Guy Sitbon

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Isaac ShetbounVoir et modifier les données sur Wikidata
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Guy Sitbon
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Isaac ShetbounVoir et modifier les données sur Wikidata
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Guy Sitbon, né Isaac Shetboun[1] le à Monastir, est un journaliste, écrivain et homme d'affaires français d'origine tunisienne.

Famille

Issu d'une famille de Juifs tunisiens plutôt aisée au sein de la petite communauté juive locale, sa famille lui apporte une éducation religieuse dont il se détache très vite.

Vie privée

Avec la journalistes et éditrice, Nicole Muchnik, il est le père de l'éditeur Michel Sitbon et le grand-père du dirigeant de France télévision, Stéphane Sitbon-Gomez.

Débuts dans le journalisme

Dans cette ville rattachée au monde extérieur par les seuls journaux de Tunis, il souhaite très tôt faire du journalisme son métier. Dès l'âge de 13 ans, il devient le correspondant local de Tunis-Soir sans que ses responsables sachent son âge[2]. Adhérant très jeune à la cause nationaliste tunisienne, il est expulsé de tous les lycées du pays pour ses sympathies politiques. À l'âge de 16 ans, il adhère au communisme, marqué par des lectures comme celle du manifeste du Parti communiste, mais aussi par l'influence d'un oncle secrétaire général adjoint du Parti communiste tunisien (PCT). Dès qu'il s'inscrit en lettres à l'Institut des hautes études de Tunis, il prend sa carte au PCT.

Correcteur à Afrique-Action, tout en y publiant quelques petits articles, ses premières armes dans la presse militante communiste lui donnent l'occasion de rencontrer Merleau-Ponty. Il est alors marqué par la critique révolutionnaire de gauche du communisme de la revue les Temps Modernes. Celle-ci n'est pas étrangère à son déniaisement[non neutre] du communisme qui, en 1955, intervient sous le double choc du voyage de Nikita Khrouchtchev à Belgrade et de la lecture de L'Opium des intellectuels de Raymond Aron. Il reste cependant communiste de cœur et constitue au sein du parti, avec quelques amis musulmans, une tendance sur une base nationaliste.

Il fait la connaissance de Roger Stéphane à La Presse de Tunisie, où il est correcteur d'imprimerie. Il publie par la suite plusieurs piges dans France Observateur lorsqu'il se retrouve à Paris en 1956. Étudiant en première année en sciences politiques, il milite au sein de l'Union générale des étudiants de Tunisie pour la cause nationaliste dont il incarne l'aile communiste. Mais sa judéité lui vaut des attaques qui l'amènent à en sortir. Il n'en reste pas moins un proche de la fédération de France du FLN, se définissant comme un arabe juif, favorable au nassérisme et à la révolution baasiste, laïque et socialiste.

Carrière journalistique

En 1957, il accepte le poste de secrétaire de rédaction à La NEF que lui offre Hector de Galard sans pour autant se considérer proche des « libéraux français sans intérêt »[3] (Edgar Faure, Jacques Duhamel, Léo Hamon, etc.) qu'il y rencontre. Il est alors remarqué par le responsable du Mondeau Maghreb pour couvrir l'installation du FLN à Tunis.

À partir de , il assure la correspondance du Mondeà Tunis. Il forme, à partir de 1960, le Maghreb Circus avec différents journalistes occidentaux (Tom Brady, Borovieck de L'Express, Arslan Humbaraci du New Economist, Josette Alia de Jeune Afrique, etc.). Il écrit des éditoriaux dans La Presse de Tunisie (1961-1962) et des articles dans Jeune Afrique, France Observateur et Time Magazine. L'indépendance algérienne l'amène à séjourner en Algérie (mars-) comme correspondant du Monde et de journaux américains comme le New York Times. C'est là qu'il est recruté par Béchir Ben Yahmed, directeur de Jeune Afrique, pour couvrir l'Afrique du Nord et subsaharienne.

De retour à Paris en 1964, il entre au service étranger de L'Express grâce à son ami Claude Krief.

Nouvel Observateur, Nouvel Adam, Magazine Littéraire et retour au Nouvel Observateur

Il participe à des réunions préparatoires à la reprise de France Observateur, même s'il doute du succès de l'entreprise. En , il intègre Le Nouvel Observateur comme directeur commercial. À partir de , il assure la direction de la rédaction du Nouvel Adam, même si son titre est plus fictif que réel. Il a alors démissionné du Nouvel Observateur pour fonder Le Magazine littéraire[4]. Il en assure la direction jusqu'en 1970, année où, lassé, il vend le titre à Fasquelle. Il vit alors près d'un an dans une communauté au Danemark et en tire un grand reportage sur l'amour libre (). Devant retravailler, il réintègre Le Nouvel Observateur comme reporter en , malgré le peu d'enthousiasme de Jean Daniel. Reporter au service Évènement, il écrit aussi dans les pages Société, par exemple sur le comportement sexuel des Français () ou sur le cours de sexologie de l'université de Vincennes[5], article qui suscite de nombreux remous dans la faculté[6]. Il traite aussi de faits divers comme l'affaire de Bruay-en-Artois[7] (1972) dans laquelle il soutient la thèse de la culpabilité du notaire Pierre Leroy même après sa libération. Ses rapports avec la ligne du journal sur le conflit israélo-arabe sont tout autant difficiles dans la mesure où ses opinions concernant le monde arabe diffèrent de celles de Jean Daniel.

