Hans-Hermann Hoppe
philosophe et économiste anarcho-capitaliste américain d'origine allemande
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Hans-Hermann Hoppe, né le à Peine (Basse-Saxe), est un philosophe et économiste américain d'origine allemande.
| Naissance | |
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| Activités |
Économiste, écrivain, professeur d'université, philosophe, économiste |
| A travaillé pour |
Property and Freedom Society (en) (depuis ) Journal of Libertarian Studies (- Université du Nevada à Las Vegas (- The Johns Hopkins University SAIS Bologna Center (en) Université Johns-Hopkins |
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| Idéologie |
Anarcho-capitalisme, école autrichienne d'économie, conservatisme culturel (en), paléo-libertarianisme |
| Mouvements | |
| Maître | |
| Directeur de thèse | |
| Influencé par | |
| Site web |
(en) www.hanshoppe.com |
| Distinction |
Democracy: The God That Failed, A Theory of Socialism and Capitalism (d), The Economics and Ethics of Private Property (d), The Myth of National Defense (d) |
Interprète parmi les plus éminents de l'économie dite « autrichienne », il se dit anarcho-capitaliste et à défaut, « monarchiste héréditaire » au sens comparatif développé dans son ouvrage Democracy: The God That Failed[1].
Biographie
Formation
Hans-Hermann Hoppe étudie à l'université de la Sarre et à l'université Goethe de Francfort-sur-le-Main, où il fait ses études en philosophie, sociologie, histoire et économie. Il a suivi l'enseignement de Jürgen Habermas, l'un des intellectuels allemands les plus éminents de l'après-guerre, mais a fini par rejeter les idées de ce dernier ainsi que la gauche européenne en général, les considérant comme « intellectuellement stériles et moralement en faillite ». Il obtient un doctorat en philosophie en 1974 et a effectué un séjour de recherche postdoctorale à l'Université du Michigan à Ann Arbor entre 1976 et 1978 et a obtenu son habilitation à diriger des recherches dans le domaine des fondements de la sociologie et de l'économie à l'Université de Francfort en 1981.
Carrière
Par la suite, il enseigne dans plusieurs universités allemandes ainsi qu'à l'université Johns-Hopkins, aux États-Unis, et au Bologna Center for Advanced International Studies, en Italie.
En 1986, il part aux États-Unis pour étudier avec Murray Rothbard, avec lequel il s’associera à cette période où il commencera à développer un intérêt libertarien.
Hoppe a décrit Murray Rothbard comme son « principal enseignant, mentor et maître ». C'est par l'intermédiaire de Rothbard que Hoppe s'est rendu aux États-Unis grâce à une bourse du Center for Libertarian Studies ; Rothbard lui a également obtenu un poste à l'UNLV[2]. Hoppe a déclaré avoir « travaillé et vécu à ses côtés, dans un contact personnel constant et direct », et considérait Rothbard comme un « très cher ami paternel » de 1985 jusqu'à la mort de ce dernier en 1995[3].
Hoppe a également enseigné l'économie à l'université du Nevada à Las Vegas[4]. Auteur de nombreux livres et articles, son nom est surtout associé à sa démonstration de la propriété de soi comme fondement des droits individuels, qui se fonde sur une interprétation originale de l'« éthique du discours » de Jürgen Habermas.
Fondation du “Property and Freedom Society”
Il fonde en 2006 la Property and Freedom Society (en), un cercle libertarien qu'il décrit comme dédié à un « radicalisme intellectuel sans concession »[4],[5]. Il organise des conférences annuelles à Bodrum, en Turquie. Avec le Mises Institute, elle représente une alternative paléolibertarienne à la Société du Mont-Pèlerin, que Hoppe voyait trop influencée par Milton Friedman, et au réseau de think tanks Atlas. En 2011, à l’occasion du cinquième anniversaire du PFS, Hoppe est revenu sur ses objectifs : « D’une part, positivement, il s’agissait d’expliquer et d’élucider les exigences et les caractéristiques juridiques, économiques, cognitives et culturelles d’un ordre naturel libre et sans État. D’autre part, négativement, il s’agissait de démasquer l’État et de le montrer pour ce qu’il est réellement : une institution dirigée par des bandes d’assassins, de pillards et de voleurs, entourée de bourreaux, de propagandistes, de flagorneurs, d’escrocs, de menteurs, de clowns, de charlatans, de dupes et d’idiots utiles – une institution qui souille et corrompt tout ce qu’elle touche. »[6].
Contributions à la pensée sociale
Dans Democracy: The God That Failed, Hoppe défend l’idée d’un « ordre libertarien » fondé sur la propriété privée et la liberté d’association contractuelle. Il soutient notamment que, dans une société composée de communautés et de propriétés privées, les propriétaires pourraient déterminer librement les conditions d’accès à leurs biens et à leurs communautés. Il écrit ainsi :
« les villes et villages puissent et veulent faire ce qu'ils faisaient naturellement jusqu'au XIXe siècle en Europe et aux États-Unis : afficher des panneaux indiquant les conditions d'entrée dans la ville, et une fois en ville des panneaux indiquant les conditions pour entrer dans des propriétés spécifiques (pas de mendiants, de clochards ou de sans-abri, mais aussi pas de musulmans, d'hindous, de juifs, de catholiques, etc.) ; expulser ceux qui ne remplissent pas ces conditions comme des intrus…[5] »
Se réclamant, comme Ludwig von Mises, de la tradition philosophique de Emmanuel Kant, Hoppe insiste, à l’instar de Murray Rothbard et d’autres économistes de l’école autrichienne, sur l’appartenance de la théorie sociale à la philosophie, entendue comme un ensemble d’énoncés généraux sur la pensée et l’action humaines déduits de leur nature et ne relevant pas de la méthode expérimentale.
