Groupe de tâches

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Les Ford Falcon verts, utilisés habituellement pour les séquestrations, sont devenus un symbole des Groupes de Tâches[1]

Les groupes de tâches, en espagnol grupos de tareas (GT), appelés vulgairement patotas (bandes) ou la pesada (la pénible), sont des groupes des Forces Armées, de Sécurité et Policières de l'État et des groupes paramilitaires qui se consacraient aux séquestration, torture, viol, assassinat et disparition d'adversaires politiques, guérilleros, intellectuels, responsables syndicaux, enseignants, étudiants et de leurs proches, ainsi qu'à la gestion de centres clandestins de détention, dans le cadre du terrorisme d'État pendant la dernière dictature militaire argentine, entre 1976 et 1983.

Les groupes de tâches étaient formés de personnels stable et tournant, comprenant du personnel militaire de tous grades, des simples soldats jusqu'aux hauts gradés comme Emilio Massera, chef de l'Armée Argentine. Ils dépendaient directement des Forces où ils étaient affectés, et ce n'était pas nécessairement le lieu où ils exerçaient leur modus operandi.

Les membres des groupes de tâches pouvaient prétendre à être possesseurs des propriétés des victimes, pouvant s'approprier aussi bien leurs biens mobiliers qu'immobiliers, en qualité de "butin de guerre".

« ...connu un «objectif» ou «cible» (élément subversif) ou suspect de l'être, on l'arrêtait, on l'emmenait à un lieu d'interrogatoire et on lui appliquait la «machine» (torture à la gégène) pour lui extraire de l'information sur d'autres suspects, que l'on pouvait ainsi arrêter, jusqu'à avoir tout une «mosaïque» ou chaîne de personnes. Dans certains cas, cette chaîne se coupait lorsqu'un détenu «y restait» (mourait) sous la torture. Alors, avec un groupe de personnes interrogées ou une quantité d'information accumulée, on s'adressait à la hiérarchie, aussi bien la Direction de la Police que la Direction de la Zone Militaire. Cette information était codifiée et partait du Groupe de Tâches lui-même. Dans les commissariats on faisait un «rapport réservé» (où on mettait la vérité du procédé) et un Acte 20840 (où étaient consignées les données qui servaient à la couverture de «légalité» comme par exemple dans les cas de détenus qu'on tuait, en faisant figurer qu'ils étaient morts dans un affrontement. »

 Nunca Más, Legajo Nº7316 (déclarations d'un officier de la Police de la Province de Buenos Aires).

Pour garantir l'impunité et la non intervention des forces de sécurité «légales», ils demandaient la permission dénommée zone libérée (qui leur laissait les mains libres en indiquant que des forces de police étaient déjà présentes)[2].

Exemples

Voir aussi

Références

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