang, Tian Shan, le nord-est de l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan et la moitié ouest de l'Himalaya ; hiverne dans le centre et le sud de l'Asie. Plus pâle et plus grande que la sous-espèce nominale.
La grive draine et l'humain
Conservation
La grive draine est considérée comme une « préoccupation mineure » par l'UICN ()[9], en raison de sa large population de plusieurs millions d'individus et sa large aire de répartition.