Guichard Ier Dauphin (Probablement 1331 - 1403 avant le ), documenté depuis 1347, est un noble et militaire français et, en tant que grand maître des arbalétriers, grand officier de la couronne au service du roi Charles V le Sage, seigneur de Jaligny et de Treteau.
Il est le deuxième fils du second mariage de Robert Ier Dauphin «le sage» (1290-1330) avec d'Isabeau de Châtelperron et le frère de Hugues Dauphin (†1356) dont il a hérité les titres de Jaligny et de Tréteau à la mort de celui-ci.
En secondes noces, il épouse Marguerite de Frôlois[2], dont il n'a pas d'enfant.
Succession de Robert Ier Dauphin
RobertIer Dauphin mourut le et fut inhumé à l'abbaye des chanoines prémontrés de Saint-André-lès-Clermont[3],[4]. Après sa mort, une contestation s'éleva entre ses enfants et Isabeau de Châtelperron, dame de la Ferté-Chauderon, sa seconde épouse, au sujet de ses conventions matrimoniales.
Une transaction fut conclue en fin par laquelle son fils aîné Robert II Dauphin, né d'un premier mariage avec Almodie de Combronde[3], reçut le fief de Saint-Ilpize. De là issit la lignée des Dauphins de Saint-Ilpize et de Combronde[N 2],[5].
Les fiefs de Jaligny et de Tréteau furent quant à eux dévolus à son épouse Isabeau[N 3],[3],[6] et à son fils Hugues Dauphin. Celui-ci hérita de sa mère, morte en 1355, mais il fut tué à la bataille de Poitiers[7] en 1356 et ses biens échurent à Guichard[8].
Jeunesse
Guichard s'était d'abord engagé dans la cléricature en 1346 et déclarait alors vouloir demeurer dans l'état clérical, comme le montre un acte de donation qu'il fit à son frère la même année, «dans lequel il se réserve pour ses habits la somme de trente livres par an jusques à ce qu'il auroit un semblable ou plus grand revenu en bénéfices»[3]. Finalement, il prit la qualité d'écuyer en 1355.
Premier mariage
Désormais seigneur de Jaligny et Treteau par l'héritage de son frère et de la Ferté-Chauderon par celui – indirect – de sa mère, GuichardIer Dauphin était suffisamment riche pour être en mesure de se marier. Il épousa Isabeau de Sancerre († 1373), fille de Louis II, comte de Sancerre et de Béatrice de Roucy, veuve de Pierre de Graçay et sœur de Louis de Sancerre († 1402), qui deviendra maréchal de France en 1368 et connétable de France en 1397. Grâce à celui-ci, il accéda au premier cercle du roi Charles V le Sage. À partir de cette époque, les seigneurs de Jaligny successifs prirent une part active aux affaires du royaume.
Au service du duc de Bourbon
Le duc Louis II et les chevaliers de l'Écu d'or
Descendant en ligne collatérale des dauphins d'Auvergne et donc cousin par alliance de LouisII de Bourbon, dont il était «l'un des plus valeureux compagnons»[8], et qualifié de «vaillant homme et Seigneur de grand mérite» par Jouvenel des Ursins[3], il joua un rôle actif dans la défense du Bourbonnais pendant la captivité du duc en Angleterre de 1360 à 1367. Celui-ci était en effet l'un des otages livrés à la Cour d'Angleterre en échange de la libération de Jean II, fait prisonnier à Poitiers. Le , en récompense de sa fidélité, LouisII le reçut le dans l'ordre de l'Écu d'or qu'il instituait ce jour-là pour gratifier les principaux gentilshommes de son domaine [7].
Au cours de cette même année, Guichard assiégea le château de Jaligny, alors occupé par les Anglais, et, par des actions longues et pénibles, contraignit ceux-ci à se retirer. Les opérations poliorcétiques endommagèrent gravement la ville et Guichard dut en rétablir presque entièrement l'enceinte[9].