À l’image de Mises en économie et de Rothbard en économie et en philosophie politique, il développe sa pensée sous la forme de systèmes déductifs qu’il présente comme cohérents.
Démonstration a priori de la propriété naturelle
L’une des contributions théoriques majeures de Hans-Hermann Hoppe consiste à chercher à identifier les présupposés logiques implicites de certains énoncés et pratiques argumentatives, afin d’en déduire des principes normatifs. Il soutient ainsi qu’une théorie politique cohérente doit être fondée sur une théorie des droits de propriété :
« […] toute philosophie politique qui n'est pas construite comme une théorie des droits de propriété passe complètement à côté de son objet et doit par conséquent être rejetée d'emblée comme un verbiage dépourvu de sens pour une théorie de l'action[7]. »
À partir de ce qu’il nomme l’éthique de l’argumentation, Hoppe affirme que tout acte d’argumentation présuppose implicitement que les participants disposent du contrôle exclusif de leur propre corps. Il en déduit qu’il est contradictoire de nier le principe de propriété de soi tout en participant à une argumentation. À partir de ce principe, il développe également une théorie de la propriété des biens acquis légitimement, selon laquelle nul ne peut disposer des biens d’autrui sans son consentement. Selon lui, ce principe constitue le fondement d’une morale sociale naturelle et d’une philosophie politique libérale cohérente.
Hoppe soutient par ailleurs que la propriété privée est indissociable de la liberté individuelle et que son respect constitue une condition nécessaire à la coopération pacifique. À l’inverse, il considère que la propriété publique, incluant les services publics et le domaine public, engendre des conflits d’intérêts structurels entre les différents acteurs qui revendiquent ou exercent un contrôle sur ces ressources, notamment entre les citoyens, considérés comme copropriétaires théoriques, et les représentants de l’État qui en assurent la gestion effective.
Critique de la règle majoritaire
Selon Hans-Hermann Hoppe, la démocratie peut être analysée non comme une simple participation politique, mais comme un système institutionnel fondé sur la règle majoritaire appliquée à la gestion des ressources publiques. Cette interprétation est notamment développée dans Democracy: The God That Failed.
Dans ce cadre théorique, Hoppe oppose la démocratie à la monarchie en mobilisant la notion de préférence temporelle issue de l’école autrichienne, selon laquelle les individus privilégient généralement la satisfaction immédiate à la satisfaction différée[8]. Il soutient que les dirigeants démocratiquement élus disposent d’un horizon temporel limité en raison de la durée de leurs mandats et de l’absence de propriété durable sur les ressources qu’ils administrent, ce qui les inciterait à privilégier des politiques de court terme.
À l’inverse, il avance que le monarque, en tant que détenteur héréditaire du contrôle du territoire, aurait davantage intérêt à préserver la valeur à long terme des ressources administrées, dans la mesure où celles-ci constitueraient un capital transmissible.
Ces thèses ont été discutées dans la littérature académique, certains auteurs soulignant qu’elles reposent sur une analogie contestée entre propriété privée et souveraineté politique, et sur une hypothèse non démontrée d’équivalence entre structure institutionnelle et horizon temporel des décideurs.
Distinguer la société civile de la société politique
Ayant disqualifié la plus grande partie de l'État au nom même du droit naturel, Hoppe est bien placé pour critiquer la confusion, potentiellement totalitaire, entre la société civile, qui se joue des frontières et peut englober le monde entier, et la société politique, qui implique de prétendre à des droits exclusifs sur un territoire.
Cela lui inspire d'opposer l'intégration économique et sociale, fondée sur le développement des échanges, et l'unification politique qui, dans la plupart des cas, est forcée. Celle-ci ne vient donc pas d'une association volontaire mais d'une violation des droits de propriété : développement des propriétés « publiques » à partir de celle des impôts, admission d'étrangers[9] contre l'opinion majoritaire et interdictions de « discriminer », comme si les citoyens privés étaient des fonctionnaires d'État.
Publications
Ouvrages originaux
- (de) Handeln und Erkennen. Zur Kritik des Empirismus am Beispiel der Philosophie David Humes (Bern: Peter Lang, 1976).
- (de) Kritik der kausalwissenschaftlichen Sozialforschung. Untersuchungen zur Grundlegung von Soziologie und Ökonomie (Opladen: Westdeutscher Verlag, 1983).
- (de) Eigentum, Anarchie und Staat. Studien zur Theorie des Kapitalismus (Opladen: Westdeutscher Verlag, 1987).
- (en) Democracy : The God That Failed, New Brunswick, Transaction Publisher,
- (en) The Economics and Ethics of Private Property : Studies in Political Economy and Philosophy, Auburn, Ludwig von Mises Institute,
- (en) Economic Science and the Austrian Method, Auburn, Ludwig von Mises Institute,
- (en) A Theory of Socialism and Capitalism, Auburn, Ludwig von Mises Institute,
Ouvrages traduits en français
- La Grande Fiction : L’État, cet imposteur (trad. de l'anglais), Fleurance, éd. Le Drapeau blanc, , 202 p. (ISBN 979-10-93228-06-8)
- Démocratie, le dieu qui a échoué [« Democracy: the God That Failed »], , 85 p. (ISBN 978-1-0778-6632-4, lire en ligne
) - Science économique et méthodologie autrichienne [« Economic Science and the Austrian Method »], , 88 p. (ISBN 978-1-0810-6991-9)
- De l’aristocratie à la monarchie à la démocratie : un conte de folie et de déclin moraux et économiques, , 99 p. (ISBN 979-8653997631)
- Bien comprendre le libertarianisme, , 99 p. (ISBN 979-8653997631)
