Harue Kitamura

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Harue Kitamura (北村 春江, Kitamura Harue?), née le dans l'arrondissement de Sakyō de la ville de Kyoto et morte le à Nishinomiya, est une avocate et femme politique japonaise. Élue maire d'Ashiya durant les élections régionales de 1991 (ja), elle devient la première mairesse d'une ville au Japon. Réélue à deux reprises, elle coordonne notamment les opérations de secours à Ashiya après le séisme de Hanshin de 1995, et prendra sa retraite de la vie politique en 2003.

Élection (ja)
Réélection (ja)
 (ja)
PrédécesseurKōroku Yamamura
SuccesseurKen Yamanaka (ja)
Faits en bref Fonctions, Mairesse d'Ashiya ...
Harue Kitamura
Fonctions
Mairesse d'Ashiya

(12 ans, 1 mois et 14 jours)
Élection  (ja)
Réélection  (ja)
 (ja)
Prédécesseur Kōroku Yamamura
Successeur Ken Yamanaka (ja)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sakyō-ku, Kyoto, préfecture de Kyoto
Date de décès (à 93 ans)
Lieu de décès Nishinomiya, préfecture de Hyōgo
Nationalité Japonaise
Parti politique Sans étiquette
Diplômé de Université de Ritsumeikan
Profession Avocate

Image illustrative de l’article Harue Kitamura
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Biographie

Jeunesse et débuts de carrière

Harue Kitamura naît le de la 3e année de l'ère Shōwa (1928)[1],[2] dans l'arrondissement de Sakyō, à Kyoto[3],[4]. Elle grandit cependant dans la préfecture d'Osaka[3] et intègre un collège pour filles en 1941[3]. Durant ses années de collège, le pays était en pleine mobilisation dû à la Seconde Guerre mondiale et elle avait eu beaucoup de difficulté à étudier et à apprendre, dû au peu de cours disponibles pour les étudiants mobilisés comme elle[3],[4]. Elle parvient néanmoins à compléter ses études secondaires en 1945[3]. Elle s'inscrit alors au Collège professionnel de Ritsumeikan (立命館専門学校), puis rejoint le département de droit de l'université de Ritsumeikan[3]. Elle était alors l'une des dix seules filles étudiantes à l'université[3]. Entrée sur le marché du travail après l'obtention de son diplôme en 1952, elle se rend compte rapidement que les emplois pour femmes n'étaient pas équivalents à ceux des femmes et les femmes étaient souvent reléguées à servir le thé[3]. Voulant trouver un emploi où elle pouvait être acceptée comme femme au même statut que les hommes, elle à commence à étudier pour passer l'examen du Barreau (ja) pour devenir avocate[3]. Étudiant la nuit et travaillant le jour, elle passe l'examen après quatre ans d'études, en 1956, devenant la première femme ayant étudié à l'université de Ritsumeikan à le passer[3],[4].

Même après être devenue avocate, Kitamura a continué à rencontrer des obstacles dû au fait qu'elle est une femme[3]. Peu de femmes pratiquant le métier, il lui était difficile de trouver un cabinet voulant l'accepter, d'autant plus que plusieurs clients ne lui faisaient pas confiance[3]. Elle affirme que ses débuts en tant qu'avocate étaient difficiles[3]. Dans le cabinet où elle travaillait, elle travaille avec Iwao Kitamura (北村 巌), qu'elle finit par épouser et avec qui elle aura deux enfants[3]. Elle travaille en outre en tant que médiatrice au tribunal de la famille d'Osaka[3]. Elle s'établit avec Iwao à Ashiya, dans la préfecture de Hyōgo, voisine d'Osaka, pour servir en tant que membre de la commission scolaire locale[3] et comme membre de la commission d'urbanisme[2]. Elle est devenue membre de la commission scolaire d'Ashiya en 1979 pour s'attaquer aux nombreux problèmes que rencontrait la ville au niveau de l'éducation, dont la baisse des résultats scolaires des étudiants, le tabagisme étudiant et le vandalisme[3],[4],[5]. Elle en est aussi sa présidente pendant deux ans[5]. Remarquée pour son travail, elle est approchée par plusieurs membres de la commission scolaire et plusieurs mères d'élèves, qui voulaient que les problèmes académiques soient pris au sérieux[3],[5]. Considérant que le problème pouvait seulement être résolu si le maire actuel était remplacé, elles lui avait proposé de se présenter aux prochaines élections municipales pour mettre en place une réforme de l'éducation[3]. Kitamura accepte trois mois avant les prochaines élections municipales, et reçoit le soutien de nombreuses femmes d'Ashiya, qui l'aideront dans sa campagne électorale, en dépit des critiques de certains locaux[3],[4],[5]. Elle attribue la possibilité qu'elle ait pu se présenter comme candidate aux femmes qui l'ont précédé dans la politique de la préfecture de Hyōgo, comme Takako Doi[6].

