Heïdi Sevestre
glaciologue française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Heïdi Sevestre, née le à Annecy (Haute-Savoie), est une glaciologue française[1].
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Heïdi Muguette Christiane Sevestre |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Glaciologue, conférencière |
| Site web | |
|---|---|
| Distinction |
Prix du Livre Environnement de la fondation Veolia (d) () |
Biographie
Jeunesse
Née en 1988 à Annecy, Heïdi Sevestre passe son enfance dans le village de Gruffy, au pied du Semnoz et aux portes du massif des Bauges et de la chaîne des Aravis. À 17 ans, elle participe à un raid Chamonix-Zermatt pour l'émission Passe-moi les jumelles de la TSR pendant lequel sa passion pour les glaciers va se concrétiser[2].
Formation
Elle obtient son baccalauréat scientifique option biologie écologie à l'ISETA (ancien lycée agricole de Poisy) et intègre l'École supérieure européenne d'ingénierie de l'espace rural (IER), également à Poisy.
Elle obtient, fin 2011, un poste de doctorante au centre universitaire du Svalbard[3]. Reçue à l’école doctorale de la faculté de mathématiques et de sciences de l'université d'Oslo, sa thèse est dirigée par Douglas I. Benn d'Unis et Jon Ove Hagen de l'université d'Oslo. Consacrée à la dynamique des surges glaciaires, cette thèse repose sur de nombreuses campagnes de terrain à Ny-Ålesund, Tempelfjorden et Van Mijenfjorden[4]. Elle complète sa thèse en , après avoir publié dans le Journal of Glaciology[5] et le Journal of Geophysical Research[6],[7],[8].
Début de carrière
Une semaine après la soutenance de sa thèse fin 2015[9], elle part pendant deux mois en Antarctique étudier la barrière de glace du Larsen C dans le cadre du projet MiDAS[10]. Ce projet est mené par Bryn Hubbard de l'université d'Aberystwyth, Adrian Luckman de l'université de Swansea et encadré par la British Antarctic Survey[11]. En , elle fait la couverture de Science magazine[12]. Puis, l'université de St Andrews en Écosse l'accueille en comme Postdoctoral Fellow[13]. Elle enseigne au Centre universitaire du Svalbard, en Norvège[14].
Expéditions
- « Climate Sentinels » (2021)
- Traversée du Spitzberg en avec cinq autres scientifiques (Anne Elina Flink, Nina Adjanin, Silje Smith-Johnsen, Alia Khan, Dorothée Vallot) pour récolter des échantillons de neige afin d'étudier la contribution de la pollution à l'accélération de la fonte des glaciers en Arctique[15].
- « Arctic Ascent » (2022)
- Expédition de 6 semaines dans l'Est du Groenland. Alex Honnold et Hazel Findlay réalisent la première ascension de l'Ingmikortilaq, monolithe de 1 200 m. Heïdi Sevestre en tant que glaciologue effectue de nombreux relevés destinés à étudier les effets du changement climatique sur la calotte glaciaire de l'Arctique[16].
- Expédition scientifique en kite-ski sur la calotte polaire au Groenland avec l'aventurier Matthieu Tordeur en [17]. 1500 km d'Ilulissat à Qaanaaq[18].
- Expédition scientifique en kite-ski sur la calotte polaire du Groenland avec Matthieu Tordeur en Août 2025. 800km de Qaqortoq à Kangerlussuaq[19].
- Expédition en Ouganda pour étudier les glaciers tropicaux des monts Rwenzori en et janvier 2025 avec l’association Project Pressure[20].
- « Under Antarctica » (octobre 2025-janvier 2026)
- Traversée du continent antarctique avec l'explorateur Matthieu Tordeur, 4 000 km en 80 jours et en kite-ski de la base antarctique Novolazarevskaya à Union Glacier en passant par le pôle Sud d'inaccessibilité puis le pôle Sud géographique[21]. Placée sous l'égide de l'Unesco, c'est la première expédition décarbonée sur ce trajet au service de la science. L'objectif était de cartographier les glaces pour mieux comprendre l'impact du changement climatique en utilisant deux radars à pénétration de sol. Le binôme s'élance le et le , Heïdi Sevestre devient la première femme en kite ski à rejoindre le pôle Sud d’inaccessibilité soviétique, l'un des lieux les plus isolés de la planète[22],[23]. L'expédition a été suivie par plus de 300 000 jeunes originaires de 41 pays grâce à un programme pédagogique développé par l'association Témoins Polaires. Ils ont ainsi pu découvrir le réchauffement climatique à travers le prisme de l'aventure[24],[25]. Heïdi Sevestre est la première femme à avoir fait ce tracé en Antarctique.
Médiation scientifique
Sensible à l'accompagnement des jeunes générations, elle accueille au Svalbard les jeunes ambassadeurs du climat du conseil départemental du Gers. La même année, elle organise la visite d'une classe de l'ISETA à Unis[26].
Elle accompagne le projet rochelais « Demain, c'est nous », créé par François Bernard, professeur de technologie à l'établissement scolaire Fénelon Notre-Dame[27].
En , elle participe à une conférence TEDx à La Rochelle[28] « pour une Science climatique plus propre et plus accessible ».
