Géographie tropicale

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La géographie tropicale était, dans la seconde partie du XXe siècle, un courant de la géographie française s’intéressant au monde tropical. Elle succède à la géographie coloniale en s'y opposant, et disparait à la fin du XXe siècle au profit de la géographie du développement.

Ce courant s’est construit notamment autour de Pierre Gourou[1]. En rupture avec la géographie coloniale, qui visait à mettre au service de la métropole les ressources des pays colonisés, elle vise à comprendre les difficultés des populations grâce à une connaissance précise des milieux et des genres de vie locaux, pour les aider à évoluer notamment du point de vue agricole[2]. Les géographes tropicaux produisent donc essentiellement des monographies. Dans les années 1960, certains instituts de géographie (le CNRS crée à Bordeaux en 1968 le Centre d’Études de Géographie Tropicale - CEGET) se spécialisent en géographie tropicale. Les travaux de Pierre Gourou font référence pour les pays pluvieux et ceux de Jean Dresch pour les pays secs. Dans les années 1970, une nouvelle génération de géographes s’affirme autour de Guy Lasserre, Pierre Vennetier, Paul Pélissier et Gilles Sautter.

Remises en cause de la géographie tropicale

Cette façon de faire de la géographie différemment dans les zones tropicales qu’en zones tempérées assignait à ces zones, du point de vue naturaliste ou environnementaliste, « un statut d’anormalité par rapport au monde tempéré »[3].

Les reproches faits à la géographie tropicale tournent autour de trois problématiques. La première, celle du déterminisme naturel, est un problème qui revient dans toutes les branches de la géographie et contre lequel luttent les géographes, mais il est d’autant plus problématique quand on fonde un courant géographique sur une zonalité. Pierre Gourou prend place dans ce débat en contestant lui-même cette idée : « Le monde tropical n’est-il pas seulement un cadre régional commode pour les recherches géographiques et la géographie tropicale a-t-elle une existence réelle ? […] Le monde tropical étant dans son entièreté “sous-développé”, faut-il croire que le commun dénominateur de ce “sous-développement” soit le fait tropical ? Il appartient à une géographie comparative du monde tropical de montrer qu’il n’en est rien […]» [4]

La seconde question porte sur les villes et l’incapacité des géographes d’alors à penser les villes tropicales - les tropicalistes sont avant tout des ruralistes -, et à utiliser les méthodes de recherches urbaines. Les villes sont conçues avant tout comme des corps malades[5].

Enfin, le rapport au terrain pose d’autres questions, notamment par l’incapacité qu’ont eu les géographes à analyser leur place dans ce dernier et leur propre rapport à l’altérité.

Fin de la géographie tropicale et héritages

Bibliographie

Références

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