Haut (toponyme)
From Wikipedia, the free encyclopedia

Haut est un toponyme très usité dans les pays montagnards comme dans le massif vosgien, où son occurrence est très forte, en Suisse romande, sur la façade est de la France, ainsi que dans les régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.
Il n’implique pas nécessairement une haute altitude : il peut également aussi désigner une simple butte qui domine le paysage environnant. C’est par exemple le cas en Bourgogne ou en Lorraine, où un haut peut se limiter à une élévation de terrain d'altitude très variable.
Sa vaste zone d’expansion lui fait toucher plusieurs aires dialectales au sein de la langue d’oïl et du francoprovençal.
Le haut représente la forme substantivée de l'adjectif « haut ». Haut résulte du croisement entre le latin altum (comprendre gallo-roman ALTU) et du germanique hauh, hôh « haut »[1], ce qui explique que le h- initial soit encore prononcé dans certains dialectes d'oïl : [x] ou [h] et qu'en français il serve à faire un hiatus avec l'élément précédent (H aspiré).
Il ne faut pas le confondre avec l’adjectif « haut » utilisé comme élément de toponymes opposant le « bas » au « haut », comme dans Bas-Rhin et Haut-Rhin[N 1].
En français médiéval, il est considéré comme nom commun masculin et prend deux sens selon le dictionnaire de français médiéval de Godefroy :
- tertre, éminence ;
- étage supérieur d’un bâtiment comme dans « au premier hault »[2].
Dans la traduction de Agis et Cleomenes par Amyot en 1645, on peut lire : « Cleomenes estait monté sur un haut, pour voir la contenance de l’ennemy »[3]. Le fait de monter sur un haut plus que sur une colline apporte la connotation supplémentaire de l’éminence du relief en question. C’est d’autant plus vrai que, dans les massifs de l'Est de la France, les « Hauts » côtoient les « têtes », les « monts », les « ballons » ou les « roches », chacun désignant respectivement une forme de sommet au profil particulier[N 2].
L’usage du substantif haut devient moins fréquent dans la langue contemporaine en dehors des emplois régionaux et dialectaux[4],[N 1]. En français moderne, selon le Trésor de la langue française, le terme[5] sous sa forme substantivée est vieillissant ou régional (notamment en Suisse romande) pour désigner « un terrain élevé »[6] ou les « étages supérieurs d’une montagne »[5], mais encore usuel en Lorraine comme synonyme de cuesta dans les appellations géographiques « Hauts de Moselle » ou « Hauts de Meuse ».
Cependant, il est encore illustré en français par des ouvrages restés célèbres comme Les Hauts de Hurlevent et des néo-toponymes de création récente comme Les Hauts-de-Caux (Seine-Maritime).

