Armoiries de la famille de Pierpont: D'argent au sautoir de gueules, l'écu timbré d'un heaume d'argent, taré de trois-quarts, grillé, colleté et liseré d'or, doublé de gueules, sommé d'une couronne de noblesse d'où est issant un lion de sable, armé et lampassé de gueules, aux lambrequins d'argent et de gueules, et accompagné en pointe d'un listel d'argent portant la devise PARVUS SED FIDELIS en lettres de sable..
Guy de Pierpont, né le à Liège et mort le dans la même ville[1], est un avocat, militaire et résistant belge.
Bâtonnier de l'Ordre des avocats à la cour d'appel de Liège, il s'illustre particulièrement lors des deux conflits mondiaux. Engagé volontaire et officier lors de la Première Guerre mondiale, il devient ensuite un acteur majeur de la Résistance en tant que commandant régional de l'Armée secrète sous le pseudonyme de «Monsieur Pierre» durant la Seconde Guerre mondiale[2]. Faisant preuve d'un grand engagement patriotique et civil, il atteint le grade de lieutenant-colonel de réserve honoraire en 1947 et est anobli pour ses services avec le titre de Chevalier en 1954[3].
Jeunesse et formation
Guy-Marie-Camille de Pierpont naît le au no 6 du quai Marcellis à Liège[4]. Par un jugement rendu le , le tribunal civil de première instance de Liège ordonne la rectification de son acte de naissance, statuant que son patronyme doit s'orthographier avec une particule minuscule («de Pierpont» et non «De Pierpont»)[5].
Son parcours universitaire est interrompu par son engagement militaire. Il achève finalement ses études universitaires après la Première Guerre mondiale[6] et obtient le grade de docteur en droit[7]. Il effectue ensuite sa formation juridique au barreau en tant qu'élève de son beau-père, le futur bâtonnier Albert Capitaine[8].
Première Guerre mondiale
Dès le , Guy de Pierpont est incorporé au 14e régiment de ligne en tant que milicien, avant de passer au service actif au 12e régiment de ligne le [9]. Au déclenchement du conflit le , il est de nouveau versé au 14e régiment. Quelques jours plus tard, le , il est gravement blessé par une balle au coude droit lors du combat de Rabosée[10]. Évacué vers Liège, il est définitivement réformé pour invalidité de guerre en .
Refusant l'occupation, il se cache dans un premier temps chez la famille Lamarche avant de franchir clandestinement la frontière néerlandaise pour rejoindre l'Angleterre et se réengager comme volontaire[11]. Réadmis au service de l'infanterie en 1915, il obtient le grade d'adjudant en décembre. Il rejoint le front au printemps 1916 et s'illustre comme officier patrouilleur dans les tranchées de l'Yser. Nommé sous-lieutenant de réserve en , il se distingue tout particulièrement le lors de l'attaque allemande sur Merckem. Commandant un peloton, il mène une contre-attaque décisive: il parvient à réduire deux nids de mitrailleuses et capture, avec l'aide d'un caporal et de neuf hommes, une trentaine de prisonniers ennemis dans la tranchée d'Asschoop[12]. Ces actes de bravoure lui valent deux citations à l'ordre du jour et la remise de la Croix de guerre française avec palmes des mains du maréchal Foch en personne[13].
Entre-deux-guerres et carrière au barreau
Sur le plan personnel, il épouse le Léonie-Elisabeth-Ghislaine Capitaine, fille du bâtonnier Albert Capitaine. Le mariage est célébré en France, à Sainte-Adresse, et compte parmi ses témoins le Premier ministre belge Charles de Broqueville[14].
Après le conflit, Guy de Pierpont s'inscrit comme avocat près la cour d'appel de Liège à partir de [15]. Il se spécialise comme avocat d'affaires et devient une figure influente dans les milieux industriels et financiers. Il siège notamment comme commissaire de la Banque de Bruxelles (dont il vice-préside le comité de crédits) et comme administrateur de plusieurs sociétés, dont l'entreprise Carmeuse[16].
Très investi dans la vie de sa profession, il préside la Conférence libre du Jeune Barreau de Liège. La consécration de sa carrière juridique survient lorsqu'il est élu bâtonnier de l'Ordre des avocats à deux reprises, une première fois durant sa carrière puis à nouveau à partir de 1951[17].
Peu avant le déclenchement du second conflit mondial, le , il acquiert le château de Champlon, un vaste domaine situé sur la route de Bastogne pour la somme de 650 000 francs[18].
Engagements patriotiques, civils et associatifs
Profondément marqué par ses expériences militaires, Guy de Pierpont maintient de forts liens de camaraderie. Il devient président à vie de la Fraternelle des Anciens des 14e, 29e, 44e et 64e régiments de ligne, président d'honneur de la section provinciale de Liège de l'Union des Fraternelles de l'Armée de Campagne (UFAC), et président du Cercle militaire[19].
Sur le plan de l'engagement civil et politique, il s'investit comme membre actif du Groupement national belge et préside la section liégeoise du Mouvement monarchiste constitutionnel, jouant à ce titre un rôle important lors de la Question royale. Localement, il s'implique comme membre du conseil de fabrique de l'église Sainte-Véronique et participe aux travaux des Archives verviétoises[20].
Seconde Guerre mondiale et Résistance
Rappelé en 1938, puis en 1939 en tant que capitaine-commandant de réserve d'une compagnie de mitrailleuses au 29e de ligne, il rejoint l'état-major du IIIe Corps d'Armée. Démobilisé temporairement en en raison de son statut de père de famille nombreuse, il est rappelé d'office lors de l'invasion du [21]. Après s'être replié en France (via Hemiksem, Bruges et Courtrai), il commande le sous-secteur du XVe Centre de Recrutement de l'Armée Belge (CRAB) dans le Gard, sous les ordres du lieutenant-général Wibier. Il rentre ensuite en Belgique occupée et s'engage immédiatement dans la clandestinité[22].
Il devient l'un des pionniers de la Résistance belge en fondant la Légion belge pour la région liégeoise, organisation qui s'intègre par la suite à l'Armée secrète (AS). Il prend le commandement de la zone IV de l'AS (couvrant Liège, Namur et le Brabant). Connu sous le pseudonyme de «Monsieur Pierre», son nom de guerre est régulièrement utilisé dans les messages codés diffusés par la BBC[23]. Il coordonne le renseignement et organise de nombreux parachutages d'armes nocturnes dans les plaines de Hesbaye.
Guy de Pierpont utilise sa profession d'avocat comme couverture stratégique. Son domicile et cabinet de la rue Darchis, à Liège, deviennent une véritable plaque tournante de la Résistance: des armes y sont dissimulées parmi les archives judiciaires et de nombreux résistants y transitent en se faisant passer pour des clients[24]. En 1944, il lance depuis son cabinet les directives qui hâtent la libération de la région de Liège, activement secondé par ses fils Hugues et Guy-Albert. Son action courageuse lui vaut une citation élogieuse à l'ordre du jour de l'Armée secrète le [25].
Après la guerre, il est appelé au service des enquêtes de l'armée pour analyser les dossiers des membres de la résistance. Il accède finalement au rang de lieutenant-colonel de réserve honoraire en 1947[26].
Distinctions et honneurs
Guy de Pierpont a été honoré de très nombreuses distinctions civiles et militaires tout au long de sa vie, et a été anobli le avec le titre de chevalier transmissible par ordre de primogéniture masculine[27].
Il est notamment titulaire des décorations suivantes: