Le Groupe de coordination pour les satellites météorologiques (sigle anglophone CGMS) est une organisation internationale créée en 1972 pour coordonner les systèmes satellitaires qui soutiennent la météorologie opérationnelle mondiale.
Depuis sa création, le mandat du CGMS a été étendu pour inclure les satellites météorologiques en orbite terrestre basse et pour couvrir d'autres domaines de la surveillance environnementale spatiale opérationnelle ainsi que la météorologie spatiale.observations des satellites[3].
En 2025, le CGMS compte comme membres 14 agences spatiales nationales et intergouvernementales, ainsi que l'Organisation météorologique mondiale et la Commission océanographique intergouvernementale[4]:
La mission de CGMS est soutenir la surveillance et les prévisions météorologiques opérationnelles en coordonnant les systèmes satellitaires de ses membres, en protégeant les actifs en orbite, en formant les utilisateurs selon les besoins, en développant l'accès partagé et l'utilisation de données et de produits satellitaires dans diverses applications. Le CGMS fournit un forum pour l'échange d'informations techniques sur les systèmes de satellites météorologiques géostationnaires et en orbite polaire, les missions de recherche et développement, les plans futurs, les questions de télécommunications, les opérations, l'interétalonnage des capteurs, les algorithmes de traitement, les produits et leur validation, les formats de transmission de données et les futures normes de transmission de données[5].
Le CGMS harmonise autant que possible les paramètres de mission des satellites météorologiques (tels que les orbites, les capteurs, les formats de données et les fréquences de liaison descendante). Il encourage la complémentarité, la compatibilité et une éventuelle sauvegarde mutuelle en cas de défaillance du système grâce à une planification de mission coopérative, des produits et services de données météorologiques compatibles et la coordination des activités spatiales et liées aux données, complétant ainsi le travail d'autres mécanismes internationaux de coordination des satellites[5].
A plusieurs reprises le CGMS a joué un rôle décisif dans le maintien ou l'expansion de la couverture météorologique satellitaire mondiale[6]:
Le , l'instrument principal du satellite météorologiquegéostationnaireGOES-6, qui fournit la température et l'humidité de l'air sur la moitié de la région du globe pris en charge par la NOAA, tombe en panne. Les États-Unis ne disposent plus que d'un seul satellite, GOES-7, alors qu'elle en a besoin de deux (GOES-East à la longitude 137° Ouest et GOES-West à 75°O) pour fournir les prévisions météorologiques couvrant son territoire. A l'époque la NOAA ne dispose pas de satellite en réserve en orbite et aucun satellite au sol n'est prêt à être lancé. Une solution est trouvée dans le cadre de l'organisation CGMS. EUMETSAT dispose, du fait de la durée de vie beaucoup plus longue que prévu de ses satellites météorologiques Météosat, de capacités en réserve. Il est décidé de repositionner le satellite Météosat-3 sur la longitude 50° Ouest puis par la suite 75° Ouest pour remplacer le satellite GOES défaillant. Météosat-3 permettra notamment d'anticiper les déplacements de l'ouragan Andrew qui dévasta le sud-ouest des États-Unis en aout 1992. Le rôle de Météosat s'achèvera en 1995 à la suite de l'entrée en service opérationnel du satellite GOES-8.
Le le Japon lance le satellite géostationnaire MTSAT-1 qui remplissait plusieurs fonctions dont la couverture météorologique du pays. Le satellite est perdu à la suite d'une défaillance du lanceur. Malheureusement le satellite qui devait être remplacé par MTSAT-1 arrivait en fin de vie et la construction d'un remplaçant allait nécessiter plusieurs années. A l'époque la NOAA, qui avait tiré des leçons de l'incident de 1989, dispose de satellites en orbite placé en réserve. Suite à des échanges dans le cadre de CGMS, la NOAA accepte de déplacer son satellite GOES-9 plus à l'est au niveau de la longitude 155°Est. Les communications avec le sol qui passaient par une station terrienne située à Washington sont reprises par une station située à Fairbanks (Alaska) et une liaison horaire entre cette dernière et l'agence météorologique du Japon situé à Tokyo est mis en place. GOES-9 assurera ce rôle jusqu'au lancement du satellite japonais MTSAT-1R en 2005.
A la fin des années 1990 des chercheurs du monde entier participent au projet INDOEX (Indian Ocean Experiment) dont l'objectif est d'évaluer l'impact des émissions humaines sur le climat de la Terre. Ce projet repose sur la collecte de données par des instruments terrestres ou embarqués sur des avions, des navires et des satellites. EUMETSAT dispose alors de trois satellites en orbite (elle en a théoriquement besoin que d'un seul positionné à la longitude 0°) et elle propose de mettre à disposition du projet le satellite Météosat-5 en le positionnant sur la longitude 63° Est au-dessus de l'Océan Indien. Le satellite jouera un rôle important en permettant aux chercheurs de disposer d'informations essentielles sur la couverture nuageuse, le rayonnement solaire et la température. Une retombée secondaire fut de fournir aux météorologistes des données de meilleure qualité sur les tempêtes des moussons, la dispersion des cendres d'origine volcanique et du sable en provenance des déserts permettant d'améliorer les modèles utilisés pour les prévisions météorologiques locales. Aussi fut il décidé de maintenir par la suite un satellite Météosat au-dessus de l'Océan Indien (en 2025 il s'agit de Météosat-9 qui est positionné sur la longitude 45,5° Est).
L'Europe est les États-Unis coopèrent depuis le lancement du premier satellite météorologique polaire MetOp de EUMETSAT en 2006 en maintenant une couverture complémentaire par leurs satellites. Les satellites météorologiques européens survolent les régions en milieu de matinée (heure locale) tandis que les satellites américains passent en milieu d'après-midi. Pour compléter cette couverture un accord est passé à la fin des années 2000 entre la Chine, l'Europe et les États-Unis: l'agence météorologique chinoise (CMA) accepte de placer certains de ses satellites Feng-Yun-3 de manière à effectuer les survols en début de matinée permettant ainsi de fournir une meilleure couverture temporelle et d'améliorer les prévisions météorologiques.