Mairesse d'Ashiya

Elle est élue mairesse d'Ashiya le [3],[4],[7],[2] avec une avance de 1 773 voix face au maire sortant Kōroku Yamamura, qui affirme après sa défaite l'avoir sous-estimée[4],[6]. Elle est investie le et travaille pour la première fois le [8]. Son premier défi majeur en tant que mairesse survient dans la dernière année de son premier mandat, lorsque Ashiya et l'entièreté région de Kobe sont frappées par un séisme majeur, causant la mort de 444 locaux d'Ashiya et la destruction de 7 739 résidences[3],[4]. Même si les séismes sont fréquents au Japon, il s'agit alors du premier séisme majeur dans la région depuis longtemps[3]. Kitamura se rend alors compte qu'Ashiya, durement touchée par le tremblement de terre, avait un plan de prévention de catastrophes sous-préparé, adéquat seulement si tout le personnel était présent et si les dégâts étaient mineurs[3],[4]. Elle s'est tout de même concentrée sur la coordination des opérations de secours et a dormi sur place à la mairie pendant deux mois, sa maison ayant aussi été détruite durant le séisme[3],[9],[4]. Elle a établi plusieurs refuges de fortune avec les forces japonaises d'autodéfense et une ville voisine[3]. Les militaires des bases américaines au Japon avait aussi offert leur aide aux sinistrés et Kitamura affirme avoir regretté n'avoir pas été au courant de l'offre[6]. Kitamura a aussi téléphoné les maires d'Izumo, Beppu et Osaka pour obtenir de l'aide alimentaire aux sinistrés[6]. Elle a plus tard décidé de préparer un nouveau plan de prévention de catastrophes pour Ashiya[3]. Son projet de réaménagement municipal a cependant rencontré l'opposition des locaux et le budget du projet avait été rejeté, tandis que son maire adjoint avait été arrêté pour avoir accepté des pot-de-vin[4]. L'opposition municipale de Kōroku Yamamura a aussi critiqué sa gestion après-sinistre, mais Kitamura s'est défendue, expliquant avoir rencontré des difficultés avec la bureaucratie en place et accusant l'opposition de l'avoir visée parce qu'elle est une femme[6]. Elle est réélue aux élections municipales du , alors qu'Ashiya est encore en reconstruction[3], l'emportant à nouveau sur Yamamura[10]. Les locaux ne la considéraient plus seulement comme une femme, mais la remarquaient pour ses qualités humaines, ce que Kitamura a pu ressentir[3]. Réélue le , elle annonce prendre sa retraite, qui survient le à l'aube des élections de 2003, ayant jugé que la ville s'était suffisamment relevée du fardeau du séisme de 1995[3],[9],[11]. Ayant été économiquement prospère avant 1995, la ville avait été plongée dans un fort déficit financier peu après le séisme, mais s'est peu à peu remis dans les années qui ont suivi[3].