Lors du massacre de Munich (), sa sensibilité envers la cause arabe transparaît dans la compréhension qu'il manifeste de la thèse qu' « il ne reste plus que la violence » aux Palestiniens pour convaincre les Israéliens d'« englober Israël dans un État arabe laïque et démocratique » où ils seraient leurs frères. De même, il rappelle avec force que si « les Israéliens ont une terre et un État », « les Palestiniens n'ont ni l'uné ni l'autre ». En 1973, son traitement de la guerre du Kippour est jugé trop pro-arabe par Jean Daniel qui lui adjoint Hervé Chabalier pour « rééquilibrer » les positions. Par la suite, on lui offre moins l'occasion de traiter de la question israélo-palestinienne.

Chargé essentiellement du Maghreb, il effectue plusieurs reportages au Maroc (1972, 1977 et 1979) et écrit divers articles traitant de l'autoritarisme en Tunisie et en Algérie. Il s'entretient avec le colonel Kadhafi en . Pour le service politique il interviewe Michel Rocard (). À partir de , il peut exprimer directement son point de vue sous forme humoristique dans la chronique « La fiction de Guy Sitbon », dont il tire un recueil en 1976. Il écrit des articles sur d'autres sujets, notamment « Le mal corse », dans lesquels il donne la parole aux autonomistes sans pour autant les soutenir. En , il participe au débat sur le Tiers-monde et la gauche. Refusant le discours antitotalitaire pour l'ensemble des pays du Tiers-monde, il met l'accent sur le caractère européocentrique et anachronique de la critique de l'État dans ces pays. Il réfute l'idée qu'on puisse « séparer, comme le fait Julliard, le peuple de son État ». Il refuse de « céder à la mode » de l'anti-étatisme dans une tribune où il affirme que « sans État-nation, pas de langue, pas de culture, pas de nation... rien [...] que l'attente de la soumission à un autre État-nation et surtout à une autre culture ». Il découle aussi de ses positions une critique des nouveaux philosophes si virulente qu'une de ses « fictions » sur le sujet est censurée. En 1980, il publie Gagou, roman aux accents autobiographiques, qui décrit les mutations de la judéité tunisienne et l'espoir brisé de ceux qui s'engagèrent pour construire une société fraternelle par delà tout nationalisme.

En 1982, il succède à Franz-Olivier Giesbert comme correspondant du Nouvel Observateur aux États-Unis.

Éditeur de publications érotiques et messagerie rose

Durant son séjour aux États-Unis, parmi les revues populaires qu'il lit pour améliorer son anglais, il découvre la revue de sexologie Forum dont la partie consacrée aux lettres de lecteurs l'intéresse vivement.

Revenu à Paris, il s'en inspire pour lancer, en , Lettres-magazine qui publie les fantasmes de lecteurs et atteint 80 000 exemplaires fin 1984. Refusant les offres de rapprochement que lui propose le groupe Filipacchi, il lance une version féminine, Lettres de femmes, qui atteint 80 000 exemplaires[8]. Il se lance aussi dans les messagerie et téléphonies roses, activités dans lesquelles il fait fortune[9].

Il tente alors de ne pas apparaître publiquement[réf. nécessaire] comme l'illustre son anonymat dans ses interviews accordées sur ces sujets à Libération ou à L'Événement du jeudi au printemps 1985. Il laisse les responsabilités officielles de ces activités à sa seconde épouse, Lidia Darras, assistante de l'administrateur du Matin, puis directeur de la radio du groupe Perdriel, Radio-Capitale, en 1982, Bernard Villeneuve, et à son fils l'éditeur Michel Sitbon. Mais, durant l'été 1985, ses activités pornographiques sont connues sur la place publique. Le Matin estime alors qu'il « pèse déjà plus de 200 000 exemplaires mensuels et 50 millions de francs de chiffre d'affaires[10] ». Il se met alors en disponibilité du Nouvel Observateur. Il n'en publie pas moins épisodiquement des critiques littéraires ou des articles de société. En vue de l'élection présidentielle française de 1988, il lance Le Journal de Tonton, journal humoristique publiant des lettres d'admirateurs du président Mitterrand, tirant à 100 000 exemplaires. En 1989, il cède la société Publications Nouvelles aux éditions Bottin.

Retour au journalisme

De 1990 à 1995, il est correspondant du Nouvel Observateur à Moscou où il couvre la fin du communisme et le démembrement de l'Union des républiques socialistes soviétiques. À partir de 1998, il est chroniqueur et administrateur de l'hebdomadaire Marianne.

Publications

Notes et références

Liens externes

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