Hannah Adams
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Hannah Adams, né le à Medfield et morte le à Brookline, est l'auteure d'ouvrages de religion comparée et d'histoire des débuts des États-Unis. Elle est la première femme aux États-Unis ayant travaillé comme écrivain professionnel[1].
Née dans une « humble obscurité » dans une ville campagnarde retirée, en partie autodidacte, Hannah vit à une époque où les femmes, dans la Nouvelle-Angleterre, reçoivent rarement une éducation. Souffrant d'une mauvaise santé, souvent pauvre et obligée de recourir à divers emplois pour subvenir à ses besoins, elle poursuit ses études avec ténacité[2]. Son père, ayant étudié au Harvard College, tient une petite épicerie de campagne, où il vend notamment des livres. Il accueille également quelques étudiants en théologie, auprès desquels Adams apprend le grec et le latin, qu'elle enseigne ensuite[3].
Le premier ouvrage d'Adams, A View of Religions (« Un point de vue sur les religions »), paraît en 1784 avec une deuxième édition augmentée en 1791. Les revenus qu'elle en tire lui assurent non seulement une situation confortable, mais lui permettent également de rembourser les dettes contractées pendant sa maladie et celle de sa sœur, et de prêter une petite somme avec intérêts. En 1799, A Summary History of New-England (« Histoire abrégée de la Nouvelle-Angleterre ») paraît. En rassemblant les documents nécessaires à cet ouvrage, parmi de vieux manuscrits, elle se blesse gravement la vue et doit employer un copiste pour préparer l'exemplaire pour les imprimeurs. Son ouvrage le plus complet, The History of the Jews since the destruction of Jerusalem (« L'histoire des Juifs depuis la destruction de Jérusalem »), est réimprimé à Londres en 1818 aux frais et au profit de la Church's Ministry Among Jewish People (Le ministère de l'Église auprès du peuple juif). Elle commence une autobiographie, qui paraîtra après sa mort par Hannah Farnham Sawyer Lee[4]. Durant les dernières années de sa vie, elle bénéficie d'une annuité confortable, constituée par ses amis[3].
Le , à Medfield, Thomas Adams et Elizabeth Clark donnent naissance à leur deuxième enfant, Hannah[4]. Adams appartient à une famille qui détient depuis des générations d'importantes fiducies dans sa ville natale. Son ancêtre, Henry Adams, est l'un des fondateurs de la ville[5]. Son grand-père est un propriétaire foncier. Ayant préparé son fils unique, Thomas — le père d'Hannah — à entrer à Harvard, il s'oppose fermement à son départ, souhaitant, compte tenu de sa santé fragile, qu'il s'installe dans sa grande ferme. Étudiant dans l'âme et peu friand des activités agricoles, Thomas reste à la ferme et ouvre une boutique pour la vente de livres et de produits anglais. En 1750, il épouse Elizabeth Clark, qui décède lorsque Hannah a 11 ans, laissant cinq enfants. La charge d'Hannah et de sa jeune sœur incombe à l'aînée, Elizabeth, surnommée « Betty ».
Hannah est une enfant extrêmement timide. De santé fragile, elle ne fréquente pas l'école du quartier, mais, sous la tutelle de son père, elle apprend à la maison, notamment à lire, à écrire et à compter. Elle est passionnée de poésie et récite de nombreuses œuvres de ses poètes favoris : Milton, Thomson et Young, parmi d'autres[2]. Elle ne néglige ni l'histoire ni la biographie, où elle trouve, comme elle le dit, une source inépuisable pour « nourrir son esprit et satisfaire ses goûts ». Elle affectionne les romans, dont la lecture, dans la solitude de sa jeunesse, lui donne, dira-t-elle plus tard, une vision erronée de la vie, « le monde que son imagination avait créé n'étant pas le monde réel ». En effet, toute sa vie, elle ressent le manque de formation approfondie dans sa jeunesse. À vingt ans, peu de femmes de l'époque lisent autant qu'elle. Passionnée de littérature, elle accepte avec enthousiasme la proposition de quelques messieurs logeant chez son père de lui enseigner le latin, le grec, la géographie et la logique[3].
