Gustave Dutailly
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| Gustave Dutailly | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (3 ans, 11 mois et 30 jours) |
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| Élection | 8 mai 1898 |
| Circonscription | Haute-Marne |
| Législature | VIIe (Troisième République) |
| Groupe politique | Gauche démocratique |
| Prédécesseur | Charles Bourlon de Rouvre |
| Successeur | Charles Bourlon de Rouvre |
| – (8 ans et 14 jours) |
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| Élection | 4 septembre 1881 |
| Réélection | 4 octobre 1885 |
| Circonscription | Haute-Marne |
| Législature | IIIe et IVe (Troisième République) |
| Groupe politique | Extrême-gauche (1881-1885) Gauche (1885-1889) |
| Prédécesseur | Jean-Baptiste Mougeot |
| Conseiller général de la Haute-Marne | |
| – (26 ans) |
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| Circonscription | Canton de Clefmont |
| Prédécesseur | Charles Voillemier |
| Successeur | Charles Cornevin |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Breuvannes-en-Bassigny |
| Date de décès | (à 58 ans) |
| Lieu de décès | 7e arrondissement de Paris |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | RRRS |
| Profession | Botaniste |
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Edme Rodolphe Didier Gustave Dutailly, né le à Meuvy et mort le à Paris 7e, est un homme politique, botaniste et collectionneur français.
Gustave Dutailly naît le à Meuvy[1], il est le fils de Jean-Baptiste Dutailly et d'Anne Marguerite Zoé Nancey de Rangecourt.
Il fait ses études à Langres où il obtient un baccalauréat en lettres. En 1866, il s’installe à Paris et entame des études de médecine. Il est surtout intéressé par la botanique et se lie avec le professeur Henri Baillon. Il étudie la physiologie végétale dans son laboratoire et participe au Dictionnaire de botanique. Grâce à lui, il entre dans la Société linnéenne de Paris où il présente une première communication en 1870. Il reçoit, en 1879, le titre de docteur de sciences naturelles avec une thèse intitulée Sur quelques phénomènes déterminés par l’apparition tardive d’éléments nouveaux dans les tiges et les racines des Dicotylédones[2].
En 1880, il devient professeur de botanique à la faculté des sciences de Lyon et participe à la vie de la Société linnéenne de Lyon. Il est nommé directeur du jardin botanique du parc de la Tête d'or. Il est, en outre, membre de la Société botanique de Lyon et de l’Association horticole lyonnaise[1].
Après avoir fréquenté le cercle catholique à partir de 1866, il commence à prendre ses distances pour s’engager en politique parmi les républicains radicaux et deviendra athée. En 1874, il est élu conseiller municipal à Meuvy, en 1880, conseiller général du canton de Clefmont, en 1881, député de l’arrondissement de Chaumont, en 1885, député de la Haute-Marne[1]. Il abandonne, en 1881, sa chaire à l’université tout en poursuivant ses activités scientifiques, il participe notamment aux travaux de l’Association française pour l’avancement des sciences[3]. Membre du Parti radical, Dutailly soutient la séparation de l’Église et de l’État, la suppression du Sénat, le développement de la liberté de la presse, l’instruction primaire laïque et obligatoire, etc. Il contribue régulièrement à la Gazette des travailleurs où il fait paraître des analyses de la vie parlementaire et de l’actualité politique, il y attaque aussi régulièrement les dogmes chrétiens et critique l’emprise de la vie religieuse sur les individus[1].
C’est aussi un collectionneur passionné par les affiches. Il rassemble une collection de près de 5 000 affiches, parmi lesquelles certaines sont signées Henri de Toulouse-Lautrec, Jules Chéret, Pierre Bonnard, Leonetto Cappiello, Eugène Grasset, Adolphe Léon Willette, Jules Alexandre Grün. Dutailly a légué à la ville de Chaumont sa collection, ainsi qu’une bibliothèque riche de 3 500 volumes, en 1905. La ville a organisé une exposition sur sa collection et sa vie en 2006[4].
Resté célibataire, il meurt le à la clinique des frères de Saint-Jean de Dieu, 19 rue Oudinot à Paris 7e.
Activité de collectionneur
Gustave Dutailly entretient dès 1889 une activité de collectionneur d’affiches illustrées[5], de recueils cartographiques et de périodiques. Sa collection d’affiches, particulièrement prolixe, le lie au mouvement de l’Affichomanie, qui se déploie en France entre 1890 et 1900 et qui consiste à la conservation d’affiches illustrées dans un objectif esthétique ou de documentation. Il est l’un des collectionneurs les plus précoces en France. Sa collection rassemble 3450 affiches[6] dont les deux tiers ont été acquis entre 1889 et 1894[7]. En 1905 il en avait acquis un millier de plus. Dutailly a notamment acquis plusieurs de ses œuvres auprès de « petits marchands »[8] comme Léon Girard, Léon Sapin, G. Boudet, F.Pigeon, la librairie Mathias et Cie, la librairie Vivien et la galerie M.Dubesset.
La composition de sa collection est particulièrement hétéroclite, on y trouve « des cartes publicitaires, tracts, menus illustrés, annonces découpées dans des journaux, calendriers, catalogues de magasins et quantités de petites images promotionnelles »[9]. Néanmoins, l’accumulation dont il a fait preuve concernant les affiches illustrées semble correspondre à une logique déterminée. En effet, il semble que Gustave Dutailly choisissait ses affiches une à une et non uniquement par lot[8], en témoigne l'absence de doublons.

Concernant la composition de sa collection, Gustave Dutailly a consacré une grande partie de sa collection au « roi de l'affiche » Jules Cheret, dont il possède trois-cent-cinquante références[10]. Par ailleurs, il possède une soixantaine d'affiches d'Albert Guillaume, cinquante-et-une de Pal (Jean de Paléologue), onze de Toulouse Lautrec, treize de Steinlen, dix-huit de Grasset et deux de Willette.
En outre, une somme de thématiques occupe la collection d’affiches de Gustave Dutailly :
- des affiches représentant des pays extra-occidentaux
- des affiches commerciales destinées aux enseignes
- des affiches politiques en lien avec la guerre
- des affiches de spectacles
Pour conserver sa collection, il entretient une méthode d'archivage précise : chaque affiche est pliée, en fonction de sa taille, par deux, par quatre ou par six. Puis, il monte chacune d’elles sur des onglets dans de grands volumes. De cette manière, les affiches peuvent être rangées dans sa bibliothèque.
Il a légué sa collection d'affiches ainsi que de nombreuses archives à la ville de Chaumont en 1905. Cette collection a été redécouverte en 1980 et a inspiré le festival international de l'affiche et du graphisme à Chaumont. Elle représente « le respectable ailleuil »[11] du fonds d'affiches contemporaines conservé par Le Signe.
- Adolphe Willette, L'Enfant prodigue, 1890
- Adolphe Willette, Élysée Montmartre, avant 1891
- Eugène Grasset, Encre Marquet, 1892
- Firmin Bouisset, Chocolat Menier, vers 1895
- Théophile Steinlen, Motocycles Comiot, 1899