Gustave Max Stevens
peintre belge
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Gustave Max Stevens, né en 1871 à Saint-Josse-ten-Noode et mort en 1946 à Bruxelles, est un peintre belge.
Biographie

Né à Saint-Josse-ten-Noode le , Gustave-Max Stevens est le fils cadet de Jean Stevens, directeur de la prison de Saint-Gilles, et d'Élise Lambot.
Peintre de fleurs, de paysages, de portraits, pastelliste, graveur, lithographe et affichiste, Gustave-Max Stevens est également écrivain, critique, conférencier, revuiste, comédien, chansonnier. Il est l'élève de Jean-François Portaels à l’école des Beaux-Arts de Bruxelles à partir de 1886 et y reste quatre années en classe de peinture. Il étudie ensuite sous la direction de Fernand Cormon à l’École des beaux-arts de Paris.
Il co-fonda à Bruxelles en 1893 et présida « Le Sillon », mouvement artistique d'arts visuels. Ce cercle sera à l’origine composé de jeunes artistes de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles qui voulaient faire contrepoids au néo-impressionnisme. Ils prônent un retour vers la riche tradition de la peinture réaliste flamande en privilégiant le recours à une palette riche et lumineuse et une pâte généreuse.
En 1894, Gustave-Max Stevens épouse Adèle Overloop, dont la mère tient un atelier de couture pour une clientèle huppée rue Fossé-aux-Loups. Si Gustave-Max est le cadet de sept enfants, Adèle est fille unique et ne quittera pratiquement jamais ses parents.
Après leur mariage, Gustave-Max Stevens habite avec son épouse et ses beaux-parents au 19, rue Fossé-aux- Loups, à côté de la maison de couture, et il installe son atelier au 11, rue des Douze Apôtres.
En 1900, l'architecte Théo Van Mol (1870-1943) lui construisit une maison bourgeoise avec atelier d’artiste, marquée par l'Art nouveau géométrique, au 51 boulevard de la Cambre à Ixelles.
Gustave-Max Stevens exposa au premier Salon d’Art Idéaliste en 1896 et au VIe Salon de l'Ordre de la Rose-Croix à Paris en mars 1897 dans la Galerie Georges Petit. Il contribua à la revue française L'Estampe moderne (1897-1899) qui proposait 4 lithographies originales dans chacun de ses numéros. Lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900, il remporta une médaille de bronze.
Dans La Jeune Belgique de septembre-octobre 1895, Gustave-Max Stevens défend "Les Trésors de Satan" de Jean Delville. Dans La Jeune Belgique du 18 avril 1896 ("Chez Fernand Khnopff"), Gustave-Max Stevens y défend Fernand Khnopff et deux de ses œuvres, une sculpture, "Viviane", et un tableau, "Des Caresses". Il écrit surtout une lettre à M. Jean Delville ("à propos de ceux du "Sillon") dans La Jeune Belgique du 13 novembre 1896 et signé G.-M. STEVENS, - où il répond avec esprit à l’intransigeance de Jean Delville : - De quel droit limiter le domaine de l’Art à la seule expression de l’Intellectualité ? - Pourquoi le bannissement rigoureux de toute représentation de la vie contemporaine privée ou publique ? - Quelles conditions un portrait doit-il remplir pour mériter la qualification d’Iconique ?
"Laisse donc faire, mon bon ami et crois-moi, à l’heure qu’il est, comme résultat, en termes familiers, notre groupe vaut bien le tien"… "Que te dirai-je encore ? Que ta colère a de trop grands gestes et des foudres trop exclusives : dans notre idéal à tous, crois-moi, on nous contrarierait fort en excluant d’un musée où trônent nos dieux Léonard, Michel-Ange, Botticelli, les délicieuses "peintures" d’un Pieter de Hooghe. Je te jure que nous ne sommes pas fâchés ; et là-dessus, si tu veux bien, retournons à nos chevalets. À toi. "
Sa première exposition personnelle a lieu à la Maison d'Art Avenue Louise du 17 décembre 1898 au 22 janvier 1899.
En 1905, il organise une exposition sur le thème « L'Art et l'Enfant ». Gustave-Max Stevens peint à cette époque plusieurs toiles sur le thème de l'enfance et la fragilité de cet état.
Après avoir débuté comme peintre réaliste vers les années 1890, où il jette les bases de son art, il est séduit par le préraphaélisme. Gustave-Max obtient l'envoi de dessins de Burne-Jones qu'il montre pour la première fois à Bruxelles en 1895 au Sillon : ces dessins provoquent un évènement ! Il évolue ensuite, après un voyage en Tunisie en 1903 et en Algérie en 1906, vers un style proche de l'impressionnisme autochtone d'Henri Evenepoel. Sa palette s'éclaircit.
Gustave-Max Stevens écrit "L'Écrou, Histoires de Prisons", préfacé par Emile Verhaeren (Bruxelles, Imprimerie Veuve Ferd. Larcier, 1906). "Ces Contes sont dédiés à la Mémoire très chère de mon Père".
En 1916, il participe en tant qu'invité au Salon des Aquarellistes qui a lieu au Studio à Bruxelles, dirigé par Isy Brachot. C’est le début d’une collaboration fructueuse. Du 15 au 26 mars 1923 a lieu une exposition personnelle de ses œuvres au Studio.
