Génocide des Yézidis
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| Génocide des Yézidis | |
Des corps de Yézidis exhumés d'une fosse commune, en . | |
| Date | à |
|---|---|
| Lieu | Irak et Syrie |
| Victimes | Yézidis |
| Type | Massacre génocidaire Viol génocidaire Esclavage sexuel |
| Morts | Environ 5 000 (2014) |
| Prisonniers | Milliers de captives en esclavage sexuel |
| Auteurs | |
| Motif | Persécutions religieuses |
| Guerre | Guerre civile syrienne Seconde guerre civile irakienne |
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Le génocide des Yézidis désigne la politique d'extermination et de destruction des Yézidis en tant que groupe religieux par l'État islamique (ou Daesh) en Irak. Les Yézidis sont un peuple kurdophone originaire du Kurdistan qui pratique le yézidisme, une religion ethnique monothéiste iranienne issue de la tradition indo-iranienne.
La qualification de génocide a été retenue par la commission d'enquête de Nation Unies sur les crimes de Daesh, et reconnue par certains états et tribunaux nationaux.
Le génocide a été caractérisé par l'esclavage sexuel des femmes et des filles, de nombreux viols génocidaires, l'exécution de milliers d'hommes, et a entraîné l'expulsion, la fuite et l'exil des Yézidis de leurs terres ancestrales du nord du pays. La persécution des Yézidis par l'Etat Islamique a attiré l'attention de la communauté internationale et a conduit à la Seconde guerre civile irakienne.
L'extermination des Yézidis commence avec l'offensive de l'État Islamique dans le Sinjar, à l'été 2014. Daech défend l'extermination de cette minorité religieuse au motif qu'il n'appartient pas à une religion du Livre. Les hommes et les femmes âgées sont systématiquement exécutés par les djihadistes, tandis que les jeunes femmes et les filles sont vendues comme esclaves sexuelles[1].
Le génocide des Yézidis commence en par les massacres de Sinjar, lors desquels il est estimé que 5 000 Yézidis sont tués et 6 800 Yézidis, essentiellement femmes et enfants, sont enlevés et réduits en esclavage[2].
Les femmes et enfants enlevés, à la merci des djihadistes, subissent de nombreuses violences physiques et sexuelles. Les filles au-delà de dix ans et les garçons au-delà de douze ans sont arrachés à leur mère, les filles pour devenir des esclaves sexuels, les garçons pour devenir des combattants[3].
Les femmes et les filles sont souvent revendues plusieurs fois, servant de monnaie d'échange entre les djihadistes[3].
De nombreux prisonniers sont contraints de se convertir à l'Islam[3].
Reconnaissance du génocide
A l'échelle internationale
Le , l'ONU crée l'UNITAD (l’Équipe d’enquêteurs des Nations Unies chargée de concourir à amener Daech/État islamique d’Iraq et du Levant à répondre de ses crimes)[4], dont l'une des missions est l'enquête sur les crimes de Daech contre les Yézidis. Après prolongation d'un an, son mandat termine le [5].
Le , Karim Khan, chef de l'UNITAD, déclare avoir identifié la « preuve claire et convaincante qu’un génocide a été commis par l’EI contre les yézidis en tant que groupe religieux » et remet un rapport en ce sens[6]. La commission d'enquête annonce au passage avoir identifié 1 444 coupables présumés du génocide, dont 18 hauts responsables de l'État islamique[6], dont le Français Sabri Essid[1].
De son côté, la Cour Pénale Internationale se déclare incompétente à juger les exactions subies par les Yézidis, ni l’Irak ni la Syrie n’étant parties au statut de Rome[7].
A l'échelle étatique
Le , le tribunal régional supérieur de Francfort, reconnaît Taha Al-Jumailly coupable de génocide et de crimes contre l’humanité. Celui-ci avait réduit une mère et sa fille de 5 ans en esclavage, et laissé mourir la fille[8]. Il s'agit de la première décision de justice retenant la qualification de génocide pour les actes de l'Etat Isamique contre les Yézidis[9].
Le , les députés allemands votent à l'unanimité pour la reconnaissance de l'existence d'un génocide à l'encontre des Yézidis[9]. Le Royaume-Uni fait de même le de la même année[10].
Le , la cour d'assises de Paris retient la qualification de génocide dans le jugement du djihadiste Sabri Essid. C'est la première fois que la justice française se prononce sur cette qualification[11].
En 2026, l'association Yazda, qui milite pour le reconnaissance du génocide des Yézidis, décompte 13 pays ayant reconnu officiellement le génocide[2].