Grées

divinités de la mythologie grecque From Wikipedia, the free encyclopedia

Dans la mythologie grecque, les Grées (en grec ancien Γραῖαι / Graîai), surnommées les Sœurs grises[réf. nécessaire] ou les Phorcides (Φορκίδες / Phorkídes), sont des déesses monstrueuses, filles des divinités primordiales Phorcys et Céto.


Autre(s) nom(s)Dino, Ényo et Pemphrédo
Nom grec ancienΓραῖαι / Graîai
ReprésentationVieilles femmes se partageant un seul œil et une seule dent
Lieu d'origineGrèce antique
Faits en bref Déesses de la mythologie grecque, Caractéristiques ...
Grées
Déesses de la mythologie grecque
Johann Heinrich Füssli, Persée rendant leur œil aux Grées, encre sur papier, 1790-1800, Birmingham Museum and Art Gallery.
Johann Heinrich Füssli, Persée rendant leur œil aux Grées, encre sur papier, 1790-1800, Birmingham Museum and Art Gallery.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Dino, Ényo et Pemphrédo
Nom grec ancien Γραῖαι / Graîai
Représentation Vieilles femmes se partageant un seul œil et une seule dent
Lieu d'origine Grèce antique
Période d'origine Époque archaïque
Groupe divin Phorcides
Famille
Père Phorcys
Mère Céto
Fratrie
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Étymologie

En grec ancien, les Grées se nomment « Γραῖαι / Graîai »[1]. Ce nom vient de « γραῖα / graîa », un dérivé de « γραῦς / graûs », et signifie « vieilles femmes »[2]. En français, elles sont anciennement ou rarement appelées « Graies »[3] ou « Græes »[1].

Le nom de Grées est chez Hésiode une épithète qui leur est donnée aussi bien par les mortels que par les dieux en raison de leur vieillesse[4]. Une scholie l'interprète comme « aux cheveux blancs», c'est-à-dire « vénérables »[5].

Elles portent également les surnoms de « Sœurs grises »[réf. nécessaire], ainsi que le patronyme de « Phorcides » (Φορκίδες / Phorkídes)[réf. souhaitée].

Les Grées sont trois sœurs : Dino (Δεινώ / Deinṓ : la terrible, l'effrayante), Ényo (Ἐνυώ / Enyṓ : la guerrière, la belliqueuse) et Pemphrédo (Πεμφρηδώ / Pemphrēdṓ : la méchante)[réf. souhaitée].

Mythe

Généalogie

Les Grées apparaissent en premier lieu dans la Théogonie d'Hésiode (VIIIe ou VIIe siècle av. J.-C.), parmi la généalogie des divinités grecques primordiales : Phorcys et Céto, deux divinités marines enfants de Gaïa (la Terre) et Pontos (le Flot), donnent ensemble naissance à un groupe de créatures monstrueuses, les Phorcides[6]. L'auteur liste les Grées, les trois Gorgones (Sthéno, Euryale et Méduse), Échidna, et le « terrible serpent » (δεινός ὄφις / deinós óphis) qui garde les pommes d'or du jardin des Hespérides[6], auxquels s'ajoute peu vraisemblablement la Chimère[7].

Les auteurs postérieurs, comme Acousilaos, Phérécyde d'Athènes, Pindare et Eschyle, résument par la suite Phorcys à son rôle de père des seules Grées[8].

Apparence

Geste de Persée

Persée et les Grées, tableau d'Edward Burne-Jones (1892).

Elles n'apparaissent que dans une seule légende, celle de Persée : le héros cherchait à connaître la résidence de leurs sœurs les Gorgones mais les Grées refusaient de répondre. Il leur déroba alors leur œil unique et ne le leur rendit que lorsqu'elles lui eurent répondu. Selon d'autres versions, il aurait jeté l'œil dans le lac Triton :

« Le roi de Sériphos était Polydectès, le frère de Dyctis. Il tomba amoureux de Danaé, mais il ne pouvait pas s'approcher d'elle car, désormais, Persée était un homme. Alors il fit venir tous ses amis, parmi lesquels Persée, avec le prétexte de vouloir faire une collecte pour la dot du mariage d'Hippodamie, la fille d'Onomaos. Et Persée déclara qu'il ne refuserait même pas la tête de la Gorgone. Ainsi Polydectès demanda à tous les autres qu'ils donnent un cheval à Persée et lui ordonna qu'il lui rapporte la tête de la Gorgone. Alors Persée, guidé par Hermès et Athéna, se rendit chez les filles de Phorcys et de Céto : Ényo, Péphrédo et Dino. Elles étaient les sœurs de la Gorgone, et vieilles depuis leur naissance : à elles trois, elles n'avaient qu'un œil et qu'une dent, et elles se les passaient à tour de rôle. Persée s'en empara, et il leur dit qu'il les leur rendrait à condition qu'elles lui révèlent la route pour se rendre chez les Nymphes. Ces Nymphes avaient en leur possession les sandales ailées et le sac magique. C'est ce que racontent de Persée Pindare et Hésiode dans Le Bouclier : "Tout son dos était couvert par la tête d'un monstre terrible, la Gorgone, enfermée dans une besace."[9] »

 Apollodore, Bibliothèque

Interprétation rationnelle de Paléphatos

Selon les Histoires incroyables de Paléphatos de Samos[10], Phorcys avait un ami, un homme de confiance que les filles de Phorcys utilisaient comme un « œil », chargé de tout voir afin de veiller sur leurs affaires. Persée, exilé d'Argos, s'adonnait à la piraterie contre les villages côtiers, avec ses navires et ses troupes. Apprenant que dans les parages existait un royaume très riche tenu par trois femmes, et où les hommes étaient rares, il mit le cap dessus. La première chose qu'il fit, alors qu'il mouillait dans le détroit entre Cernée et Sarpédonia, fut de capturer l’œil comme il naviguait d'une île à l'autre. Paléphatos, en évhémérisant le mythe de Persée, confond les Grées et leurs soeurs Gorgones, attribuant les noms de ces trois dernières -Méduse, Sthéno et Euryalé- aux trois premières, la Méduse mythologique n'est donc plus un monstre mais une des trois Grées, la créature au pouvoir pétrifiant ayant totalement disparu est ici remplacée dans le texte par une colossale statue d'or nommée alors "Gorgone", représentant Athéna du fait que les cernéens appelleraient ainsi cette déesse. Ce butin attire la convoitise de Persée qui désire s'en accaparer à tout prix et pour ce faire il enlève discrètement l'informateur; les trois Grées se disputant suite à la disparition dudit agent de surveillance côtière -"l'œil"- devient l'explication du mythe du partage d'un oeil véritable et d'une dent unique: Persée promet de rendre l'otage à condition qu'on lui révèle l'emplacement de la statue d'or. "Méduse" refuse de livrer le secret et finit assassinée par Persée mais les deux autres Grées acceptent et reçoivent en échange leur agent sain et sauf.

Postérité et réceptions

Notes et références

Annexes

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