Vie après la politique et vie privée

Même après sa retraite, elle continue d'être une défenseuse des droits des femmes dans le milieu du travail[3],[4]. Elle donne plusieurs conférences sur le sujet des tremblements de terre et les inégalités hommes-femmes dans le milieu légal et dans la société[4]. Après son départ de la vie politique, Kitamura continue de travailler en tant qu'avocate à son cabinet à Osaka[4]. Elle meurt le à 9h44 d'une pneumopathie d'inhalation dans un hôpital de Nishinomiya, ville voisine d'Ashiya, à l'âge de 93 ans[4],[12]. En , elle avait souffert d'un infarctus cérébral et sa santé s'était dégradée peu après[4],[13].

Elle résidait au numéro 6, du 33e bloc du quartier d'Asahigaoka-chō (ja) (朝日ケ丘町)[4],[2]. Elle épouse Iwao Kitamura (北村 巌), né en 1931 et originaire de la préfecture de Nara et prend son nom de famille, et a avec lui deux fils, dont Atsushi (篤)[4],[14].

Résultats électoraux

Davantage d’informations Candidat, Parti ...
Élection municipale du  (ja) à Ashiya[15],[16]
Suffrages exprimés 37 016
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Harue Kitamura (sortante) (réélue) Indépendante[N 1] 29 335 79,25 %
Katsumi Kitamura Indépendant[N 2] 7 681 20,75 %
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Davantage d’informations Candidat, Parti ...
Élection municipale du  (ja) à Ashiya[15],[17],[18]
Suffrages exprimés 39 613
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Harue Kitamura (sortante) (réélue) Indépendante[N 3] 24 799 62,6 %
Kōroku Yamamura Indépendant[N 4] 10 183 25,71 %
Shioji Tahara Indépendant 3 904 9,86 %
Shōzō Suzuki Indépendant 727 1,84 %
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Davantage d’informations Candidat, Parti ...
Élection municipale du  (ja) à Ashiya[15],[19],[2]
Suffrages exprimés 35 075
Candidat Parti Suffrages Pourcentage
Harue Kitamura (élue) Indépendante 18 424 52,53 %
Kōroku Yamamura (sortant) Indépendant[N 5] 16 651 47,47 %
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Distinctions

Publications

  • [collectif] (ja) Fukuko Sakamoto, Noriko Ōmori, Katsuko Terasawa, Michiko Hatakeyama, Mariko Awaya, Kamiya Kankichirō et al., « 第3分科会基調報告 (第26回人権擁護大会シンポジウム) », 自由と正義, 日本弁護士連合会, vol. 34, no 8, , pp. 121-130 (ISSN 0447-7480).
  • (ja) Harue Kitamura, « 家族の変容と婦人問題 : 現代日本の国家と法 », 講座現代日本社会の構造変化, Yuhikaku Publishing (ja), vol. 2, .
  • (ja) Harue Kitamura, 座談会 首長職と女性, dans (ja) Teruko Kanehira (ja), 男女協働社会の創造 : 21世紀の地方自治戦略, vol. 11, GYOSEI Corporation, (ISBN 978-4-324-03605-1).
  • (ja) Hideki Ashida, Harue Kitamura et Takamichi Masai, « 座談会 自治体は何をすべきか--大震災から半年が過ぎて (まちづくりを問い直す--防災と自治) », 年報自治体学, 良書普及会, no 9, , pp. 161-190.
  • (ja) Harue Kitamura, « ひと筆 芦屋市長の3期12年をふり返って », Liberty & justice, Fédération japonaise du Barreau (ja), vol. 55, no 1, , pp. 18-20 (ISSN 0447-7480).
  • (ja) Harue Kitamura, « 震災後10年 (特集 阪神・淡路大震災--10年を振り返って) », 消防科学と情報, Centre japonais de gestion des incendies et des catastrophes (ja), no 79, , pp. 11-15 (ISSN 0911-6451).
  • [collectif] (ja) 日本弁護士連合会両性の平等に関する委員会, 女性弁護士の歩み : 3人から3000人へ : 第2部第1章2節 3 弁護士から芦屋市長への転身と阪神淡路大震災, Akashi Shoten (ja), (ISBN 978-4-7503-2511-8).

Notes et références

Voir aussi

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