Habitat humain
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L'habitat humain est le mode d'occupation de l'espace par l'homme à des fins de logement. En urbanisme, il se décline en habitat individuel, habitat collectif ou habitat intermédiaire, mais aussi en habitat dense (groupé) ou pavillonnaire (isolé sur sa parcelle). Alors que le logement est un produit (maison, appartement...), l'habitat offre différents niveaux de services qui lui sont liés: jardin, commerces de proximité, transports en commun... Ainsi, l'habitat dépend de l'énergie pour les transports, pour le chauffage, pour l'éclairage et pour l'alimentation ; ainsi que pour l'alimentation des appareils électriques. L'organisation du lieu de vie passe aussi par l'accès à l'eau potable, la gestion des déchets, l'aménagement du terrain (plantations , gestion des eaux pluviales, etc.).
L'habitat peut prendre la forme de différentes architectures selon la nature plus ou moins hostile de l'environnement. Il en résulte alors une configuration architecturale qui doit se plier à des facteurs extérieurs dont la prégnance varie selon les milieux et les territoires. Ils peuvent être d'ordre physique (nature du terrain, conditions climatiques…). À ces contraintes physiques peuvent s'ajouter des contraintes sociétales (religion, structure de la famille, culture). Une architecture innovante tend à se développer car l'homme manque de plus en plus d'espace pour construire son habitat et doit donc s'implanter dans des endroits où les contraintes sont plus nombreuses.
L'habitat dépend de l'environnement naturel mais aussi et surtout de la représentation du monde par l'homme. La configuration, l'aspect, la disposition des divers habitats reflètent les sociétés qui les ont bâtis. En ce sens, André Leroi-Gourhan, dans Milieu et Techniques] (1945)[1], affirme : « l'habitation est sans doute un des traits les plus précieux pour l'étude historique des peuples »[2].

L'habitat en Afrique est lié à la nature. Les constructions de maisons jadis étaient en bois, en feuilles de palmier à huile ou encore en argile et couvertes de paille[3]. De nos jours, les habitats traditionnels existent encore car ils résistent à la chaleur et donnent une image exceptionnelle à l'environnement belle à voir. Des habitats sont parfois regroupés ou parfois singulier. Les habitats du monde noir construit spécialement par des artistes attirent des touristes de partout. Même sur les autres continents les habitats traditionnels de longue date sont conservés en patrimoine culturel.
Un habitat est un espace dans lequel vivent au quotidien des individus. Il doit répondre à des besoins déterminés par la vie de tous les jours et dépend de nombreuses contraintes (naturelles, sociétales, culturelles)[4].
Différents types d'habitats
- L'Habitat individuel est un habitat pour une seule famille ayant une pièce principale. Il se situe souvent en zone rurale.
- Habitat collectif
- L' Habitat semi-collectif, aussi nommé habitat intermédiaire, est un groupement d’habitations qui a des caractéristiques de l’habitat individuel.
Habitat de l'homme nomade
Dans le désert, les nomades vivent dans des tentes noires fabriquées de toiles tissées en laine de chèvre, dont la fibre longue et résistante est tout à fait adaptée à cet usage. Le plus souvent, ce sont les femmes qui réalisent ces toiles, les montent et les démontent. La couleur noire des toiles protège des rayonnements du soleil. Les mailles de l'étoffe laissent circuler l'air le jour et, sous l'effet de l'humidité, se rétractent assurant une imperméabilité suffisante pour les faibles averses en milieu désertique. Cet habitat est composé de deux espaces, le plus grand consacré aux femmes et aux enfants, l'autre pour les hommes. Ce type de tente est particulièrement utilisé par les Bédouins.
Les habitants des steppes d'Asie centrale utilisent la yourte dotée d'une armature recouverte de feutre épais, obtenu à partir de laine ou de poil. Elle peut avoir un toit conique ou en coupole. C'est par exemple l'habitat traditionnel des Mongols.
Dans les régions polaires, les populations nomades ou semi-nomades logeaient sous différents types de tentes comme la tente à double pente reposant sur une armature composée de dix pieux, recouverte de peaux de phoque et maintenue au sol par des pierres. Lors des déplacements, les rennes transportent les pieux. Pour se chauffer et s'éclairer, des lampes en pierre ponce sont utilisées permettant de brûler la graisse de phoque[4].
Habitat et contraintes géographiques
Les contraintes naturelles sont importantes et de natures différentes. Il peut s'agir du climat, de la nature du terrain, du relief.
