Grève des mineurs au Royaume-Uni de 1969

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La grève des mineurs britanniques de 1969 désigne une grève sauvage non-victorieuse, qui débuta le dans 140 des 307 mines appartenant au National Coal Board, l'entreprise minière nationalisée, y compris toutes les mines de la région du Yorkshire[1], à l'initiative d'une minorité militante du syndicat des mineurs.

Après deux semaines de conflit, un scrutin sur la grève est organisé et perdu par le syndicat, amenant une reprise du travail, certaines des fosses l'effectuant avant d'autres. Au début de la grève, des négociations salariales étaient en cours entre le NCB et le Syndicat national des mineurs[2]. Bien que cela ne soit pas la cause initiale du différend, cela devient essentiel en cours de route[2].

Au cours des années 1960, l'emploi dans les mines de charbon avait chuté de près de 400 000 salariés avec peu de résistance de la part de la direction du NUM, le syndicat des mineurs, mais l'aile gauche du syndicat devenait plus influente et tirait sa force des protestations étudiantes[2].

Lorsque les mineurs ont organisé une manifestation à Londres pour soutenir leurs revendications salariales, de nombreux badauds ont été surpris de découvrir qu'il existe encore des mines de charbon en activité en Grande-Bretagne[2]. La direction du syndicat alors assumée par Sidney Ford était considérée par de nombreux membres du syndicat comme ayant été trop passive et accommodante envers un gouvernement travailliste[3].

L'origine du conflit était les horaires de travail des ouvriers de surface, qui étaient souvent des mineurs plus âgés et plus trop capables de travailler sous terre[1]. Les salaires étaient inférieurs et la durée du travail plus longue pour les emplois de surface que pour les travaux au fond[1]. La conférence annuelle du NUM avait voté en pour exiger que les heures de travail des travailleurs de surface soient réduites à sept heures et trois quarts, mais la direction du syndicat n'avait pas donné suite à ce vote[1].

Le syndicat avait évité de formuler des revendications auprès des gouvernements travaillistes depuis la Seconde Guerre mondiale, et il avait été largement inactif pendant une période de fermetures généralisées de mines sous le premier gouvernement travailliste d'Harold Wilson[4],[5].

Événements

Action le 11 octobre d'Arthur Scargill

Le , Arthur Scargill, jeune militant communiste, a dirigé un groupe de mineurs du Yorkshire pour faire pression en faveur d'une action au sein du conseil régional du syndicat dans le Yorkshire[1]. Le président local, Sam Bullogh, a jugé qu'il avait la mauvaise attitude[1] mais les délégués du conseil régional ont répondu en poussant ce dernier hors de la présidence locale et en votant pour une grève[1].

Extension de la grève

En 48 heures, les 70 000 mineurs du Yorkshire étaient en grève[1]. Dans d'autres bassins houillers militants, comme le Kent, le sud du Pays de Galles et l'Écosse, des débrayages ont suivi peu de temps après[1].

Les mineurs du Derbyshire et du Nottinghamshire, traditionnellement plus conservateurs, ont été la cible de groupes de militants du Yorkshire lorsqu'ils n'ont pas répondu à l'appel à la grève[6]. Cette situation a été identifiée comme la première utilisation généralisée des piquets de grève volants, se déplaçant en autobus d'une mine à l'autre et même d'un bassin minier à l'autre[7].

Réticences des responsables du NUM du Nottinghamshire

La majeure partie du nord du Derbyshire a été mise sous pression par des piquets de grève, mais seulement cinq fosses dans le Nottinghamshire ont été dans le même cas au cours de la semaine se terminant le [8]. Les responsables du NUM du Nottinghamshire, réticents à la grève, se sont plaints du « hooliganisme » de la part des piquets de grève volants et ont appelé à une présence policière[8].

Beaucoup de grévistes ont commencé à revendiquer un changement à la direction du NUM et ont créé des comités de grève pour contourner les organes syndicaux officiels[6].

Actions des femmes au foyer de l'ouest du Yorkshire

Un groupe de femmes au foyer de Wakefield, dans l'ouest du Yorkshire, a refusé d'entreprendre des tâches ménagères jusqu'à ce que leurs maris retournent au travail[9]. Le président du NCB, l'ancien député travailliste Alf Robens, a proposé de résoudre le conflit en concédant la réclamation salariale de 27 shillings et 6 pence (1,375 £) par semaine[6]. Vic Feather, secrétaire général de la confédération interprofessionnelle des syndicats a négocié un retour au travail sur la base de l'augmentation salariale proposée par Robens mais en laissant inchangée la question des horaires de travail des travailleurs de surface, dans l'attente de futures négociations[10].

Scrutin organisé et perdu par le syndicat

Le NUM a organisé un scrutin au sujet de cette offre salariale, en considérant que le report des problèmes des travailleurs de surface ne faisait que partie d'un ensemble déloyal à accepter : lors de ce scrutin, les mineurs n'ont pas eu la possibilité d'accepter la première, seulement de rejeter la seconde[11]. Cependant, l'ensemble a été accepté par 237462 voix contre 41322[11]. La région du Yorkshire du NUM a recommandé que l'offre soit rejetée, mais même les mineurs du Yorkshire ont voté pour l'accepter par 72,3 % contre 27,6 %[12].

Conséquences et analyses

Références

Voir aussi

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