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Hafizullah Amin est né le dans la famille d'un petit fonctionnaire pachtoune vivant dans un village autour de Paghman. Son père meurt alors qu'Amin est encore très jeune, aussi, son frère ainé prend en charge le jeune Amin, et le pousse à faire des études afin de devenir instituteur.
Il part à Kaboul étudier les mathématiques et la physique, en sort diplômé en 1951, et devient professeur de mathématiques. Durant cette période, il s'implique au sein des mouvements étudiants et libéraux, discrètement, car lorsque le gouvernement réprime, exile ou emprisonne les meneurs, il est curieusement épargné. Il se marie en 1954 et deviendra le père de sept enfants. Devenu principal d'un lycée, il est alors considéré comme un nationaliste pachtoune et soutient le gouvernement de Mohammad Daoud Khan.
Dans le cadre d'un programme de coopération américano-afghan, il part à deux reprises, entre 1957 et 1959, puis entre 1962 et 1965, à l'université Columbia. Déjà inspiré par les idées modernes et laïques du kémalisme venu de Turquie, il y découvre le communisme, auquel il adhère désormais. Il commence à former des cercles communistes avec ses collègues et ses élèves. Il fait également à cette période la connaissance de Nour Mohammad Taraki, dont il restera désormais très proche[1].
Ascension au sein du PDPA
Le parti démocratique populaire d'Afghanistan (PDPA), le premier parti communiste afghan, est formé le par les quelques dizaines d'habitués des cercles marxistes existants à Kaboul. Alors en études aux États-Unis, Amin n'est donc pas parmi les membres fondateurs du parti. Cependant, revenu au pays quelques mois plus tard, il est l'un de ses premiers adhérents, et est choisi pour être l'un des huit candidats du parti aux élections législatives de 1965, permises par le roi Zaher Shah, qui ouvre une période de semi-démocratie après avoir écarté du pouvoir Daoud Khan. Amin est élu député avec trois autres membres du parti. Ses discours dénonçant l'arriération du pays scandalisent les élites de Kaboul, qui le prennent régulièrement à parti pour ses convictions matérialistes.
Amin et Taraki, le secrétaire général du parti, partisans d'une ligne radicale et révolutionnaire, tombent cependant vite en désaccord avec la plupart des autres membres du parti, plus modérés, menée par Babrak Karmal et Mir Akbar Khyber, à qui ils vouent une haine féroce. Le parti éclate en deux tendances rivales, le Khalq («le peuple»), d'ethnie majoritairement pachtoune, et le Parcham («le drapeau») plus modérée, d'ethnie majoritairement persane. Les Khalqis sont généralement issu d'un milieu rural et assez modeste, tandis que les parchamis sont plutôt issus de la bourgeoisie urbaine.
Réélu député en 1969, il se concentre sur le recrutement de membres au sein du corps enseignant et estudiantin, puis sur la pénétration de l'armée. Beaucoup d'officiers étants formés en URSS, alors très proche de l'Afghanistan, Amin reçoit l'aide des services de renseignements soviétiques pour recruter de jeunes officiers. La proportion de militaires au sein du Khalq devient particulièrement significative après 1973, lorsque beaucoup d'officiers, après avoir aidé Daoud Khan à reprendre le pouvoir, sont déçus par la tournure du régime. Amin devient ainsi une figure-clé au sein du parti[2].
Arrivée au pouvoir
En , il prend, sans le soutien de Moscou, le pouvoir après l'assassinat de son prédécesseur Nour Mohammad Taraki[3]. Il dirige le pays d'une main de fer[4],[5]; ainsi des milliers d'opposants politiques, y compris des membres de la tendance Parcham, sont assassinés ou emprisonnés.
Première tentative d'assassinat
Durant le mois de décembre 1979, des agents du KGB intègre la garde nationale présidentielle censée protéger le palais contre de potentielles forces contre-révolutionnaires. Selon le témoignage du général soviétique Valery Vostrotine, l'objectif non déclaré était d'éliminer le gouvernement afghan[6].
Un agent déguisé en cuisinier est alors introduit par le KGB au sein du palais présidentiel de Kaboul avec pour mission d'empoisonner le nouveau président Amin et ses proches collaborateurs. Très populaire au sein des élites afghanes, le Coca-Cola est largement consommé lors du repas, ce qui va sauver la vie du président afghan. Les convives présents au diner furent lourdement intoxiqués mais survécurent grâce aux composés acides présents dans le Coca-Cola et qui, en attaquant le poison lui fit perdre en létalité[7].
Il est remplacé au pouvoir par Babrak Karmal[12]. C'est avec ce changement que va commencer la résistance afghane des Moudjahidines car l'arrivée des Soviétiques était alors vue comme une invasion étrangère du pays.
↑(en) Anthony Arnold, Afghanistan's two-party communism, Hoover Institution press, , 263p. (lire en ligne), p.37-51
↑«• L'ancien président Taraki est mort • Moscou affirme son soutien à M. Amin», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑«M. Hafizullah Amin: le véritable "homme fort" de la révolution», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑«La guerre civile en Afghanistan», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑Afghanistan, la Guerre qui a Changé le Monde, réalisé par Gulya Mirzoeva, écrit par Gulya Mirzoeva, production Point du Jour International, ARTE France, 2014, ISAN 0000-0003-5ED7-0000-Q-0000-0000-X.
↑«POINT/L'AVENIR DE L'AFGHANISTAN Quatorze ans de guerre», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑«1979: l'URSS en Afghanistan, dix ans de sale guerre», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑«Afghanistan Washington " rejette catégoriquement " les accusations de Kaboul sur l'appartenance de l'ancien président Amin à la C.I.A.», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑«• AFGHANISTAN M. Karmal a pris le pouvoir avec l'aide militaire de l'U.R.S.S. • L'ancien président Amin a été exécuté • Des combats de rue ont eu lieu à Kaboul», Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )