Gwoka Jazz Festival

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PériodeSeptembre–octobre (annuel)
ScènesNew Morning (depuis 2009)
La Java (2006–2008)
Espace Saint-Martin (2005)
Gwoka Jazz Festival
Image illustrative de l’article Gwoka Jazz Festival

Genre gwoka, jazz, musiques du monde
Lieu Paris, Drapeau de la France France
Période Septembre–octobre (annuel)
Scènes New Morning (depuis 2009)
La Java (2006–2008)
Espace Saint-Martin (2005)
Date de création 2005
Fondateurs Liliane Liseron et Raphaël Epaminondas[1]
Statut juridique Association loi de 1901
Organisateurs Association REALI[2]
Tutelle mairie de Paris, Ministère des Outre-mer, Région Guadeloupe[1][3]

Le Gwoka Jazz Festival est un festival de musique annuel parisien consacré à la rencontre entre le gwoka, musique traditionnelle de la Guadeloupe, et le jazz.

Fondé en 2005 par l'association REALI sous l'impulsion de Liliane Liseron et de Raphaël Epaminondas, il se déroule chaque année à Paris, au sein de la salle de concert New Morning depuis 2009[1],[4]. Le festival fait dialoguer sur scène des musiciens issus des Antilles françaises avec des musiciens européens ou africains, dans le cadre d'une démarche visant à rapprocher deux traditions musicales héritières de l'histoire de l'esclavage.

Genèse et premières éditions

L'association REALI est fondée en septembre 2003 par deux Guadeloupéens établis à Paris, Liliane Liseron et Raphaël Epaminondas, à partir du constat de la rareté des manifestations culturelles dédiées aux Afro-descendants originaires des Caraïbes dans la capitale française[2]. Leur projet est d'offrir une vitrine aux musiciens guadeloupéens, peu représentés sur les scènes parisiennes, et de promouvoir le gwoka en France métropolitaine[5]. Faute de financements suffisants en 2004, la première édition n'a lieu qu'en 2005[5].

La première édition du festival se déroule en 2005 à l'Espace Saint-Martin[1]. Les trois éditions suivantes ont lieu à La Java, rue du Faubourg-du-Temple dans le 10e arrondissement de Paris[1]. La troisième édition, en 2007, confirme la vocation du festival en réunissant des artistes tels que Philippe Makaïa, Jacques Schwarz-Bart, François Ladrezeau ou Christian Laviso[5].

Implantation au New Morning

À partir de 2009, le Gwoka Jazz Festival s'installe au New Morning, salle de concert de la rue des Petites-Écuries dans le 10e arrondissement de Paris, connue pour sa programmation jazz et afro-jazz[1],[4]. Cette implantation marque une étape importante dans l'histoire de la manifestation : la salle confère au festival une plus grande visibilité auprès du public parisien. La septième édition, tenue en septembre 2011, propose ainsi une quinzaine de concerts en quatre jours, rassemblant des musiciens caribéens, africains et européens[4].

La dixième édition se tient du au  ; elle est notamment marquée par la présence de figures dites « guerriers du gwoka », représentants de la tradition qui ont contribué à maintenir la musique en vie face à la montée du zouk au début des années 1980[6]. La treizième édition a lieu les et , accueillant des formations venues de Guadeloupe, de Martinique, de Paris et d'autres horizons[7].

Concept artistique

Rapprochement entre gwoka et jazz

La prémisse fondatrice du festival repose sur la mise en relation de deux traditions musicales historiquement liées : le gwoka et le jazz. Le gwoka, né dans les plantations guadeloupéennes à l'époque de l'esclavage, est fortement marqué par ses sources africaines. Le jazz, de son côté, émerge dans la seconde moitié du XIXe siècle aux États-Unis à partir de traditions musicales afro-américaines[4]. Les organisateurs rappellent que des Antillais munis de tambours figurent parmi les animateurs des rassemblements de Congo Square, à La Nouvelle-Orléans, lieu considéré comme l'un des berceaux du jazz[4]. L'intitulé du festival souligne ainsi ce lien entre les musiques nées dans les champs de coton et celles nées dans les plantations de canne à sucre[3].

Format et programmation

Chaque édition s'étend sur plusieurs jours — généralement de trois à quatre — et programme une dizaine à une quinzaine de concerts[4]. La programmation fait coexister des musiciens confirmés de la scène caribéenne et jazz avec d'autres genres musicaux partageant des racines communes avec le gwoka, comme le bèlè martiniquais ou la rumba congolaise[4],[6]. Certaines éditions comprennent une journée entièrement consacrée à la danse gwoka, intégrant des performances de compagnies chorégraphiques[6]. La programmation est systématiquement repensée d'une saison à l'autre, avec la volonté d'associer maîtres du gwoka traditionnel et représentants du gwoka moderne[1].

Artistes représentatifs

Plusieurs musiciens participent à plusieurs éditions du festival. Le batteur et percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé, figure du gwoka moderne, y incarne la synthèse entre tradition guadeloupéenne et jazz contemporain[4],[3]. Le guitariste Christian Laviso, dont la technique de jeu retranscrit la rythmique du tambour ka, figure également parmi les artistes associés au festival[4]. Le groupe Kan'nida, ancré dans les traditions populaires de la région des Grands Fonds, participe à plusieurs éditions et contribue à la diffusion du gwoka en France métropolitaine[4],[1]. Le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart, qui intègre dans ses partitions les rythmes du ka, se produit notamment lors de l'édition de 2007[4]. La chanteuse guadeloupéenne Tricia Evy, représentante d'un jazz caribéen intégrant des éléments du gwoka, participe à la dixième édition[6].

Tableau récapitulatif des éditions :

Éditions documentées du Gwoka Jazz Festival
Édition Année Lieu Dates connues Source
1re 2005 Espace Saint-Martin, Paris [1]
2e–4e 2006–2008 La Java, Paris [1]
5e–6e 2009–2010 New Morning, Paris [1]
7e 2011 New Morning, Paris [4]
10e 2015 New Morning, Paris [6]
11e 2016 New Morning, Paris [1]
13e 2018 New Morning, Paris [7]

Organisation

L'association REALI

L'association REALI est créée en septembre 2003 par Liliane Liseron et Raphaël Epaminondas[1]. Leur ambition est de faire de la manifestation un tremplin pour les musiciens caribéens, tout en valorisant le gwoka comme patrimoine musical de la Guadeloupe[2]. Soucieuse d'éviter ce qu'Epaminondas décrit comme un « festival ghetto purement guadeloupéen »[6], la direction artistique associe chaque année la tradition gwoka à d'autres formes musicales. Le festival se veut ouvert et international, accueillant des artistes venus de Guadeloupe, de Martinique, d'Afrique subsaharienne et d'Europe[7].

Partenaires et financement

Le Gwoka Jazz Festival bénéficie du soutien de plusieurs partenaires publics et privés. Du côté public, la manifestation reçoit l'appui de la mairie de Paris, du ministère des Outre-mer, du conseil régional d'Île-de-France et de la Région Guadeloupe[1],[3]. L'Agence de promotion et de diffusion des cultures de l'Outre-Mer est partenaire institutionnel du festival[2]. Du côté privé, la manifestation est également soutenue par le rhum Damoiseau et le groupe AGS[1].

Contexte culturel

Notes et références

Liens externes

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