Hawaïens
groupe ethnique d’origine polynésienne
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Les Hawaïens[2] ou autochtones hawaïens (en anglais : Native Hawaiians et en hawaïen : kānaka ʻōiwi ou kānaka maoli) sont les peuples polynésiens de l'archipel d'Hawaï descendant d'habitants des îles Marquises et potentiellement de Tahiti (à partir du Ve siècle).
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284 996 (2019)[1] |
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88 318 (2019)[1] |
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32 063 (2019)[1] |
| Population totale | 607 010 (2019)[1] |
| Régions d’origine | Polynésie |
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| Langues |
Anglais Hawaïen |
| Religions |
Protestantisme Catholicisme |
| Ethnies liées | Polynésiens, Océano-Américains |
Au recensement de 2000, il y avait 401 162 personnes se réclamant « autochtones hawaïens », y compris les hawaïens métissés. La très grande majorité d'entre eux résident aux États-Unis. Environ 143 520 personnes vivent dans l'État d'Hawaï où ils représentent 10% de la population, le reste étant réparti dans les États continentaux, dont presque la moitié en Californie. Une part significative se trouve dans le Nevada et dans l'État de Washington[3].
Histoire
À l'arrivée de l'explorateur britannique James Cook en 1778, la population autochtone est estimée entre 250 000 et 850 000 personnes. Les maladies importées par les européens la réduisent drastiquement : envoyé par son journal à Hawaï en 1866, le journaliste Mark Twain y passe quatre mois, loue un cheval, et constate le déclin dramatique de la population d'origine[4].
En 1795, dix-sept ans après le passage de Cook, les Hawaïens constituent un royaume autochtone : le roi Kamehameha V tente de former une identité nationale hawaïenne sur le modèle japonais Meiji c'est-à-dire en prenant aux britanniques et aux États-Unis leurs technologies, mais non leur civilisation, et surtout en évitant de devenir une colonie. Faute de cohésion interne, la monarchie hawaïenne ne réussit finalement pas à concrétiser ce projet et finit renversée par les colons et les missionnaires britanniques et américains (les haolés) qu'elle avait laissé s'établir nombreux dans l'archipel : Hawaï fut annexé aux États-Unis le . Rétrospectivement, on a appelé ce siècle monarchique « première renaissance hawaïenne »[5].
À la fin des années 1960 et du début des années 1970, la « seconde renaissance hawaïenne » démarre sur la vague de contestation de la culture dominante wasp et la réhabilitation, aux États-Unis, des cultures non européennes dont profite aussi la renaissance amérindienne. La « seconde renaissance hawaïenne » est principalement connue grâce à des musiciens et musicologues indigènes comme Gabby Pahinui, Dennis Pavao, Ledward Kaʻapana ou Nedward Kaʻapana. Le groupe musical "Olomana" a aussi contribué à la musique de cette période avec des chansons comme O Malia et Mele O Kahoolawe.
Après des décennies de stéréotypes négatifs (au milieu du XXe siècle certains wasps se permettaient encore de qualifier les Hawaïens de « macaques ») et de « tourisme à hula-ukulélé » (par lequel la culture hawaïenne était caricaturée) l'essai On Being Hawaiian de l'écrivain John Dominis Holt[6],[7], inaugure en 1964 la résurgence d'une dignité de la culture traditionnelle dite kahiko halau (terme que l'on peut approximativement rendre par « conservatoire de chants anciens »)[8]. Cette même année 1964, Helen Hale fonde le Merrie Monarch Festival, résurgence de la pratique du hula ancien dansé avant 1893[9]. L'époque connut un regain d'intérêt pour l'agriculture traditionnelle, la gastronomie, la reconstruction des navires polynésiens transocéaniques comme le Hōkūleʻa[10], la langue hawaïenne, le pidgin hawaïen[11], l'artisanat traditionnel hawaïen, les études hawaïennes et d'intenses luttes juridiques et médiatiques pour récupérer des terres spoliées par les haolés dans les vallées de Kalama, Kahoʻolawe et Waiāhole/Waikāne, et pour reprendre des pratiques agricoles traditionnelles telles que l'agriculture loʻi kalo du taro ou la sylviculture mālama ʻāina (foresterie durable et restauration des sols)[12].