La fondation soutient des projets dans les domaines de la santé, de l'éducation, des arts et des programmes de jeunesse juifs. Elle est principalement connue pour ses dons à l'université de Californie à San Francisco (UCSF), auxquels s'ajoutent des contributions importantes à l'université de Californie à Berkeley. Le total de ses versements à l'UCSF dépasse 1,15 milliard de dollars depuis 2003, ce qui en fait l'un des donateurs les plus importants de l'histoire des universités américaines. Entre 2014 et 2016, la fondation finance également plusieurs organisations d'extrême droite et pro-israéliennes, ce qui suscite une controverse lors de sa révélation en 2018.
La Helen Diller Family Foundation est fondée en 1997 par Sanford et Helen Diller, natifs de San Francisco et résidents de la péninsule, dont l'activité principale est le développement immobilier via le Prometheus Real Estate Group[1], la plus grande société privée de gestion d'immeubles d'appartements de la région de la baie de San Francisco, valorisée à 2,3 milliards de dollars en 2014, dont une partie des revenus alimente la fondation[2]. Helen Diller meurt en 2015, et Sanford Diller en 2018. Leur fille Jackie Safier leur succède. Elle siège au conseil d'administration de la UCSF Foundation, l'organisation à but non lucratif chargée de collecter et gérer les dons privés au bénéfice de l'UCSF[3].
La fondation est organisée en tant que fondation affiliée à la Jewish Community Federation of San Francisco, dont deux membres du personnel siègent à son conseil d'administration en 2018[4]. La fondation concentre ses activités sur la santé, l'éducation, les programmes de jeunesse juifs (notamment à travers les programmes Diller Teen Fellows et Diller Teen Tikkun Awards) et les arts[5].
Dons
Dons à l'université de Californie à San Francisco
Le bâtiment du UCSF Helen Diller Family Comprehensive Cancer Center.
En 2003, la Helen Diller Family Foundation fait un don de 35 millions de dollars à l'UCSF, alors le plus important don individuel de l'histoire de l'établissement. Ce financement permet la construction du Helen Diller Family Comprehensive Cancer Center, inauguré en 2009 sur le campus biomédical de Mission Bay. Le bâtiment, conçu par l'architecte Rafael Viñoly, offre 98 000 pieds carrés de laboratoires et d'espaces de travail répartis sur cinq étages, et accueille 400 scientifiques et membres du personnel. Le centre se consacre à la recherche sur plusieurs types de cancers, dont les cancers du sein, de la prostate et du cerveau, avec pour objectif d'accélérer leur détection, leur traitement et leur prévention[6].
En janvier 2017, la Helen Diller Family Foundation fait un don de 500 millions de dollars à l'UCSF, le plus important de l'histoire de l'université et parmi les plus importants jamais accordés à une institution académique. Ce financement augmente la dotation de l'UCSF de près de 18%[7],[8].
En février 2018, la Helen Diller Foundation verse 500 millions de dollars à l'UCSF pour la reconstruction de l'hôpital de Parnassus Heights. Ce don porte à plus de 1,15 milliard de dollars le total des contributions de la fondation à l'UCSF depuis 2003, ce qui place la fondation parmi les rares philanthropes américains ayant consacré plus d'1 milliard de dollars à une seule institution universitaire. En reconnaissance de ces contributions, l'hôpital est rebaptisé UCSF Helen Diller Medical Center at Parnassus Heights[3],[9].
Dons à l'université de Californie à Berkeley
Logo de l'Institute for Jewish Law and Israel Studies.
En 2002, la fondation fait don de 5 millions de dollars à l'université de Californie à Berkeley pour financer le Center for Jewish Studies du campus. En 2019, la Helen Diller Foundation verse 5 millions de dollars supplémentaires pour créer la première chaire dotée en études sur Israël de l'université, occupée par Ron Hassner(en)[10]. En 2021, la Helen Diller Foundation verse un don de 10 millions de dollars à l'université de Californie à Berkeley pour constituer un fonds de dotation en faveur de son Institute for Jewish Law and Israel Studies. En reconnaissance de ce don, l'institut est rebaptisé Helen Diller Institute for Jewish Law and Israel Studies at UC Berkeley[10],[11].
En 2024, la fondation finance intégralement la construction de la Helen Diller Anchor House, une résidence universitaire de 300 millions de dollars destinée aux étudiants en transfert de l'université de Californie à Berkeley. L'université a démoli un immeuble vieux de 112 ans bénéficiant d'une protection au titre du contrôle des loyers, et expulsé douze locataires pour libérer le terrain[2].
Financements politiques
Robert Spencer.
Entre 2014 et 2016, elle finance plusieurs organisations d'extrême droite ou accusées de promouvoir l'islamophobie. Parmi les bénéficiaires figurent Project Veritas (100 000 dollars en 2016), organisation du militant conservateurJames O'Keefe, les Tea Party Patriots(en) (150 000 dollars en 2016), l'American Freedom Defense Initiative fondée par Pamela Geller et Robert Spencer (150 000 dollars en 2014), l'American Freedom Law Center dirigé par David Yerushalmi (des dons totalisant 285 000 dollars entre 2014 et 2016), ainsi qu'une fondation liée à l'homme politique néerlandais Geert Wilders (25 000 dollars en 2015)[12].
En 2016, la Helen Diller Family Foundation verse également 100 000 dollars à Canary Mission, un site web qui publie des dossiers sur des militants étudiants pro-palestiniens dans le but de nuire à leurs perspectives professionnelles, et 125 000 dollars à Regavim(he), une ONG israélienne déposant des recours judiciaires contre les constructions palestiniennes en Cisjordanie, et Reservists on Duty(en), un groupe militant envoyant des soldats israéliens sur les campus américains pour combattre le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions[4],[13].
Ces dons, révélés en 2018 par le Forward et le Haaretz, suscitent une controverse et une tribune d'anciens boursiers de la fondation demandant à ce qu'elle verse un don à des associations luttant contre le racisme et ajoute à son programme destiné aux adolescents un module sur l'histoire des listes noires aux États-Unis. Après la mort de Sanford Diller, sa fille prend ses distances avec ces engagements politiques[5]. La fondation est malgré tout dénoncée pour ces financements lors du mouvement étudiant propalestinien de 2024 au sein de plusieurs universités californiennes, les protestataires appelant leurs établissements à rompre leurs liens avec la fondation[2].