Contraintes physiques
Les séismes

Les séismes, préoccupation de nombreuses régions du monde pour la conservation de leur habitat, est encore une contrainte qui modèle l'habitat humain. Bien que de nombreux habitats ne soient pas soumis à des normes anti- sismiques, de plus en plus de nations sujettes à ces risques commencent à les imposer lors de la construction de nouveaux habitats. Au Japon, les maisons traditionnelles, les machiya, sont construites avec de légères structures en bois, matériau beaucoup plus résistant aux secousses qui a la capacité de se déformer légèrement et d'absorber les chocs. Cependant les habitats en matériau dits « durs » respectent des normes précises. Un espace d'une vingtaine de centimètres est laissé entre chaque bâtiment pour lui donner la latitude d'osciller et de s'effondrer éventuellement, sans entraîner les bâtiments annexes. Une autre méthode consiste à suspendre les maisons dans l'air pendant les secousses grâce à un coussin d'air sous la maison. Toujours en Asie, la Tour Taipei 101 à Taïwan, deuxième tour la plus haute du monde, construite de surcroît sur un terrain très sensible aux séismes, dispose d'un système de balancier sur son sommet pour contrebalancer les éventuelles secousses. Les techniques sont très diverses et tendent à se développer pour protéger une part croissante de la population.
Contraintes liées au relief
L'habitat de montagne s'est longtemps appuyé sur l'exploitation des ressources locales. L'architecture montagnarde, harmonieuse et compacte, utilise essentiellement le bois et la pierre que l'on trouve sur place. Les maisons ainsi que les granges sont orientées vers le sud à l'abri des fréquentes intempéries. Le mur qui donne au Nord est le plus souvent sans ouverture. Le toit des hangars est incliné de telle sorte qu'il protège du soleil en été et permet un ensoleillement important en hiver. On retrouve des similitudes dans l'agencement des habitats en zone montagneuse comme dans les Alpes ou l'Himalaya: un étable en rez-de-chaussée, des pièces d'habitation à l'étage et un grenier pour conserver les provisions. Si le toit est très pentu dans les Alpes en raison de l'abondance des précipitations, il est en terrasse dans certaines régions de l'Himalaya où l'hiver est plus clément et la saison chaude permet aux habitants d'abandonner l'étage au profit de la terrasse[4].
Contraintes climatiques
L'homme a dû s'adapter au climat dans lequel il vit pour construire son habitat.
Pour les climats chauds
Le Soudan[5] a des climats divers : un climat désertique au nord et un climat dit « de savane », c'est-à-dire tropical au sud (plus humide). Dans ce pays, au Nord comme au Sud, les murs en bauge sont faits à partir d'un mélange de terre et d'eau. Bien que ce matériau soit isolant, il ne supporte qu'une toiture légère, des bois vont donc venir la porter si celle-ci est trop lourde. Ce que les murs en bauge craignent le plus est l'eau, et bien que celle-ci soit très peu présente dans le nord du Soudan, des gouttières placées sur le toit empêchent les rares pluies de détruire ces habitats. Au Sud, les pluies sont plus fréquentes c'est pourquoi les maisons ont besoin d'un toit incliné. Ces toits sont construits en paille. Dans le Sud, on peut également trouver des constructions en brique de terre crue (ou adobe).
Au Sénégal, l'habitat traditionnel utilise la brique de latérite, la paille et le bois de rônier (ou borassus). Dans ce pays il existe beaucoup d'habitats traditionnels assez différents les uns des autres. En voici quelques-uns.
La case Bambara
C'est l'habitation typique africaine. Elle est circulaire, petite et a un toit en chaume. Cette construction est très pratique en cas de grosse chaleur car elle n'a pas de fenêtre.
L'habitat traditionnelle Diolas (Sénégal)
Réputés excellents architectes, les Diolas sont à l'origine de deux types de cases à l'architecture complexe: la Case à étage et la Case à impluvium. La case à étage possède un grenier permettant de stocker les céréales. Son toit est très pentu et ses fondations élevées permettent de supporter les dommages apportés par la saison des pluies. Les pièces de la case à impluvium sont organisées autour d'une passerelle qui délimite un bassin d'eau creusé au milieu de l'habitat pour recueillir les eaux de pluie, ce qui permet de maintenir la fraîcheur grâce à l'évaporation de l'eau[6]. Ces cases typiques de la région de Casamance, au Sénégal, ont toutes des murs en terre qui assurent une certaine fraîcheur. Elles sont habituellement composées de plusieurs chambres, d'une salle commune et d'une terrasse qui entoure l'habitation. Le toit est recouvert de chaume protégeant ainsi les récoltes de la pénétration de l'eau dans les greniers[7].
