Heglig

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Heglig (parfois Heglieg) est une petite ville du Kordofan du Sud où se trouvent des champs pétrolifères et qui est contestée par les États riverains, le Soudan et le Soudan du Sud.

Faits en bref Pays, État ...
Heglig
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Géographie
Pays
État
Altitude
382 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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Statut
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Historique

En 1974, Chevron gagne les concessions pétrolières au Soudan et découvre les vastes poches pétrolières de Heglig en 1978. À l'origine, la zone est située sur les terres des tribus Nuer et Dinka. Shell prend 25 % du projet, et avec Chevron, les deux sociétés investissent plus d'un milliard de dollars dans le développement de cinquante-deux puits. Dès la découverte de ces ressources pétrolières, les populations du Soudan du sud remettent en cause les accords d'Addis Abeba de 1972 (autonomie des régions du sud), craignant que cette manne financière leur échappe (et craignant qu'un oléoduc soit construit vers Port-Soudan plutôt que vers le port de Mombasa). En février 1983, une attaque des forces rebelles séparatistes tue trois ouvriers du bloc 1, ce qui pousse Chevron à quitter le site. Lors de ces conflits, les Nuers et les Dinkas sont repoussés en dehors des limites du site de Heglig[1].

Principaux sites pétroliers et oléoducs au Soudan et Soudan du Sud.

Le site est relancé en 1999, par un consortium d'entreprises canadiennes, soudanaises, malaisiennes et chinoises[2]. L'oléoduc du Grand Nil reliant le site de Heglig à Port-Soudan est inauguré le [3].

En août 2001, le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) lance sa première attaque contre le site de Heglig, une attaque mineure selon les responsables du site pétrolier, mais ayant causé de forts dégâts selon les représentants du SPLM qui menacent de répéter l'opération[2].

Début avril 2012, les forces du Soudan du Sud déclarent avoir pris le contrôle de Heglig, alors que les forces soudanaises déclarent contenir leurs opposants hors de Heglig[4]. L'attaque est considérée comme la plus violente depuis la sécession du sud en 2011, et se déroule à la suite de la décision de la Cour internationale de justice de placer les champs pétroliers de Heglig sous le contrôle du Soudan. La prise de Heglig aurait donné un plus grand pouvoir de négociation au Soudan du Sud face au Soudan, et aurait pu affecter le climat social de la capitale Khartoum en créant une pénurie de pétrole[5]. L'Union africaine condamne les attaques du Soudan du Sud[6] qui se retire de Heglig le [7] tout en affirmant maintenir son contrôle sur la région[8].

En 2014, la rétrocession au Soudan des oléoducs reliant Heglig à Port-Soudan est annoncée pour 2016[3]. À partir de 2018, le Soudan et le Soudan du Sud se mettent d'accord pour faire payer aux entreprises pétrolières étrangères 14 dollars par baril le pétrole de Heglig transitant via les oléoducs soudanais pour rejoindre Port-Soudan[9].

La Chine est le principal acheteur de pétrole soudanais, a co-financé le développement pétrolier dans la région et gère (CNPC) de nombreux sites de production à Heglig[10].

Le , les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre les forces armées soudanaises (SAF, selon l'acronyme anglais) depuis avril 2023, s'emparent du site pétrolier de Heglig[11]. Le surlendemain, le Soudan du Sud annonce avoir conclu « un accord tripartite » avec les SAF et les FSR, confiant à l'armée sud-soudanaise la sécurisation du site pour éviter sa destruction et assurer la continuité de sa production[12]. Le , le cabinet du président sud-soudanais (en) annonce que « toutes les équipes techniques et d'ingénierie sont retournées à Heglig » et que la production pétrolière sur le site « progresse bien ». Cependant, selon une source proche des SAF, les négociations concernant l'exploitation du champ pétrolier auraient échoué, le gouvernement soudanais ayant rejeté une proposition du Soudan du Sud qui « aurait accordé aux FSR une part des recettes de transit du pétrole sud-soudanais »[13].

Références

Voir aussi

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