Helena Maleno
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Helena Maleno Garzón |
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Helena Maleno Garzón, née le à El Ejido, est une défenseure des droits de l'homme, journaliste, chercheuse et documentaliste hispano-marocaine.
Spécialiste en migrations et en traite d'êtres humains, elle est fondatrice du collectif Caminando Fronteras. Jusqu'à son expulsion par les autorités[1], elle est installée au Maroc d'où elle dénonce les violations des droits humains à la frontière sud espagnole[2].
Menaces et harcèlement
Elle travaille pour l'ONG Women's Link Worldwide sur différents rapports dans lesquels elle utilise la perspective de genre dans l'analyse du processus migratoire. Elle réalise des recherches sur place : au Nigeria[3][source secondaire nécessaire], en Colombie[4][source secondaire nécessaire], en Allemagne, au Danemark, en France, au Maroc[5] et en Espagne[6],[7][source secondaire nécessaire] dans lesquelles elle compare et fait état de la problématique de la traite comme une structure internationale et industrielle d'esclavage contemporain. Elle le fait également pour le Défenseur du peuple d'Espagne (Defensor del Pueblo de España) en tant qu'une des rares consultantes externes de l'institution, étant l'auteur du rapport monographique national sur la traite des êtres humains[8].
Elle fut consultante de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) pour la rapporteur des Nations unies sur le droit à la solidarité internationale[réf. nécessaire].
Elle dispense des formations pour le Conseil général du pouvoir judiciaire, l'Union progressiste des procureurs (UPF), administrations publiques d'État et municipales et organisations sociales nationales et internationales[réf. nécessaire].
Elle est chroniqueuse dans des médias comme Eldiario.es et Público. En 2017, elle été choisie par le journal El País comme l'une des dix « femmes africaines » de l’année[9].
Dans le domaine artistique, elle participe à des expositions comme « Géographie et mobilité » (Vienne), « Utopie » (Londres) et la Biennale de l'art politique au Caire. Elle a réalisé plusieurs vidéo-rapports, édité le projet audiovisuel Frontera Sur[10], aidé à la production du documentaire de CNN et BBC Living with ilegals[11] et comme scénariste de Niños en el camino[12] pour Save The Children. En 2015 son collectif, "Ca-minando Fronteras" (jeu de mots évoquant l'acte de "miner" les frontières), a projeté pour la première fois le documentaire Tarajal : Transformer la douleur en Justice[13],[14] dont elle est scénariste et intervieweuse. Le documentaire relate les faits qui se sont produits lors de la tragédie polémique sur la plage espagnole du Tarajal, au travers de la perspective des familles des victimes qui s'organisent dans un processus inédit en Afrique subsaharienne pour mettre en cause les responsabilités des États européens et obtenir justice[réf. nécessaire].
Le Maroc l'expulse du pays le [1].
L'un des épisodes les plus graves fut celui qui s'est déroulé en 2014 dans le quartier de Boukhalef à Tanger, où vivent des Africains subsahariens en essayant d'entrer en Espagne[15]. Selon El Mundo, la militante espagnole a été agressée, harcelée et insultée lors d'incidents au cours desquels une cinquantaine de voisins marocains armés de machettes et de bâtons ont attaqué un groupe d'immigrants subsahariens. Lorsque les assaillants ont reconnu Maleno, ils la traitent de « pute espagnole » et la harcèlent devant la police marocaine passive. Les assaillants déclarent également : « Chrétiens de merde » et « Sahara marocain » et exhortent les immigrants à traverser le détroit pour aller en Espagne[16].
En , elle reçoit la photo d'un revolver chargé d'une balle avec le message « Je vous suggère le silence ou vous mourrez. Vous incommodez les autorités ». Ce message lui arriva après que le Syndicat Unifié de Police a alimenté des conversations machistes dans lesquelles était encouragé le viol de Maleno, dans les jours postérieurs à la critique de l'activiste sur l'action des forces de sécurité de l'État à la frontière de Ceuta. Les agressions par réseaux sociaux, les appels et finalement la menace de mort ont mené Ca-minando Fronteras à lancer la campagne « #DefenderAQuienDefiende ». Au communiqué du collectif, ont adhéré jusqu'à 500 organisations et entités nationales et internationales (parmi lesquelles se trouvent Amnesty International, Médecins du monde, le Défenseur du peuple andalou ou Podemos)[17][source secondaire nécessaire]. L'Organisation mondiale contre la torture et la Fédération internationale des droits de l'homme ont ensuite émis un communiqué exigeant des États de régler les responsabilités politiques et de garantir la sécurité de l'activiste[18].