Géopolitique du golfe de Guinée

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La géopolitique du golfe de Guinée considère le golfe de Guinée en tant que territoire partagé ou disputé entre les États. Ce golfe est un espace maritime situé à l’ouest du continent africain ; il inclut généralement huit pays côtiers bordés par l’océan Atlantique : le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon et Sao Tomé-et-Principe.

Les eaux du golfe de Guinée abritent de nombreuses ressources. Ses réserves en pétrole permettent d'augmenter la production et engendrent des flux importants et stratégiques, nécessitant la mise en œuvre de mesures de sécurisation.

Carte du golfe de Guinée (golfe du Bénin et golfe du Biafra).

Le partage des espaces maritimes est inégal, comme on peut le voir avec l’exemple du Cameroun ou du Nigeria. Pays de superficie relativement proche, ils ne possèdent pas la même surface d’espace maritime : le Cameroun est presque enclavé.

Certains pays veulent étendre leur espace maritime, ce qui donne lieu à de nombreux conflits et désaccords : comme le sol marin est riche en ressources et notamment en hydrocarbures, certains pays se disputent l’appropriation de certains espaces. C’est le cas avec les îles de Bioko et Annobon, qui appartiennent à la Guinée équatoriale. Ces îles sont source de conflits car elles présentent un potentiel énergétique.

Il existe aussi des tensions depuis les années 1990 entre le Gabon et la Guinée équatoriale pour la possession d’îles de la baie de Corisco, comme celle de Mbanié. Les eaux territoriales de ces îles sont riches en hydrocarbures.

Tous les pays du golfe de Guinée producteurs de pétrole veulent agrandir leur zone économique exclusive (ZEE) ce qui entraîne un chevauchement des revendications. Ainsi, le Ghana, le Bénin, le Togo, Sao Tomé-et-Principe et le Nigeria revendiquent la même zone de plateau continental.

Des accords entre les États du golfe de Guinée sont nécessaires pour canaliser les conflits. De nombreux accords[1] ont été passés :

  • entre le Nigeria et la Guinée équatoriale le pour délimiter leurs fonds marins[2] ;
  • entre le Nigeria et Sao Tomé-et-Principe en 2001 pour créer une zone conjointe d’exploitation : 60 % des ressources exploitées dans cette zone reviennent au Nigeria et 40 % à Sao Tomé-et-Principe
  • entre le Nigeria et le Cameroun en 2002 pour délimiter leur frontière maritime[3] ;
  • entre le Gabon et Sao Tomé-et-Principe en 2001 pour délimiter leur frontière maritime ;
  • entre la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe en 2001, qui constitue une double délimitation[Laquelle ?].

Ressources et exploitations

Gaz

Le gaz est surtout exploité, par ordre d’importance, par le Nigeria, le Ghana et le Gabon. C’est une des ressources les plus présentes et les plus exploitées du golfe.

À lui seul, le Nigeria a produit en 2008 35 milliards de m3 ; il exporte essentiellement sa production en Europe du Sud ainsi que dans le reste du golfe.

Le pétrole

Le pétrole, première ressource du golfe de Guinée, fait de celui-ci la première région pétrolière d’Afrique, avec un des plus grands gisements sous-marins connus au monde : il représente près de 24 milliards de barils de réserves[4], soit 4,5 % des réserves mondiales de pétrole. En 2012, cette réserve permet une production globale de 5 millions de barils par jour dans le golfe de Guinée, exportée principalement vers les États-Unis, l’Europe, l’Inde, et la Chine (dont 30 % des importations totales de pétrole viennent du golfe du Guinée).

De l’ouest vers l’est, les pays exploitant de pétrole sont le Ghana, le Nigeria, la Guinée équatoriale, et le Gabon. Le Ghana produit 120 000 barils par jour, et cette ressource pourrait représenter pour le pays un gain de 20 milliards de dollars d’ici 2030. Le Nigeria, lui, possède les deux tiers de cette ressource, essentiellement dans les gisements offshore présents dans ses eaux. En revanche, il détourne environ 5 % de cette production vers des marchés parallèles d’Afrique de l’Ouest. Pour la Guinée équatoriale, la découverte d’un gisement offshore dans ses eaux, ainsi que la présence de pétrole près de l’île de Bioko et de celle de Mbanié sont autant de facteurs de croissance pour le pays, qui, avec ses 1,1 milliard de barils de réserve, représentant 89 % du budget de l’État, se trouve être le troisième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne. Enfin, le Gabon est le 37e producteur mondial, avec près de 234 000 barils tous les 14 jours[5].

Autres ressources

Le golfe de Guinée possède également des ressources halieutiques estimées à 1 055 000 tonnes de réserve de poisson, et avec une production aux alentours de 600 000 tonnes par an. Mais le golfe recense, à cause de ces ressources, un certain nombre de pêcheurs illicites, et notamment étrangers, qui viennent s’approvisionner sans limite dans le golfe, empêchant les petits pêcheurs locaux de pratiquer correctement leur activité.

Circulation maritime

Notes et références

Voir aussi

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