Henri Buriot-Darsiles
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 69 ans) Moulins |
| Surnom |
Henri Bernard Buriot, Raymond Darsiles |
| Nationalité | |
| Activité |
Traducteur |
Henri Buriot-Darsiles, né le à Luxeuil-les-Bains et mort le à Moulins, est un homme de lettres et traducteur français[1].
Henri-Bernard Buriot est le fils de Joseph Auguste Buriot (1850-1917), instituteur et de Elisa Lindauer (1856-1908). Il épouse Marie Eugénie Brunner (1889-1957) à Conflans-sur-Lanterne le [2].
Il est professeur d'allemand au lycée de Moulins pendant la première guerre mondiale[3].
Selon Jean Débordes[4], Henri Buriot effectua ses études supérieures en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand, où il rencontre Jérôme Tharaud et Charles Péguy. Passage par les universités de Halle et de Munich. Agrégé d'allemand (1900). Nommé professeur d'allemand au lycée Banville de Moulins et professeur d'italien au lycée de filles (il avait appris l'italien tout seul, en lisant Dante et en traduisant Carducci et Croce). Il fit toute sa carrière à Moulins. Outre ses activités de pédagogue et d'écrivain (plusieurs ouvrages portant sur le Bourbonnais[5],[6]), il traduisit de l'allemand et de l'italien de 1910 à 1931 : il signa une version française des Souffrances du jeune Werther de Goethe pour la collection bilingue d'Aubier-Montaigne[7] (1931) et traduisit plusieurs ouvrages de Benedetto Croce.
À partir de 1926, il collabore régulièrement à la revue d'art Septimanie de Paul Duplessis de Pouzilhac qui publie ses traductions originales, notamment Essai d'une nouvelle traduction de Dante (1926), Trois des plus beaux sonnets du Chantre de Laure, traduction de Pétrarque (1927), L'ex-libris, ses origines, son histoire (1928), A la Prouvènço (69, 1928). Il est l'auteur principal des numéros spéciaux sur les ex-libris (n°65[8] et 68[9] publiés en 1928).
De 1908 à 1944, il correspond très régulièrement avec l'écrivain Valéry Larbaud[10]. De 1910 à 1923, il est publiciste à La revue du Centre, à Moulins et dirigeait également les Cahiers du Centre « Revue Régionaliste et Décentralisatrice fondée en 1908 »[11],[12].
Dans son livre sur Emile Guillaumin publiée en 1910, il revient sur l'admiration pour Guillaumin qu'il avait ressentie à la lecture de La Vie d'un simple, de sa joie de faire enfin sa connaissance au printemps 1908 (pp. 4-5) et avec lequel il entretenait désormais une correspondance régulière. Ils partageaient une grande affection pour Charles-Louis Philippe, à la mémoire de qui ils fondèrent en 1935 l'Association des Amis de Charles-Louis Philippe, avec Guillaumin comme président et Buriot-Darsiles comme secrétaire[13].
Soupçonné d'accointances avec la Kommandantur de Moulins durant l'Occupation, il est exécuté sommairement par des résistants le [4]. Joris Lehnert[13] rapporte que « après la libération de la ville le , Buriot-Darsiles fut immédiatement arrêté et [...] fut exécuté le (cf. Guibert 2023, 96-98), sans autre forme de procès, sur les bords de l'Allier par un groupe non identifié de résistants[14], peut-être même abattu après avoir dû creuser sa propre tombe (cf. Mignard 2011, 33). Sa grande proximité avec des officiers allemands qui, comme lui, étaient cultivés et littéraires ainsi que certains écrits en faveur du rapprochement franco-allemand lui furent fatals. »