Quelques années après le décès de sa mère, son père échoue en affaires. Bien que bénéficiant du soutien de sa sœur Elizabeth, Hannah ressent le besoin d'apporter sa propre contribution à l'aide familiale. Elle se tourne alors vers la couture, le tricot et le filage, mais trouve le plus grand profit dans le tissage de dentelle aux fuseaux. Cependant, après la guerre d'Indépendance, lorsque la dentelle est importée, cette source de revenus s'épuise et elle se retrouve dans une situation désespérée. C'est alors qu'elle trouve un soutien financier en enseignant le grec et le latin à trois jeunes hommes vivant près de chez elle. L'un d'eux, Pitt Clarke, sera plus tard pasteur de l'église de Norton, dans le Massachusetts, pendant plus de quarante ans. Dans son autobiographie publiée dans l'« Histoire de Norton », il dit, à propos d'Adams : « C'est principalement grâce à son enseignement que j'ai pu me préparer à l'université et que j'ai été admis à l'université de Cambridge en . » Son père trouve du réconfort dans les livres malgré ses malheurs et est le plus heureux lorsqu'il se rend à la bibliothèque de Harvard. Un jour, en entrant dans le bâtiment, il s'exclame : « Je préfère être bibliothécaire de Harvard qu'empereur de toutes les Russies [2]! »
Carrière
Durant la guerre d'Indépendance américaine, elle travaille pour subvenir aux besoins de sa famille en cousant, tricotant, filant et tissant de la dentelle aux fuseaux. C'est de la dentelle qu'elle tire le plus de revenus, et lorsque, après la Révolution, cette source de revenus vient à manquer, la dentelle étant alors importée, elle rencontre des difficultés financières. Peu de temps après, elle a l'opportunité de donner des cours particuliers de latin et de grec à trois jeunes hommes de son quartier et ce travail est si bien fait que l'un d'eux déclare par la suite que ses cours particuliers lui ont principalement servi à financer ses études supérieures[2],[4].
Ses écrits lui rapportent peu d'argent, mais lui assurent la célébrité et de nombreux amis, au premier rang desquels l'abbé Grégoire, avec lequel elle entretient une correspondance suivie. La qualité de ses travaux lui vaut également le respect et l'amitié de plusieurs intellectuels bostonniens de renom, notamment William Smith Shaw et Joseph Stevens Buckminster. Ces hommes allaient bientôt fonder l'Anthology Society, précurseur du Boston Athenæum, et devenir les alliés et mécènes indéfectibles d'Adams, lui accordant en 1809 une modeste rente qui la maintiendrait hors de la pauvreté. Le soutien de ces messieurs lui est précieux en préparant History of the Jews[4].
Adams est la première auteure professionnelle à être membre du Boston Athenæum, où sont conservés certaines de ses lettres, les premières éditions de ses livres et son portrait par Chester Harding. Son autobiographie, éditée et enrichie par Lee, paraît à Boston en 1832[4].
Vie privée
Adams est une invitée prisée de la société de Nouvelle-Angleterre et a même séjourné une fois pendant deux semaines chez son cousin éloigné, le président John Adams. Elle se décrit elle-même comme chrétienne unitarienne[4]. Shaw et ses amis souscrivent à une cagnotte pour apporter un soutien financier à Adams et intercéder en sa faveur dans son conflit de 1804 avec le révérend Jedidiah Morse[6].
Lors de cette visite à Boston, j'appris à ma grande surprise qu'un groupe de bienfaiteurs m'avait octroyé une rente viagère afin de me soulager des difficultés que j'avais endurées jusqu'alors. L'honorable Josiah Quincy, Stephen Higginson et William Shaw comptèrent parmi les premiers à en être les promoteurs. Cette intervention providentielle suscita en moi une profonde gratitude envers mes généreux bienfaiteurs, et j'espère avoir pleinement ressenti ma dette envers la source de tout bien[4].
Lee, l'amie ayant contribué à la rédaction des mémoires d'Adams, ajoute :
Après que le révérend docteur Joseph Stevens Buckminster soit devenu pasteur de l'église de Brattle Street, lui, avec M. Higginson et M. Shaw, le fondateur actif de l'Athenæum, proposa à Mlle Adams, qui, en raison d'une constitution affaiblie, avait commencé à devenir infirme, de déménager à Boston ; obtenant en même temps pour elle, grâce à la souscription généreuse de quelques messieurs, une rente viagère[4].
Sa maison natale est préservée à Medfield. Sa dépouille repose au cimetière de Mount Auburn à Cambridge, dans le Massachusetts depuis le . Son monument « proclame à tort » qu'elle est la « Première Locataire » du cimetière, mais elle est en réalité la neuvième[7].