Second mariage
Après la mort d'Isabeau, survenue avant 1375[3], Guichard Ier épousa en secondes noces
Marguerite de Frolois († 1401), fille de Jean de Frolois, seigneur de Molinot, de Montfort et de Jaulges, et d'Isabeau d'Arcis, dame de Pacy, veuve de Simon de Châteauvillain puis de JeanIV de Châtillon. En 1381, n'ayant pas d'enfant de leur union ni espoir d'en avoir, les époux se firent donation mutuelle de «tous leurs meubles et acquets»[3].
Au service du roi de France
Sceau et contre-sceau de Guichard Ier Dauphin[N 4].
GuichardIer mourut en 1403. Son fils Guichard II Dauphin (1366-1415) hérita de ses titres féodaux et de ses biens. Son second fils, Louis, sans lignée, était mort jeune au monastère de Marseigne[1].
Guichard avait eu aussi un fils naturel, Claude ou Claudin. Celui-ci, connu sous le nom de «bâtard de Jaligny», recevra de son demi-frère Guichard II la maison forte et la ville de Dornes en Nivernais, le [3].
D'or au dauphin pâmé d'azur, qui est des Dauphins d'Auvergne.
Commentaires: Blason utilisé par Guichard Ier sur ses seaux, parfois timbré d'une arbalète, signe de son office de maître de arbalétriers de France.
Les auteurs ont donné ou dessiné plusieurs blasonnements des armes de Guichard Dauphin. Il est probable qu'il n'ait, en réalité, porté aucune des brisures qui lui ont été attribuées, dont on ne voit pas les traces sur ses sceaux[11].
D’or, au dauphin pâmé d’azur, au lambel de gueules de trois pièces et chef.
Commentaires: Attribué par Anselme de Sainte-Marie, dans Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, des pairs, grands officiers de la couronne... , 1733.
Étienne Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne: justifiée par chartres, titres, histoires anciennes, & autres preuves authentiques, vol.I, Antoine Dezallier, , 540p. (lire en ligne), Livre III, pp.235-246.
↑Robert DauphinII, x Catherine de Chalus de Bussières (et Chalus-Lembron) < RobertIII, x Françoise d'Aurouze < BéraudIer Dauphin, † 1415 à Azincourt, x Isabeau d'Apchon < BéraudII (†1415 à Azincourt avec son père et son frère Robert (IV); mari de Philippa/Philippe de Veauce: voir ci-dessous; la sœur de BéraudII, Marguerite Dauphine, épousa Edouard de Lavieu-Feugerolles, dont une postérité notable en Forez et Bourbonnais: les Lavieu de Feugerolles, Talaru, Chabannesde La Palice...
↑Isabeau se remaria avec Guy de Bourbon, seigneur de Clacy, dont elle eut trois fils, Géraud (ou Girard), Guillaume, qui fut chambellan du roi en 1374 et Gui (Guyot); elle mourut en 1355, âgée de 45 ans
↑L'écu des dauphins d'Auvergne est posé sur l'arbalète du grand maître des arbalétriers.
Références
12Étienne Pattou, «Comtes de Sancerre», sur Racines et Histoire, (consulté le ), p.6.
12Raphaël Carrasco (LLACS) (dir.), Vincent Challet (CEMM) (Responsable scientifique de l'édition numérique), Gilda Caïti-Russo (LLACS) (Responsable de l’édition des annales occitanes) et Philippe Martel (LLACS) (Traduction du texte du manuscrit AA9 pour les annales occitanes), Université Paul Valéry Montpellier-III, 2014-...., «Édition critique numérique du manuscrit AA9 des Archives municipales de Montpellier dit Le Petit Thalamus», Site du projet Thalamus (consulté le ) : «mosenher Aynart Daufin: Guichard Ier Dauphin (de Jaligny), mort en 1403.», Année 1356..
12Aubert de la Faige et Roger de la Boutresse, Les Fiefs du Bourbonnais, Paris-Moulins, 1896-1932
12Mongez, Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières: par une société de gens de gens de lettres, de savans et d'artistes, Panckoucke, , p.504-511.
↑Georges de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais, t.Ier, Nevers, Michot, , 282p., p. 253.