Helen Fraser
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ou |
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The chieftainess |
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Australie (à partir de ), Glasgow, Kensington |
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Queen's Park Secondary School, Glasgow (en) |
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| Membre de | |
| Personne liée |
Adela Pankhurst (amitié) |
Helen Miller Fraser, plus tard Moyes, née le à Leeds et morte le en Australie, est une suffragette, féministe, éducatrice britannique et femme politique du Parti libéral.
Début de vie
Helen Fraser naît à Leeds, dans le Yorkshire de parents écossais, James Fraser (1856-1908) et Christina Sutherland. Elle était l'une des dix enfants de la famille. Son père est tailleur quand Helen naît, puis une fois que la famille s'installe définitivement à Glasgow alors qu'Helen était enfant, il y ouvre une entreprise de vente en gros de vêtements[1]. Elle fait ses études à la Queen's Park Higher Grade School de Glasgow. Elle ouvre ensuite un atelier à Glasgow, spécialisé dans l'illustration en noir et blanc, la broderie et la peinture[2],[3]. En , elle abandonne son activité artistique pour devenir organisatrice au sein de l'Union[4]. Elle est également trésorière honoraire de la section de Glasgow.
Sa famille est politiquement progressiste et croit à l'amélioration des conditions de travail. Jeune femme de la classe moyenne à Glasgow, sa vie est rythmée par les bals, le théâtre, les collectes de fonds pour des œuvres caritatives, le tennis et les visites aux familles pauvres de la ville[1].
Carrière politique au sein du mouvement pour le suffrage féminin
Elle adhère à la Women's Social and Political Union (WSPU) après avoir entendu Teresa Billington s'exprimer à Glasgow[1]. Elle se rend en Angleterre pour soutenir la campagne de la WSPU lors de l'élection partielle de 1906 à Huddersfield. Elle devient trésorière de la WSPU de Glasgow et organisatrice pour l'Écosse, l'une des cinquante-huit sections financées du Royaume-Uni[5]. Le , avec Flora Drummond, Helen Fraser et trois autres personnes tentent de pénétrer dans le hall des étrangers au Parlement ; après une altercation, Drummond est arrêtée[5].
En 1907, Helen Fraser organise la campagne de la WSPU, utilisant des tracts publicitaires diffusés dans la presse relatant les souffrances des manifestantes : « Écrasées par la police montée contre les grilles de l’abbaye et piétinées par leurs sabots »[5]. Elle bénéficie du soutien de Mary Phillips dans l’est du Fife et, lors de l’élection partielle d’Aberdeen Sud en 1907, elle rencontre Adela Pankhurst, avec laquelle elle resta proche toute sa vie[1].
Sa sœur Annie, ainsi que Maggie Moffatt, sont les deux premières suffragettes écossaises à être arrêtées en 1907[6].
« À cette époque, quand les méthodes des suffragettes consistaient à essayer de pénétrer dans la Chambre des communes et que les premières arrestations avaient lieu dès qu'elles prenaient la parole dans le hall, ma sœur Anne fut la première Écossaise à être arrêtée. Elle était partie pour Londres un ou deux jours auparavant. Appelée par mon père pour descendre [au sein du domicile], je le trouvai tenant le Glasgow Herald ouvert devant lui, dont la une titrait : « La fille d’un conseiller municipal de Glasgow arrêtée ». Il m'a demandé : « Tu étais au courant ? ». J'ai répondu : « Je savais qu’elle allait à une réunion, mais je ne savais rien d’autre ». [...] Il est rentré à la maison le soir, tout à fait résigné, et quand Anne est revenue après quatorze jours glacials à la prison de Holloway, il l’a emmenée à une réception municipale en lui disant : « Mets ta plus jolie robe et viens avec moi. » Elle était ravissante et il l’a présentée à tout le monde comme « ma fille prisonnière ». »
— Helen Fraser, Moyes, H (1971) A Woman in a Man’s World
En 1907, Janie Allan, inspirée par Helen Fraser et Theresa Billington-Greig qui parlent de l'activité des suffragettes, organise une grande réunion de la WSPU à St. Andrew's Hall, Glasgow[5].
Elle joue un rôle de premier plan dans la campagne de la WSPU pour l'élection partielle d'Hexham en 1907, ce qui lui valut les éloges du Daily Mail. En 1908, elle travaille avec Rachel Barrett, Elsa Gye et Mary Gawthorpe lors de l'élection partielle de Dundee[5]. Lors de l'élection partielle de Montrose en , en tant que secrétaire organisatrice de la WSPU, elle est « longuement chahutée »[7]. La même année, Helen Fraser assiste au rassemblement Women's Sunday et écrit à Isabel Seymour que l'événement est « un succès, mais pas entièrement satisfaisant ». Elle estime la fréquentation à un demi-million de personnes (un chiffre corroboré par les estimations du Times), mais relate que sur trois des estrades, « il y eut beaucoup d'agitation », et ajoute : « Il me semblait que la foule était simplement curieuse, non pas opposée, mais simplement indifférente »[5].