Il présente à Bruxelles une série d'œuvres inspirées de la province française, du 21 février au 2 mars 1925 aux Galeries du Studio, du 8 au 18 mars 1927 au Cercle Artistique & Littéraire et du 3 au 12 novembre 1928 à la Petite Galerie : il publie à cette occasion un portefeuille contenant 20 reproductions avec une préface de René Benjamin (Ed. J.-E. Goossens, 1928).
Gustave-Max prononce un discours devant la maison du peintre Jacques Louis David à l’occasion de la commémoration à Bruxelles du centenaire de la mort du peintre, entouré par Albert Besnard et M. Herbette, ambassadeur de France à Bruxelles (article et photos dans l’Excelsior du 31 décembre 1925, page 6). Et en 1927, lors du Vernissage et Banquet Albert Besnard au Résidence Palace, Isy Brachot prend la parole pour célébrer Albert Besnard et les artistes belges qui exposent a Paris au Premier Salon des Artistes-Peintres et Sculpteurs Belges et Gustave-Max Stévens (sic) prend ensuite la parole au nom même de ces artistes (L'Art Belge de mars 1927, page 21). Lui-même a participé à cette exposition aux Galeries Georges Petit, du 16 février au 5 mars 1927.
En 1930, il réunit des vues de Paris, d'abord à la Petite Galerie à Bruxelles, ensuite du 29 mars au 19 avril au Musée Galliera à Paris ("Aspects de Paris"). Il ne parvient à vendre à Paris que 6 tableaux et en diminuant sérieusement les prix : "Le Caroussel et les Tuileries", baissé de 7000 à 5000 francs, trouvera preneur pour 3000 francs seulement. Alors que ce tableau a été peint sur le toit du Louvre, "sur ces tapis de plomb" où, dit-il, il a "failli mourir de chaleur un dimanche de Pentecôte" ("Un peintre belge fait la découverte de Paris", dans Le Soir Illustré de mars 1930, page 16).
Gustave-Max Stevens accroche au Cercle Artistique et Littéraire en 1931 le portrait de Madame H. de Rio Branco à l'Exposition rétrospective du portrait de la femme et en 1932 le portrait de Monique à l’Exposition rétrospective de l’enfant 1830-1930. À l'occasion de l'Exposition rétrospective du portrait de la femme au Cercle Artistique et Littéraire en novembre-décembre 1931, Gustave Vanzype publie "Le Portrait et l'Histoire" dans L'Éventail du 25 décembre 1931.
Gustave-Max Stevens exposera encore à la Petite Galerie du 29 novembre au 9 décembre 1932
Geneviève, une des jumelles, - dont le buste par Marnix d’Haveloose est reproduit dans L’Eventail du 25 décembre 1931, page 32, au-dessus du Portrait de Mme H. de Rio Branco - se suicide le 10 avril 1945 : épouse de l’orfèvre anglais Harold Mills, elle ne peut surmonter la mort de son amant hollandais mort pendant la guerre (l’architecte Théo Van Mol ?). Adèle meurt peu après la même année.
Gustave-Max Stevens s’éteint le 6 février 1946, après une longue maladie à son domicile. Anne-Marie, la soeur jumelle de Geneviève, décède le 4 juillet 1946.

Collections
- Vleeshuis (Anvers)
- Musée Charlier (Bruxelles)
- Musée d’Ixelles (Bruxelles)
- Musées royaux des beaux-arts de Belgique (Bruxelles)
- Musée de la ville de Bruxelles (Bruxelles)
- Musée des Beaux-Arts de Gand (Gand)
Bibliographie
- Artisti Contemporanei : Gustavo Max Stevens, article de Robert Cantel dans Emporium Vol. VI, n° 31, juillet 1897 (Directeur : Vittorio Pica).
- C. Lemonnier, L'école belge de peinture 1830-1905, Bruxelles, 1906
- Gustave=Max Stevens, article de L. Dumont-Wilden dans L’Art Belge du 31 octobre 1921, troisième année, N° 10, pages 1-6. L’article comporte quelques erreurs, citons une « coquille » et une erreur de datation : Gilles de Roi (1892) au lieu de Filles de Rois, terminé en 1900.
- Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours, 3 volumes, Bruxelles, 1995.
- Benoît Schoonbroodt, Artistes belges de l'Art nouveau (1890-1914), Bruxelles, 2008. Gustave-Max Stevens, article de Yann Mandart, pp. 171 à 177, dans le livre de Benoît Schoonbroodt. Ce livre est sorti à l'occasion de l'exposition Artistes belges de l'Art nouveau à l'Espace Bernier à Waterloo, du 9 au 31 octobre 2008. Compte-rendu de l'exposition dans l'article du Soir du 9 octobre 2008, page 14 (brabant wallon), titré Superbe exposition à l'Espace Bernier, et signé Jean-Philippe de Vogelaere.
- Yann Mandart, Gustave-Max Stevens, ou la quête d'Immortalité, Institut Royal d' Histoire de l'Art et d'Archéologie de Bruxelles, le 7 7bre 2007, révisé en 2020 (mémoire).