Headshaking
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Encensement
Le headshaking, également appelé encensement, est un syndrome affectant les chevaux qui secouent violemment la tête de manière répétitive, incontrôlée et sans raison apparente[1].
La cause la plus fréquente du headshaking est un trouble neurologique connu sous le nom de névralgie du nerf trijumeau[2]. Plusieurs facteurs, tels que l'environnement, le sexe et la race, contribuent à la prévalence du comportement[3]. Il n'existe pas de traitement curatif à ce syndrome, seulement des traitements destinés à contrôler les symptômes, avec une efficacité variable[4].

Un cheval atteint de headshaking manifeste des mouvements violents de la tête et de l'encolure, alors qu'il n'y a pas de stimulus externe apparent pouvant le justifier. Ces mouvements peuvent avoir lieu dans un plan vertical, horizontal, mais également en rotation[5]. Ces mouvements peuvent être permanents ou intermittents
Le comportement est le plus souvent décrit comme un mouvement vertical de la tête, comme si un insecte avait volé dans les narines de l'animal[6]. De nombreux chevaux atteints présentent également une irritation nasale et se frottent ou frappent le nez contre des objets comme des murs et des clôtures[3]. Ce comportement est le plus souvent observé lorsque le cheval est longé ou monté, et disparaît généralement lorsque le cheval est au repos[2]. Cela peut rendre l'utilisation d'un tel cheval dangereuse[3]. En raison de sa survenue à l'exercice, le headshaking est souvent considéré à tort comme un problème de comportement ou le résultat d'un équipement mal adapté[2].
Physiopathologie
La physiopathologie du headshaking est mal connue[7].

Le headshaking peut avoir plusieurs origines : présence de tiques ou d'acariens dans les oreilles, affections dentaires, des anomalies des voies respiratoires, des traumatismes crâniens, des sinusites etc.[3]. Cependant, la cause la plus fréquente et la mieux étudiée est la névralgie du trijumeau, une affection neurologique qui affecte le nerf trijumeau de l'animal et entraîne une décharge douloureuse anormale[1]. Le potentiel évoqué somatosensoriel a été testé et s'établit à 10 mA chez les chevaux sains, tandis qu'il est abaissé à 5 mA chez les chevaux atteints. Les recherches montrent que la branche nerveuse infraorbitaire des chevaux atteints est sensibilisée et présente un seuil plus élevé que celle des chevaux non atteints[1]. La branche a donc un seuil de décharge plus bas et peut être déclenchée par divers stimuli, même mineurs[8]. Cependant, certains chevaux affectés saisonnièrement semblaient avoir un seuil normal, lors de tests hors saison. Si les symptômes cliniques sont effectivement liés au seuil du nerf, il est possible qu'il s'agisse d'une affection réversible[1].
La branche maxillaire du nerf trijumeau joue un rôle majeur dans la sensibilité faciale, et il est susceptible de provoquer chez le cheval une douleur intense au niveau du visage et du nez[2]. L'atteinte de la branche gauche ou droite du nerf trijumeau ne montre pas de différence significative[1]. La douleur du cheval se manifeste par des secouements de tête obsessionnels[4].
| Troubles de la cavité buccale | Troubles oculaires | Troubles de l'oreille | Troubles des voies respiratoires | Troubles du crâne | Douleur cervicale | Autre |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Troubles dentaires | Anomalies de la vision | Otite | Rhinite | Fractures ou traumatismes | Arthrose | Comportement d'évitement |
| Ulcération buccale | Kystes, masses, cataractes | Acariens ou tiques des oreilles | Maladie des poches gutturales | Troubles de l'articulation temporo-mandibulaire | Neuropathie | Comportement stéréotypé |
| Lésions pharyngées | Troubles du canal nasolacrymal | Masses, abcès, granulome | Troubles laryngés | Troubles de l'appareil hyoïde | Myosite | Harnais mal ajusté |
| Lésions de la langue | Sinusite | Comportement du cavalier |
Épidémiologie

Une étude menée au Royaume-Uni estime que 4,6 % des chevaux sont touchés par le headshaking, dont 19 % y compris au repos[9]. Le syndrome est décrit dans plusieurs pays et touche des chevaux du monde entier[10].
Toutes les races peuvent être concernées ; certains études suggèrent toutefois que les chevaux de selle et les purs-sang anglais seraient davantage touchés[1],[8]. Les chevaux atteints sont généralement des chevaux utilisés pour l'équitation de loisir ou des chevaux d'équitation polyvalents[11]. Les chevaux d'autres disciplines qui restreignent les mouvements du cheval, comme le dressage ou le concours complet, ont également tendance à présenter plus de headshaking, tandis que ceux de disciplines d'efforts intenses (courses, saut d'obstacles) montrent une moindre prévalence[12].
Facteurs environnementaux
Des recherches ont montré que le déclenchement du headshaking d'origine trigéminale peut être influence par divers facteurs externes, tels que la température, la saison, l'heure de la journée, le vent ou la lumière. Environ 1,4 % des chevaux sont touchés par le hochement de tête, et parmi ceux qui en souffrent, 64 % le sont de façon saisonnière[3].
La luminosité et l'ensoleillement semblent jouer un rôle majeur[3]. Les chevaux atteints ont tendance à exprimer davantage de symptômes lorsqu'ils sont à l'extérieur, par temps ensoleillé[3], ainsi qu'au printemps et en été[3]. Les symptômes s'atténuent à l'intérieur et la nuit[8]. On parle alors de headshaking photosensible. Cela pourrait être dû à la proximité des nerfs optique et trijumeau[2].
L'intensité des symptômes peut varier selon la région[11]. Aux États-Unis, il est estimé que 91 % des chevaux affectés présentaient un headshaking accru au printemps et au début de l'été[11], tandis qu'au Royaume-Uni, seulement 39 % des chevaux affectés présentaient une aggravation des symptômes uniquement pendant les mois plus ensoleillés, avec davantage de chevaux affectés au printemps, en été et en automne[11].
Chez certains chevaux, le vent, la pluie ou les sons forts constituent des déclencheurs, bien que les mécanismes sous-jacents ne soient pas connus[11].
Âge et sexe
Le headshaking semble constituer une condition acquise qui se développe pendant la fleur de l'âge du cheval[1]. Il affecte une large tranche d'âge, mais la majorité des chevaux développent ce comportement entre 6 et 10 ans[1]. Les hongres semblent être davantage affectés que les juments et les étalons[13]. Dans certaines études, les hongres constituent jusqu'à 90 % des chevaux atteints de headshaking[11]. Il est possible que les hongres soient plus sensibles au headshaking en raison de l'absence de rétroaction de testostérone, causant des concentrations élevées en gonadotrophines au printemps[11]. Les gonadotrophines modifient la sensibilité du nerf trijumeau, le rendant plus sensible aux stimuli[11].
Exercice
L'exercice physique peut également influencer l'intensité du headshaking. Un exercice intense ou plus fréquent stimule davantage le cerveau, ce qui augmente l'activité du nerf trijumeau[11]. L'augmentation du flux d'air au niveau du nez et des narines lors de la monte ou de la longe peut également jouer un rôle[2].
Diagnostic
Le vétérinaire doit observer le cheval pendant l'exercice, au repos et dans des environnements différents, et identifier les déclencheurs[1].
Le cheval doit être examiné pour déterminer si d'autres causes de headshaking non liées au nerf trijumeau sont identifiables[14], comme des problèmes comportementaux, d'ordre équestre ou des pathologies de la tête[10].