Helen Fraser est critique quant aux méthodes de la WSPU, notamment suite aux agissements de membres ayant brisé les vitres du Premier ministre H.H. Asquith lors d'une manifestation le [3]. Elle démissionne de la WSPU peu après et est contactée par la National Union of Women's Suffrage Societies (NUWSS), pour laquelle elle accepte de travailler[1]. Elle reste membre du comité exécutif national de la NUWSS pendant quatorze ans[2].
Oratrice efficace, Helen Fraser donne des conférences en Écosse et dans tout le Royaume-Uni. En un an (1908-1909), ses réunions permettent de récolter la somme de 56 livres, 19 shillings et 10 pence pour la NUWSS[2]. Elle prend la parole à l'Association pour le suffrage féminin de l'Université d'Aberdeen, aux côtés de Mary Gawthorpe, au sujet de la campagne contre les candidats libéraux, en raison de l'opposition du gouvernement au droit de vote des femmes, lorsqu'un groupe d'étudiants perturbe l'événement[8]. Son intervention, proposant une motion de censure contre le gouvernement, lors d'une réunion publique à Rutherglan en 1908, où Richard Haldane est orateur, lui vaut d'être expulsée de la salle[9]. La même année, Dr Marion Gilchrist, première femme docteure de l'Université de Glasgow, se joint à Helen Fraser pour lancer une campagne pour le suffrage féminin à l'Institut chrétien de Glasgow. Toujours en 1908, lors d'une réunion à Motherwell, Helen Fraser prend la parole aux côtés de Mmes Pankhurst et Pethick Lawrence[10].
En 1909, elle entreprend ce que le Dundee Courier décrit comme la « plus longue tournée continue jamais réalisée en Écosse pour promouvoir le suffrage féminin », mentionnant 21 villes différentes sans être exhaustif[11]. À Bridgend, au Pays de Galles, elle met en contraste les anomalies liées aux modifications apportées par le Parlement au droit de vote des hommes, alors que ce qu’elle qualifiait de « plus grande anomalie était l’injustice consistant à exclure les femmes de tous les droits de citoyenneté du simple fait qu’elles étaient des femmes »[12].
Chrystal MacMillan et Dr Elsie Inglis sont parmi les soutiens d'Helen Fraser lors de l'élection partielle de Glasgow (Tradeston) de 1911, lors d'un événement organisé par la Glasgow and West of Scotland Association for Women's Suffrage[13].
En 1912, elle prend la parole lors d'une réunion à Cambridge organisée par la Cambridge Women's Suffrage Association, qui se tient dans le cadre d'un cycle de conférences universitaires.
Des œufs pourris sont jetés sur Helen après une réunion à Baltinglass (Irlande) en 1913, tenue sous l'égide de la Ligue irlandaise pour la réforme des femmes[14]. En revanche, l'accueil réservé à Fraser à Belfast est « cordial », applaudie à plusieurs reprises pendant son discours ; l'événement étant organisé cette fois par la Irish Women's Suffrage Federation[15].
En 1915, elle est secrétaire honoraire temporaire de la Penarth Women's Suffrage Society[2].
Carrière politique
Pendant la Première Guerre mondiale, elle travaille comme commissaire pour le Comité national d'épargne de guerre, et crée personnellement 109 comités locaux d'épargne de guerre en Angleterre et au Pays de Galles[16],[17]. Elle est détachée auprès du ministère de l'Agriculture pour inciter les femmes à travailler la terre[1]. En 1917, sur les conseils de Millicent Fawcett, elle est intégrée par le gouvernement britannique à la mission de guerre officielle britannique aux États-Unis, afin de présenter l'effort de guerre britannique[5],[18]. Elle parcourt 40 États et prend la parole 332 fois en 312 jours[19],[2]. Elle rencontre également le président Woodrow Wilson[20]. En 1918, à son retour en Grande-Bretagne, elle publie un livre relatant son voyage, Women and War Work[2].
En 1918, lorsque les femmes obtiennent le droit de se présenter aux élections législatives, elle concentre ses efforts sur la campagne pour l'élection de femmes au Parlement. Elle prend la parole à Cardiff au nom du Comité mixte pour l'entrée des femmes au Parlement[2]. Elle ne se présente pas aux élections générales de 1918, mais s'implique activement dans plusieurs organisations : elle est membre du comité exécutif de la National Union of Societies for Equal Citizenship (anciennement NUWSS), membre du comité des intérêts communs de l'English-Speaking Union, impliquée dans la réunion des missions de guerre britanniques aux États-Unis, membre du conseil pour la représentation des femmes à la Société des Nations, et membre du British Institute of International Affairs.
