Généalogie des peintres Kanō
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La généalogie des peintres de l'école Kano permet de mieux comprendre comment, au sein de cette école de peinture officielle qui a irrigué l'art pictural japonais du XVIe siècle au XIXe siècle, les générations se sont succédé au sein de ce qui était également une famille - en plus d'une école de peinture. En effet, les écoles picturales japonaises évoluaient en général par désignation d'un disciple préféré pour prendre la succession du maître (comme c'est le cas général dans l'ukiyo-e), mais beaucoup plus rarement, comme c'est pourtant ici le cas, par succession au sein d'une même famille.
- Organigramme sous forme généalogique d'une partie des peintres Kanō.
- Les lignes pleines confirment la parenté. Celles en pointillé, les rapports de parenté indéfinie, à compléter si possible.
Note : Sur fond brun, les membres de l'école Kanō. Sur fond beige clair pour les autres peintres n'appartenant pas à cette école. Les liens bleu ouvrent une page. Les liens rouge, page inexistante.
| Kanō Kagenobu (XVe siècle) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Masanobu (1434-1530) Fils de Kanō Kagenobu | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Motonobu (1476-1559) Fils de Kanō Masanobu | Kanō Yukinobu (1513-1575) Fils de Kanō Masanobu | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Hideyori (?-1557) Fils de Kanō Motonobu | Kanō Munenobu (1514-1562) Fils de Kanō Motonobu | Kanō Shōei (1519-1592) Fils de Kanō Motonobu | Kanō Ichian (?-1590) Fils présumé de Kanō Motonobu | Kanō Gen-Ya (XVIe siècle) Fils présumé de Kanō Motonobu | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Sōshū (1551-1601) Fils de Kanō Shōei | Kanō Eitoku (1543-1590) Fils de Kanō Shōei | Kanō Naganobu (1577-1654) Fils de Kanō Shōei | Kanō Ichiō (1550-1617) Fils de Kanō Ichian | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Takanobu (1571-1618) Fils de Kanō Eitoku | Kanō Mitsunobu (1565-1608) Fils de Kanō Eitoku | Kanō Sanraku (1559-1635) Fils adoptif de Kanō Eitoku | Kanō Shūshin XVIIe – XVIIIe siècles | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Yasunobu (1613-1685) Fils de Kanō Takanobu | Kanō Naonobu (1607-1650) Fils de Kanō Takanobu | Kanō Tannyū (1602-1674) Fils de Kanō Takanobu | Kanō Kōi (?-1636) Fils de Kanō Mitsunobu | Kanō Sadanobu (1597-1623) Fils de Kanō Mitsunobu | Kanō Sansetsu (1590-1651) fils adoptif de Kanō Sanraku | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Minenobu (1662-1708) Fils présumé de Kanō Naonobu | Kanō Tsunenobu (1636-1713) Fils de Kanō Naonobu | Kanō Tōun (1625-1694) Fils adoptif de Kanō Tannyū | Kanō Kōya (?-1672) Fils de Kanō Kōi | Kanō Einō (1634-1700) Fils de Kanō Sansetsu | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Tōshun (?-1723) beau-fils de Kanō Tōun petit-fils deKanō Tannyū | Kanō Eisen (1696-1731) Fils de Kanō Shūshin | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Tōshun Yoshinobu (1747-1797) Apparenté→ | Kanō Sukenobu (1730-1790) ←Apparenté→ | Kanō Korenobu XVIIIe – XIXe siècles ←apparenté | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Gion Nankai (1676-1751) appelé Shōun père de Kazanobu | Kanō Isen (1775-1828) Fils de Kanō Korenobu | Kanō Tōeki (?-1841) Fils présumé de Kanō Korenobu | Kanō Yōshin (1796-1846) Fils présumé de Kanō Korenobu | Seiko Tani (XIXe siècle) père de Kanō Hōgai | Tan-en XVIIIe – XIXe siècles apparenté au Kanō | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Kazunobu XVIIIe siècle fils de Gion Nankai | Kanō-Eitoku Tatsunobu (1814-1891) Fils de Kanō Isen | Kanō Shōsen-in (1823-1880) Fils de Kanō Yōshin | Kanō Hōgai (1828-1888) Apparenté→ | Kanō Tambi (1823-1880) Fils de Tan-n | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Kanō Kagibashi XVIIIe – XIXe siècles dernier dirigeant connu de l'académie officielle du Shogunat | |||||||||||||||||||||||||||||||||
Origine
Au début du XVIe siècle, le Japon est toujours déchiré par les luttes entre féodaux, mais l'ouverture sur le monde extérieur lui assure une enviable prospérité économique qui profite bien sûr à l'art. En 1582, le général Hideyoshi, militaire d'humble origine est le véritable unificateur du Japon. Il marque de sa personnalité la brève période Momoyama (du nom de l'une de ses résidences): ami des arts il confie la décoration de ses palais aux plus grands artistes du temps.
Trois siècles durant, le Japon connait une remarquable stabilité, mais la société, figée par la gestion conservatrice, se referme sur elle-même. L'esprit du Zen, qui a imprégné toute la période précédente, cède la place à un confucianisme étriqué qui marque jusqu'à la fin (1868) l'époque Tokugawa (dite époque Edo). L'art s'en ressent, bien que périodiquement des artistes rebelles à l'anticonformisme roboratif, se risquent à jeter sur le monde un regard neuf.
Toujours est-il que le style dominant, conforme aux goûts de la classe installée, incline désormais vers un maniérisme somptueux, dont la virtuosité est parfois lassante. Cette évolution, il est vrai, est dans l'air depuis déjà un certain temps: en fait depuis la fondation de ce qu'on appelle l'École Kanō (plusieurs dizaines de peintres, plus ou moins directement rattachés à la même famille, portent ce nom).
Kanō Masanobu (1434-1530), l'ancêtre, qui vit presque centenaire, est le premier, à une époque où l'art du pinceau est le quasi-monopole des moines, à défendre un style d'esprit résolument laïc. Mais c'est au prix de la liberté. Les artistes désormais ne travaillent plus pour eux-mêmes, mais pour la cour du Shogun, où le grave Confucius ne tarde pas à détrôner l'insouciant Lao Tseu.
À la peinture intimiste des moines zen, qui est dans l'ensemble restée au format raisonnable du kakemono, succède un art plus monumental (vastes paravents byôbu, peints par paires, larges portes coulissantes fusuma, plus décoratif surtout. L'influence chinoise cède du terrain : on en revient bientôt à une manière qui n'est pas sans rappeler le yamatoe de jadis et l'art des anciens emaki, mais largement stylisé, et surtout copieusement enrichi.
La lignée des Kanō donne naissance à quelques artistes authentiquement inspirés, qui savent marier avec habileté les impératifs de la nouvelle peinture et le prodigieux acquis de la période précédente. D'abord Kanō Motonobu, fils de Masanobu, qui utilise le lavis d'encre avec une belle maîtrise. Ses traits incisifs, emploi fréquent de la couleur, sens du détail précieux, est portée à son plus haut point de virtuosité par Kanō Eitoku, Kanō Tannyū et Tannyū Naonobu, qui savent à l'occasion se rappeler la grande leçon des peintres des Song, dont le sens évite toute vulgarité.
Bien d'autres artistes sont entraînés dans leur sillage, qui n'ont pas à démériter : Tōhaku (1539-1610), l'immortel auteur du Bois de pins et le baroque Terutada Shikibu (1re moitié du XVIe siècle), et bien d'autres.










