Gypserie
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Une gypserie est une décoration d’intérieur moulée et sculptée en gypse qui, cuit et broyé, devient la poudre de plâtre que l'on mélange à l'eau (« gâchage ») et qui durcit à l'air (« prise »), soit un staff. Le terme et la technique sont utilisés presque uniquement en Provence (le seul dictionnaire de français qui le mentionne est le Quillet).
Les gypseries sont courantes au Moyen Âge et jusqu’à la Révolution, notamment pour les manteaux de cheminées, dans les maisons, les châteaux, les hôtels particuliers ou pour des clôtures à jour ou les augets de plafond.
L’artiste qui fait les gypseries est le gipier, ou le stucateur.
Redécouverte à la Renaissance

Dès l'Antiquité, les usages du plâtre et de la chaux ont permis grâce aux propriétés plastiques de ces matériaux, la création de moulures et de décors en relief: le stuc (ou gypserie en Provence ou plâtre ciselé au Maroc), à base de chaux ou de plâtre, de colle et de poudre de pierre, veiné de pigments a été très utilisé pour imiter le marbre dans toute la décoration occidentale.
Dans l'Antiquité, la Rome d'Auguste, la Domus Aurea de Néron, mais aussi les tombes, les thermes, sont des exemples initiaux d'un développement décoratif de tout l'Empire romain qui culmine au IIe siècle apr. J.-C.
Cet usage est redécouvert à la Renaissance, popularisé en France par François Ier et donne lieu à un véritable engouement pour ces décors de grotte, d'où le nom de grotesque donné à toute une partie de ce registre décoratif.
Dès 1401, on trouve à Riez-la-Romaine un bel escalier à vis entièrement en plâtre, puis, datée de 1525, la structure précoce à quatre noyaux de l'escalier de l'hôtel de Mazan, ainsi que des fenêtres entières, meneau compris, entièrement réalisées en plâtre massif. Les décors apparaissent aussi bien en façade que dans les entrées, les entrevous armoriés des plafonds, motifs qui envahissent les espaces-clés de réception de la demeure. Ils semblent le signe d'une classe sociale aisée qui s'affirme, s'expose et se met en scène dans des allégories avec ses décors raffinés, au vocabulaire décoratif maniériste, comme ceux de l'escalier du château de Volonne, de la cheminée de l'hôtel de Miravail à Mane, ou des quatre saisons au château de Cascastel dans les Corbières. À Rome, la villa Farnesina offre des exemples de gypseries.
Technique de réalisation
La technique de réalisation d'une gypserie demande méthode et habilité. Elle consiste à préparer les gros volumes par un mortier de plâtre parfois très grossier, au besoin en prenant appui sur une structure de lattes de bois (pour les cheminées) ou de branches à peine dégrossies pour une croisée de fenêtre, puis à tirer la forme pour créer une moulure ou une corniche. Le « masseur » pose le plâtre et le « pousseur » exécute rapidement le motif linéaire découpé dans la tôle de son gabarit mobile. Sur cette surface préparée, toutes les techniques de décors peuvent être employées:
- la ciselure sur surface plane (spécialité provençale) après passage du « guillaume » (rabot facial).
- le modelage de motif en direct, la pose d'éléments moulés à l'avance et assemblés à frais.
- l'insertion de blocs de motifs préalablement moulés ou estampés.
Le gipier peut également couler une chape de plâtre sur un coffrage gravé et créer ainsi des entrevous à motifs alternés. Le raffinement et la virtuosité consistent à utiliser tout l'éventail technique puis à finir par une ciselure qui avive les angles et les jeux d'ombres, accentue l'effet de perspective.
Cependant, en Provence, il ne semble pas y avoir eu de filiation avec les décors de stuc italiens du XVIe siècle. Le style maniériste qui apparaît dans de nombreux décors de cheminée, puise dans un fond décoratif européen commun remis au goût du jour et il est aussi proche de la Bourgogne et des masques des Flandres que de l'Italie.
Dans le monde islamique

Les Arabes subirent également, quoique déjà civilisés, l'influence artistique des peuples qu'ils dominèrent en Orient et en Occident et ce furent des artistes byzantins qui s'appliquèrent à la décoration des édifices élevés par les nouveaux maîtres ; la mosquée d' Ecbatane rebâtie de 661 à 680 en est un type. En Espagne, au Xe siècle, Abd-er-Kahman suit le même exemple et des artistes byzantins travaillent à la construction du palais de Zahra (Madinat al-Zahra).
Aucun peuple n'a multiplié avec autant de perfection les ornementations capricieuses des feuilles et des fleurs d'un dessin géométrique. C'est un entrecroisement de lignes, une fantaisie riche de détails sur toutes les parties de l'édifice, ces décorations doivent à leur origine leur non d'arabesques. Les musulmans n'admettant dans leurs mosquées aucune espèce de figures d'hommes ou d'animaux, leurs artistes se sont perfectionnés au plus haut degré dans l'ornementation de la flore géométrique. Les pendentifs découpés des plafonds ressemblent à des stalactites dans les mosquées. Ces constructions constituent les plus beaux monuments arabes, avec leurs minarets élégants. Les styles mauresque, lombard, saxon, carolingien sont du même genre ; leur caractère principal est le plein cintre et l'arc en fer à cheval. C'est aux XIe et XIIe siècles que ce genre d'ornementation fut en faveur en Occident, sur les bords de la Loire et du Rhin.


