Guido Llinás
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Guido Leopoldo Benito Llinás |
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Guido Llinás Quintáns est un peintre et graveur cubain né le à Pinar del Rio et mort le à Créteil[1].
Son œuvre est transatlantique, à la charnière entre l'abstraction gestuelle américaine, la tradition expressionniste européenne et l'art africain classique. Son œuvre se décompose en deux grandes périodes, avant et après son départ en exil en 1963. La première phase, cubaine, couvre en particulier ses années au sein du groupe d'avant-garde Los Once (Les Onze), qui défendait une peinture "non-objective", de type lyrique. La seconde période, la phase de maturité, est consacrée à la Peinture Noire, un style que Llinás a forgé dans les années 1960 et développé jusqu’à la fin de sa vie.
Jeunesse
Llinás grandit à Pinar del Río, ville principale de l'Ouest de l'île de Cuba, située dans la région de tabac, au sein d'une famille noire qui sut gravir rapidement la hiérarchie sociale après l'abolition de l'esclavage en 1886. Llinás écrit une thèse en pédagogie des arts qu'il présente en 1953. Jusque-là, il enseigne dans les alentours d'Artemisa dans une école primaire (qui allait jusqu'à 14 ans à Cuba), prenant des cours d'été de peinture académique.
Premières expositions
Pendant ces années, Llinás fréquente de nombreux anarchistes, bien implantés en milieu scolaire. Encouragé par les critiques d'art Luis Dulzaides Noda et Joaquín Teixidor, il expose pour la première fois en 1947 au Centro Gallego, à La Havane, avec un groupe de peintres de moins de 30 ans, et participe à l'exposition inaugurale de l'importante revue Nuestro Tiempo en 1951.
Los Once
Llinás accède à la notoriété lors de la première exposition du groupe Los Once en à la Galerie La Rampa. Le groupe est composé de onze artistes, d'où son nom: les peintres René Ávila, José Ignacio Bermúdez, Hugo Consuegra, Viredo Espinosa, Fayad Jamís, Antonio Vidal; et les sculpteurs Francisco Antigua, Tomás Oliva, José A. Díaz Peláez, et le plus connu, Agustín Cárdenas. Peu après le groupe est rejoint par Raúl Martínez, qui deviendra célèbre pour son style pop socialiste dès les années 1960. Le groupe expose plusieurs fois pendant l'année 1953. Il organise en 1954 une Anti-Biennale -en opposition à une manifestation organisée conjointement par le dictateur espagnol Franco et son homologue cubain Batista- qui aura un certain retentissement. Mais dès 1955, Los Once se dissout en raison d'un conflit interne au sujet de la position à adopter face au gouvernement, dans une conjoncture où l'opposition contre Batista commence à s'activer. La plupart des membres continuent cependant à exposer, en utilisant le nom du groupe, jusqu'en . Les plus grands succès internationaux du groupe sont sans doute les expositions à New York, en 1955, et à Caracas, en 1957. Dore Ashton écrit, dans un compte-rendu de l'exposition de New York: "The most decisive work in the show is by Guido Llinás, who paints in clear, flat colors and strong design, emphasizing the light of natural canvas"[2] Llinás lui-même participe deux fois à la Biennale de São Paulo, en 1959 et 1961[3].
Voyages aux États-Unis et en Europe
Dès 1953, Llinás commence à voyager aux États-Unis, où il côtoie les œuvres de l'expressionnisme abstrait. Il s'intéresse en particulier à Willem de Kooning, Franz Kline et Robert Motherwell, mais aussi au color field de Clyfford Still et de Mark Rothko. Lui et Martínez, qui a fait des études à Chicago, sont les deux membres de Los Once qui sont les plus proches de l'école new-yorkaise. Mais dès 1957, Llinás commence à voyager aussi en Europe, où il s'imprègne de l'art informel, de l'œuvre de Pierre Soulages, et du nouveau réalisme. Après une année à la Maison de Cuba au sein de la Cité universitaire de Paris, il retourne à La Havane en 1959, pour aussitôt repartir à Paris, cette fois-ci avec une bourse du nouveau gouvernement révolutionnaire. À la suite de ce séjour, Llinás enseigne à l'École de l'architecture de La Havane et participe à diverses manifestations, jusqu'au moment où l'art abstrait commence à pâtir sérieusement des nouvelles directives de la politique culturelle révolutionnaire. En , Llinás réussit à quitter Cuba[4] grâce à l'aide de Robert Altmann, fils d'une famille de banquiers hambourgeois qui avait échoué à La Havane pendant la guerre, et qui allait devenir un important collectionneur, éditeur et mécène d'art cubain. Llinás fait déjà partie des peintres historiques cubains[5], mais à Paris il devra recommencer à zéro.