Les habitats de la vallée du fleuve Sénégal et de la zone rurale du Ferlo
Dans ces régions, à cause du climat désertique, la population est nomade. Les habitations sont donc conçues pour être faciles à monter, mais sont éphémères.
Pour les climats froids
L'architecture la plus utilisée est l'igloo, installé sur des sites à l'abri du vent. L'ensemble de la construction est conçue pour faire face au climat: forme arrondie pour permettre l'écoulement des vents violents, entrée incurvée pour faire obstacle à l'entrée du vent, sols surélevés, présence de salles de transition et d'un tunnel en guise de couloir desservant les chambres pour éviter les déperditions de chaleur[2]. Lorsque la température extérieure est de −45 °C, l'intérieur de l'igloo peut monter jusqu'à 16 °C.
Les inondations
En raison du réchauffement climatique et de l'élévation du niveau de la mer, de nombreux pays vont devoir faire face à de sérieux problèmes d'inondation. L'Homme ne cherche donc plus à se protéger des inondations comme ce fut toujours le cas jusqu'à aujourd'hui (digue…), mais à vivre avec. Pour cela de nouveaux concepts ont été développés, bien que pour l'instant ceux-ci ne soient principalement envisageables que dans des lieux où l'on peut prévenir les inondations (bords d'un fleuve…).
La maison amphibie
Pour faire face à la multiplication des inondations, la maison amphibie peut s'élever à plus de 2 mètres au-dessus du sol en fonction de la montée des eaux[8]. Elle est construite sur la terre ferme avec des matériaux traditionnels, mais elle repose sur un « bâti » flottant, ce même bâti peut coulisser sur des pilotis en acier pour qu'en cas d'inondation la maison puisse flotter. Un système de pilier permet d'empêcher la maison de dériver lorsqu'elle flotte. Lors d'une crue, le système se met en route[9]
En 2015, la première Conférence internationale sur l'architecture amphibie, son design et son ingénierie a lieu en Thaïlande, à Bangkok[10].
La maison flottante
Contrairement à la maison amphibie, la maison flottante est sur l'eau en permanence. Il faut donc prévoir un moyen d'accès comme un ponton par exemple. Il existe deux principaux modèle de construction d'une maison flottante: la première manière consiste à couler quatre piliers de béton, également appelés duc d'Albe, comme moyen de fixation. La maison est alors amarrée à ces piliers par des câbles servant d'ancres pour l'habitat. La maison flotte grâce aux flotteurs installés sous la dalle et reste maintenue grâce aux câbles liés aux piliers. Ces câbles peuvent, dans certains cas, être réalisés avec un système de ressort permettant d'absorber les changements de niveau d'eau qu'ils soient lents ou soudains. Ce concept ne peut fonctionner que si la hauteur de l'eau est supérieure à 3 mètres. La partie flottante est généralement en polyéthylène et la dalle en béton. Il est important de tenir compte d'un principe de base important, généralement exprimé ainsi : « une maison flottante doit être lourde à la base et légère au sommet »[11].
La seconde manière de réaliser une maison flottante consiste à faire flotter entièrement la maison sur une plateforme légère, en aluminium par exemple, et des flotteurs en polyéthylène. Certains modèles de flotteurs sont conçus sur le principe de la technologie "tri-couches", qui confère une plus grande résistance et une meilleure flottabilité [12]. La bonne répartition des flotteurs assure la stabilité de la construction.
La maison « imperméable »
La maison imperméable est une maison étanche construite sur des pieux ancrés dans un sol stable. Elle est fabriquée à partir d'anciens containers en acier, recyclés puis traités pour permettre une meilleure isolation de la structure métallique. Des panneaux amovibles extérieurs, en cours de brevetage, ont pour but d'isoler la maison des inondations[13].
La maison inondable
Ce qui différencie la maison inondable de la maison traditionnelle est le fait que les pièces situées dans les parties inférieures sont prévues pour être inondées. Cette méthode est la seule possible en cas d'inondations importantes et avec du courant, car lorsque le niveau d'eau dépasse 1 mètre la pression est telle que le bâtiment pourrait être gravement endommagé. Il est donc important de laisser l'eau entrer pour que la pression soit la même sur les deux côtés.