Ses efforts pendant et après la guerre attirent l'attention du Premier ministre David Lloyd George. Elle rejoint son organisation, le Parti libéral national. En 1922, elle devient la première femme écossaise à être officiellement investie comme candidate aux élections législatives, lorsqu'elle est choisie comme candidate du Parti libéral national dans la circonscription de Govan, à Glasgow[1]. Elle est l'une des trois seules femmes candidates (toutes libérales) à se présenter à ces élections en Écosse[21]. Govan étant un bastion travailliste, ses chances de victoire sont minces. Helen Fraser est une figure importante de la Glasgow and West of Scotland Association for Women's Suffrage (GWSAWS). Elle bénéficie du soutien de cette organisation pour se présenter à Govan sur la base du programme libéral. Ce programme prévoit notamment la création de pensions de veuves et l'égalité du droit de vote pour les femmes. Durant sa campagne, elle critique l'« appropriation de nos idéaux et politiques féministes » par son adversaire travailliste[22]. Elle obtient finalement 37,7 % des voix exprimées, contre 62,3 % pour son adversaire Neil Maclean.
En 1923, elle se rend à Paris pour assister à la conférence de l'International alliance of Women for Suffrage and Equal Citizenship en tant que déléguée de la NUWSS[2]. Plus tard dans l'année, suite à la réconciliation entre Lloyd George et Asquith, elle change de circonscription pour se présenter comme candidate du Parti libéral dans la division d'Hamilton (Lanarkshire) aux élections générales de 1923. Elle perd à nouveau l'élection, recueillant 41,6 % des bulletins exprimés, contre 58,4 % pour son adversaire Duncan Macgregor Graham.
Sa dernière opportunité politique se présente à l'occasion de l'élection partielle de 1924 à Glasgow, dans la circonscription de Kelvingrove[23]. Cependant, elle est amie avec le candidat conservateur Walter Elliot, et, sachant qu'elle pourrait obtenir suffisamment de voix pour lui faire perdre son siège, elle renonce à toute carrière politique. En 1925, elle quitte le Parti libéral pour rejoindre le Parti unioniste[24]. Elle explique ses raisons dans une lettre publiée dans le Glasgow Herald[25], déplorant le manque de contestation de ce qu'elle considère comme la « tyrannie des coalitions et des syndicats », ce qui, selon elle, aurait dû être l'objectif du parti, voué à la protection des droits individuels contre les tyrannies.
Helen Fraser s'installe ensuite à Londres, où elle gagne sa vie en écrivant des articles indépendants sur les questions féminines. Elle est également directrice générale de British Booklet Matches (1928)[26], entreprise basée à Upton Park. Une photographie de l'Edinburgh Evening News montre Helen Fraser avec « environ 10 000 000 d'allumettes »[27].
En 1931, elle participe au Congrès international des femmes d'affaires et professionnelles, qui se tient à Vienne. Elle contribue aux discussions sur le chômage, affirmant que le problème réside moins dans la surproduction que dans la sous-consommation[28].
Elle est élue au conseil municipal de Kensington, où elle siège pendant sept ans[1].
Vie personnelle et activités politiques en Australie
Á Londres, Helen Fraser reste en contact avec un vieil ami, James Moyes, qui avait émigré en Australie. Son épouse étant décédée, il la demande en mariage à plusieurs reprises avant qu'elle n'accepte. Elle émigre à Sydney en 1939[29]. Elle devient présidente de Women for Canberra, une organisation créée pour encourager davantage de femmes à se présenter aux élections du Parlement australien[29].
À la fin de sa vie, elle écrit une autobiographie, intitulée A Woman in a Man's World, publiée en 1971[1],[30]. Helen fraser décède en Australie en 1979[5].
Archives
La bibliothèque Mitchell de Glasgow possède une collection de documents envoyés par Helen Fraser (alors connue sous son nom d'épouse, Moyes). En 1978, elle envoie de sa propre initiative ce petit ensemble d'objets, comprenant des lettres, des coupures de presse et un exemplaire de son autobiographie. Consciente de l'importance de préserver le récit de son engagement dans le mouvement féministe, elle déclare vouloir que Glasgow « garde quelque chose » d'elle[31],[32].
En 2018, la Bibliothèque nationale d'Écosse reçoit un journal intime ayant appartenu à Helen Fraser, retrouvé dans un centre de recyclage à Ulladulla, en Australie[33]. La collection comprend également des lettres personnelles, de la correspondance, et des notes[34].
Histoire orale
Brian Harrison a enregistré trois entretiens d'histoire orale avec Helen Fraser, en janvier, août et , dans le cadre du projet « Suffrage Interviews », intitulé « Témoignages oraux sur les mouvements suffragettes et suffragistes : les entretiens de Brian Harrison »[35]. Ces entretiens sont accessibles au public sous le nom d'Helen Moyes. Helen Fraser y évoque sa famille et son soutien au suffrage féminin, son engagement au sein de la NUWSS et de la WSPU, les différences entre ces deux organisations, ainsi que ses séjours au Pays de Galles, en Écosse, en France, aux États-Unis et en Australie.