Gétulie
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La Gétulie (latin Gaetulia) était une vaste région du nord-ouest de l’Afrique intérieure, bordant le Sahara, habitée dans l’Antiquité par les peuples appelés les Gétules. Selon la Encyclopaedia Britannica, elle était « un district de l’intérieur de l’Afrique du Nord qui à l’époque romaine, du moins, était habité par des tribus nomades, les Gaetuli ». Elle s’étendait, sans limites strictement définies, depuis les pentes méridionales des monts de l’Atlas (notamment le massif de l’Aurès) vers l’ouest jusqu’à l’Atlantique et vers le sud jusqu’aux oasis du nord du Sahara.
Le terme latin Gaetulia désigne à la fois un territoire et un ensemble de tribus nomades situées au sud de la Numidie et de la Maurétanie, aux marges du Sahara[1]. La Gétulie identifiée par Juba II s’étendait au sud de la Numidie, entre Zarai et Thabudeos, englobant le massif de l’Aurès et atteignant le fleuve Nigris, considéré comme la limite méridionale de l’Afrique romaine[2]. Cette région, composée de plaines arides et de zones d’oasis, formait une zone de transition entre les provinces romanisées du Nord et les espaces sahariens habités par les tribus Gétules[1],[2].
Population et mode de vie
Les Gétules étaient des populations nomades ou semi-nomades vivant dans les zones arides au sud de la Numidie et de la Maurétanie[1]. Ils pratiquaient principalement l’élevage et les échanges caravaniers, et étaient réputés pour leurs chevaux et leur adaptation aux milieux désertiques[1],[2]. Leur mode de vie, diversifié selon les régions, témoigne d’une organisation souple entre sédentarité partielle et mobilité pastorale[1],[2].
Histoire
Un espace de civilisation antique

Le territoire de la Gétulie aurait constitué, dès le milieu du IIᵉ millénaire av. J.-C., une voie de circulation de la route des chars entre la Libye antique et l'Egypte[3].
Par ailleurs, selon la tradition, la reine Didon (Élissa) fondatrice de Carthage (814 av. J.-C.) aurait négocié avec un roi gétule — souvent identifié sous le nom de Iarbas ou Hiarbas — le terrain sur lequel elle établit sa cité. Mais toutefois elle s’y opposa et se donna la mort pour échapper à cette alliance[4].
Aux marges des Royaumes maures, numides et de l'Empire romain

La Gétulie ne constituait pas seulement une zone frontalière entre Rome et le Sahara, mais un vaste territoire intégré dès le Ier siècle av. J.-C. dans le royaume de Juba II, roi de Maurétanie[2]. Selon les données rapportées par Pline l’Ancien et de Ptolémée, le domaine contrôlé par Juba II s’étendait sur une partie importante de la Gétulie, depuis le sud de la Numidie jusqu’aux abords du fleuve Nigris, considéré comme la limite méridionale de l’Afrique romaine[2].
Les cités de l’intérieur comme Tobna, Zarai ou Thabudeos, situées entre le massif de l’Aurès et les marges sahariennes, appartenaient probablement à cette Gétulie placée sous l’autorité du roi Juba II avant d’être intégrées dans le cadre administratif romain[2]. Pline évoque « l’ensemble de la Gétulie jusqu’au fleuve Nigris », décrivant un territoire formé de nombreuses tribus rattachées à l’Africa proconsularis et incluses dans ce que J. Desanges appelle « l’horizon administratif de la colonisation romaine vers le Sud »[2].
Ce vaste espace, autrefois partie du royaume de Juba Ier, aurait été réorganisé par Rome après la campagne de L. Cornelius Balbus en 20 av. J.-C., donnant naissance à deux ensembles : une Gétulie maurétanienne, restée sous la tutelle du roi Juba II, et une Gétulie numide intégrée directement à la sphère d’influence romaine[2].Cette structuration illustre le rôle charnière de la Gétulie entre le monde numido-maurétanien et le Sahara, ainsi que la politique romaine d’intégration progressive des confins africains[2].
La Gétulie marquait aussi la limite méridionale du domaine romain et jouait un rôle stratégique dans le contrôle des marges sahariennes[2]. Les Gétules y entretenaient des rapports variés avec Rome : parfois hostiles, parfois alliés ou intégrés économiquement à l’Empire. Les nomades modernes du Sahara pourraient, en partie, descendre de ces anciens peuples gétules[1].
Voir aussi
Références
- 1 2 3 4 5 6 (en) « Gaetulia | Berber, Sahara, Numidia | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Stéphanie Guédon, La frontière romaine de l'Africa sous le Haut-Empire, Casa de Velázquez, (ISBN 978-84-9096-204-6, lire en ligne), p. 29
- ↑ Pierre Bertaux, L'Afrique, de la préhistoire à l'époque contemporaine, Bordas, (lire en ligne), p. 11
- ↑ Muḥammad Fanṭar, Carthage: la cité punique, ALIF, les Éditions de la Méditerranée, (ISBN 978-9973-22-019-6, lire en ligne), p. 33