Ancienne directrice de communication scientifique pour l'ONG International Cryosphere Climate Initiative[29], elle est aussi nommée Deputy Secretary pour l'AMAP (Arctic Monitoring and Assessment Program). Elle est membre du Club international des explorateurs. Elle donne régulièrement des conférences auprès d'entreprises, de territoires et d'écoles pour rendre la science accessible au plus grand nombre et motiver le passage à l'action[30].
Ouvrages
- Avec François Bernard (préf. Cyril Dion), Demain, c'est nous : plaidoyer pour l'éducation au changement climatique, éditions du Faubourg, , 214 p. (ISBN 978-2493594181)
- Avec Isabelle Marrier, Sentinelle du climat, HarperCollins, , 224 p. (ISBN 979-1033916932)
- Sentinelle : voyage au cœur des glaciers, HarperCollins, , 144 p. (ISBN 9791033924791).
Télévision, radio
Terres extrêmes
Heïdi Sevestre devient de 2017 à 2019 la présentatrice d'une série de documentaires Terres extrêmes pour la chaîne publique France 5, produite par Pernel Média[31].
Chaque épisode se concentre sur un pays particulier, ses phénomènes naturels et les systèmes ingénieux mis en place pour en tirer parti :
- épisode 1 : « Islande » réalisé par Laurent Lichtenstein[32]
- épisode 2 : « Chili » réalisé par Laurent Lichtenstein
- épisode 3 : « Californie » réalisé par Laurent Lichtenstein et Marina Boyenval
- épisode 4 : « Japon » réalisé par Frédérique Mergey
- épisode 5 : « L'Enfer Vert » réalisé par Laurent Lichtenstein et Liza Fanjeaux
- épisode 6 : « Les émirats face au désert » réalisé par Lila Salmi et Jean Luc Guidoin
Il faut sauver
Fin 2019, elle commence un nouveau projet télévisuel avec une création de la production réalisée par Laurent Lichtenstein et Nicolas Plain ; Il faut sauver et diffusée par Ushuaïa TV. Le premier épisode est diffusé le .
Autres participations
- France 2 : La banquise Eldorado (Svalbard), 2013.
- Time TV Portugal : Corrida contra o Tempo, race against, 2015.
- France 5 : Vue sur terre Norvège, 2015/2016.
- Time magazine (États-Unis) : The cold life, 2016.
- National Geographic Netflix : One Strange Rock au Svalbard, épisode 1.
- A day in the life of Earth Les Forces de la Terre (Royaume Uni), tournage en Islande en 2018.
- Sur le front des glaciers avec Hugo Clément, [33].
- Ushuaia TV : En Terre ferme avec Jean-Louis Étienne, .
- National Geographic : On the Edge avec Alex Honnold et Hazel Findlay au Groenland, 2022[34].
- TV5 Monde : Pourquoi on se bat (épisode 2) de Camille Étienne et Solal Moisan, .
- France 2 : Les Super-pouvoirs de l'océan, avec Hugo Clément et Léa Salamé, [35].
- LCP : Heïdi's Ice de Pierre Dugowson : 4 épisodes ayant pour objectif de suivre la scientifique dans ses travaux afin de sensibiliser le public sur le dérèglement climatique, [36].
- France 5 : Échappées belles : Dolomites, l'Italie des sommets avec Ismaël Khelifa, [37].
- Les Others : Les baladeurs : Les larmes du glacier Conejeras[38] (épisode qui évoque le glacier tropical situé en Colombie, sacré par les populations autochtones. On y découvre plusieurs expéditions, de 2019 à sa disparition récente).
- Glaciers d'Arctique, état des lieux, de Pierre Dugowson, 2025
- TF1+ / Ushuaïa TV : Play4Life : l'évènement engagé et musical qui révèle l'urgence d'agir pour le vivant, avec J-M Jancovici, Marine Calmet, Gilles Boeuf et Olivier Hamant, [39],[40].
- Arte: Glaciers, enquête sur une disparition, Avril 2026[41]
Chroniques sur France Culture
Chaque jeudi, entre le et fin juin 2024, elle intervient dans Les Matins de France Culture avec « Le biais d'Heïdi Sevestre », courte chronique sur les glaciers et le réchauffement climatique[42].
Distinctions
- Lauréate en 2022 de la première médaille Shackleton pour la protection des régions polaires, décernée par un jury international d'experts polaires présidé par le Professeur Lewis Dartnell à la Royal Geographical Society de Londres[43].
- Grand prix du rayonnement environnemental, prix remis en par Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes[44],[45].
- Vakita Awards : La scientifique 2023[46]
- Prix du livre environnement 2024 de la fondation Veolia pour son livre Sentinelle du climat[47].
- European Young Leader en 2024,[48],[49]Nommée par le think thank Friends of Europe pour représenter la France parmi les jeunes leaders qui façonnent l'avenir de l 'Europe
- Citoyenne d'honneur de la ville de Nice et médaille de la ville remise par le maire, Christian Estrosi, à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur l'océan 2025[50].
- Explorers Club 50, class of 2026 Cinquante personnes qui changent le monde[51]