Guillaume de Soissons

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XIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
William of Soissons
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Biographie
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XIIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata

Guillaume de Soissons est un logicien français du XIIe siècle, ayant vécu à Paris. Il appartient à l'école des Parvipontiens[1].

Dès l'époque de Platon, exhiber une contradiction permettait de montrer qu'un raisonnement était erroné, mais aucun argument explicite n'établissait pourquoi les contradictions devaient être rejetées. Guillaume de Soissons[2] semble avoir été le premier à répondre à cette question par le principe d'explosion : d'une contradiction, toute assertion peut être déduite[1].

Par exemple, des prémisses « il pleut » (P) et « il ne pleut pas » (¬P), on peut déduire « il y a des arbres sur la Lune » — ou n'importe quelle autre proposition E. En notation symbolique : (P ∧ ¬P) ⊢ E.

Cette démonstration fonde, pour les logiciens non paraconsistantistes, le rejet des contradictions : dès lors qu'une contradiction est admise, plus rien ne distingue le vrai du faux.

Reconstruction de la preuve par C. I. Lewis

Les contemporains de Guillaume comparaient sa démonstration à une machine de siège[3]. Clarence Irving Lewis[4] l'a formalisée comme suit[5].

Conventions : ∧ désigne la conjonction, ∨ la disjonction, ¬ la négation, et ⊢ la relation de conséquence logique ; P désigne une proposition quelconque et E une proposition arbitraire (l'« explosion »).

Reconstruction de la preuve de Soissons par Lewis
ÉtapeFormuleJustification
(1)P ∧ ¬P ⊢ Pélimination de la conjonction
(2)P ⊢ P ∨ Eintroduction de la disjonction
(3)P ∧ ¬P ⊢ P ∨ Etransitivité de (1) et (2)
(4)P ∧ ¬P ⊢ ¬Pélimination de la conjonction
(5)P ∧ ¬P ⊢ (P ∨ E) ∧ ¬Pconjonction de (3) et (4)
(6)(P ∨ E) ∧ ¬P ⊢ Esyllogisme disjonctif
(7)P ∧ ¬P ⊢ Etransitivité de (5) et (6)

Réception et critiques ultérieures

Au XVe siècle, cette démonstration fut rejetée par une école de Cologne, qui n'acceptait pas l'étape (6) — le syllogisme disjonctif[6]. Au XIXe siècle, en logique classique, le principe d'explosion était largement admis comme allant de soi, notamment par George Boole et Gottlob Frege ; la formalisation de Lewis lui a néanmoins apporté un fondement supplémentaire.

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

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