Hale Woodruff
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New York
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 80 ans) New York |
| Nom de naissance |
Hale Aspacio Woodruff |
| Pseudonyme |
Woodruff, Hale Aspacio |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation | |
| Maître | |
| Représenté par | |
| Élève | |
| Mouvement | |
| Conjoint |
Theresa Ada Baker |
| Enfant |
Roy |
| Distinction |
Prix de la fondation William E. Harmon pour accomplissement exceptionnel parmi les Afro-Américains (en) |
Hale Aspacio Woodruff, né le à Cairo et décédé le à New York, est un artiste peintre américain connu pour ses peintures murales ainsi que ses tableaux.
Woodruff naît le à Cairo. Il grandit au sein d'une famille noire à Nashville, où il fréquente les écoles locales ségréguées[1]. Il étudie à la Herron School of Art and Design d'Indianapolis, à l'Art Institute of Chicago et au Harvard Fogg Art Museum.
En 1926, Woodruff remporte un prix de la Fondation Harmon qui lui permet de passer quatre « années cruciales à étudier à Paris de 1927 à 1931 »[2]. Il étudie à l'Académie Scandinave ainsi qu'à l'Académie Moderne. Il apprend aussi dans les musées de la ville, tout en faisant la connaissance d'autres expatriés, dont Henry Ossawa Tanner, l'artiste afro-américain éminent. Woodruff rencontre des figures de proue de l'avant-garde française et commence à collectionner l'art africain, qui sera une source d'inspiration pour de nombreux autres modernistes, y compris Pablo Picasso.
En 1931, il retourne aux États-Unis et épouse Theresa Ada Baker. Ils accueilleront un fils : Roy[3].
Carrière artistique
Woodruff retourne aux États-Unis à contrecœur en raison des difficultés financières de la Grande Dépression. Il travaille comme professeur d'art pour subvenir à ses besoins[4]. En 1931, il commence à enseigner l'art à l'université Clark d'Atlanta (en), une université historiquement noire, et a fini par créer un département dont il est le président et qui constitue le cœur de la collection d'art de l'université. Il enseigne au lycée d'application de l'université, ainsi qu'aux étudiantes de Morehouse et Spelman, un établissement affilié réservé aux femmes noires. Il fonde le concours annuel de l'Université d'Atlanta, Atlanta University Annual Exhibition of Paintings, Sculpture, and Prints by Negro Artists (Exposition annuelle de peintures, sculptures et estampes d'artistes noirs de l'Université d'Atlanta), qui met en lumière de nombreux artistes afro-américains. Ce concours a eu lieu de 1942 à 1970[5].
En 1936, Woodruff se rend au Mexique afin d'étudier comme apprenti auprès du célèbre muraliste Diego Rivera, apprendre sa technique de fresque et s'intéresser à la représentation des figures[2]. Il retourne à Atlanta et continue d'enseigner. Il commence à se rendre au Talladega College en Alabama pour enseigner et travailler sur une commande pour une série de fresques.
Après son retour aux États-Unis en 1936, Woodruff applique sa compréhension du postimpressionnisme et du cubisme à la peinture et à la gravure à des fins de plaidoyer social. Woodruff s'inspire du racisme et de la pauvreté auxquels sont confrontés les Afro-Américains du Sud au cours de la Grande Dépression[6].
Au printemps 1938, Woodruff a été chargé de réaliser une série de peintures murales pour le hall de la bibliothèque Savery du Talladega College en Alabama[7].
La première de ces peintures murales, qui se compose de trois panneaux sur le mur ouest du hall d'entrée, commémore une révolte des esclaves Mende ayant eu lieu sur le négrier espagnol La Amistad. Le premier panneau, intitulé The Mutiny Aboard the Amistad, 1839 (« La mutinerie à bord de l'Amistad, 1839 »), dépeint la mêlée lorsque les esclaves prennent le contrôle du bateau. Le second panneau, The Amistad Slaves on Trial at New Haven, Connecticut, 1840 (« Les esclaves de l'Amistad jugés à New Haven, Connecticut, 1840 »), montre l'affaire qui s'ensuivit devant la Cour suprême des États-Unis, États-Unis contre l'Amistad. Dans le troisième panneau, The Return to Africa, 1842 (« Le Retour en Afrique, 1842 »), nous voyons le rapatriement ultérieur des anciens esclaves au Mendiland.
Ces peintures murales témoignent de la maîtrise de la composition dont Woodruff fait preuve. Par exemple, dans le premier panneau :
La puissance du combat est accentuée par les groupes de figures qui confèrent à la composition son équilibre et sa stabilité visuelle. Le mouvement circulaire des corps augmente la scène de la lutte... Les personnages sont conçus de manière à se superposer, de sorte qu'ils apparaissent comme une seule unité complète se déplaçant de la gauche vers la droite, amenant le regard vers le marin en fuite, qui réapparaît dans le deuxième panneau en tant qu'accusateur.
Une image du bateau est intégrée à un motif du sol du hall d'entrée de la bibliothèque. La tradition universitaire interdit de marcher « sur » le bateau, en dépit de son emplacement central. La bibliothèque détient une autre série de trois peintures murales de Woodruff explorant des événements liés au rôle des universités noires dans l'histoire afro-américaine, dont l'inscription des affranchis après la guerre de Sécession et la construction des bâtiments du campus.
Woodruff peint deux autres peintures murales qui subsistent, bien qu'il ne s'agisse pas de fresques mais d'huiles sur toile de dimensions monumentales. The Negro in California History--Settlement and Development (« Le Noir dans l'histoire de la Californie : peuplement et développement »), réalisé en 1949, est l'un des deux panneaux commandés par la Golden State Mutual Life Insurance Company à Los Angeles ; l'autre panneau est conçu par Charles Alston. Woodruff réalise également six panneaux vers 1950-1951 appelé Art of the Negro (« L'art du Nègre »), désormais exposés dans les galeries d'art de l'université Clark Atlanta[8].
En 1942, alors même que la Seconde Guerre mondiale fait rage, Woodruff lance les Atlanta University Art Annuals, une exposition et un concours organisés jusqu'en 1970. Ces 29 expositions nationales d'art constituent un lieu d'expression essentiel pour les artistes noirs[8].
En 1946, Woodruff intègre le corps professoral de l'Université de New York à Manhattan. Il y enseigne pendant plus d'une vingtaine d'années avant de prendre sa retraite en 1968. Malkia Roberts compte parmi ses nombreux étudiants new-yorkais.
Durant les années 1950, Woodruff a réalisé trois expositions individuelles à la galerie Bertha Schaefer.
Woodruff meurt à New York le .