Henri Friteau est né le à Saint-Étienne-en-Coglès. Il fait profession le et est ordonné prêtre le au Séminaire français de Rome.
Mobilisé en , il participe, en 1917, à la bataille de Verdun. Il est ensuite affecté à un train sanitaire comme infirmier, puis à un régiment chargé de l'instruction des troupes américaines. Démobilisé le , il rejoint le noviciat[1].
Quelques mois plus tard, il est désigné pour le vicariat apostolique de Loango où il arrive en . Le vicaire apostolique, MgrLéon Girod meurt le et le Père Friteau est alors nommé administrateur apostolique. Il devient vicaire apostolique le et le sacre a lieu à Loango même, dans la cathédrale en planches, le de la même année[1].
Congo Français - Brazzaville cérémonie sacre de MgrGuichard par MgrMartrou (prélat consécrateur); MgrFirmin Guichard (nouvel élu); MgrCamille Van Ronslé, CICM, évêque de Léopoldville, assistant; MgrFriteau, évêque de Loango, assistant; Pères et frères de la mission de Brazzaville
Le premier soin du vicaire apostolique, après son sacre, fut de partir à Mayumba, ordonner quatre prêtres africains. En effet, les abbés René Niambi (1894-1969), Benjamin Nsesse (1887-1961), Gabriel Nghimbi (1893-1958) et Hyacinthe Mbadinga (1895-1948) seront ordonnés prêtres le . Le , a lieu l'ordination sacerdotale de l'abbé Sylvestre Douta (1896-1979) et le , celle de l'abbé Denys Moussavou (1905-1995)[2],[3].
Abbé Gabriel Nghimbi, le Vicaire Apostolique de Loango (Afrique Equatoriale) MgrFriteau, abbé Benjamin Nsessé, abbé René Niambi et abbé Hyacinthe Mbadinga, lors de l'ordination du 23/04/1924) à Mayumba
Au cours de ses 24 ans à la tête du vicariat apostolique de Loango, MgrFriteau fonda les missions de Mouyondzi, Pointe-Noire, Pounga[note 1] et Mossendjo.
On raconte que MgrFriteau était très attaché au maréchal Pétain, et que de ce fait le général de Gaulle aurait refusé de lui serrer la main en . Voici le récit de l'incident, rapporté par le Père Molager: "Lorsque le général de Gaulle vint pour la première fois à Pointe-Noire, la ville avait à sa tête un administrateur farouchement anticlérical, protestant d'origine, franc-maçon notoire... MgrFriteau voulant se rendre avec toutes les notabilités sur le quai de la gare pour saluer le général, l'administrateur en question ordonna au commissaire de police de le prier de retourner sur l'esplanade avec le gros du public. Monseigneur s'exécuta, tout en faisant savoir bien haut qu'il saurait parler à qui de droit... Lorsque le général parut devant la gare, apercevant le vicaire apostolique, il se dirigea aussitôt vers lui et le salua le premier. Devant toute la foule et l'administrateur qui en devint blême, MgrFriteau relata l'incident qui venait de se produire. De Gaulle, comprenant la gaffe faite par son administrateur civil, l'excusa comme il put et promit sa visite à la mission, malgré le peu de temps dont il disposait. Effectivement, le soir, le général de Gaulle, accompagné de son état-major... et de l'inévitable administrateur, de plus en plus livide, vint voir MgrFriteau"[5].
À la fin de l'année 1945, intervient la venue du père Henri Prouvost, visiteur apostolique des Missions étrangères de Paris envoyé par le Saint-Siège. MgrFriteau n'est prévénu qu'à la dernière minute par télégramme. Le père Prouvost ne visite le vicariat qu'en 48 heures (Pointe-Noire et Loango) alors qu'il faut au moins 10 jours pour visiter quelques autres missions du vaste vicariat (Mouyondzi, Mayumba...). MgrFriteau déclare "À Loango, il a tout critiqué: nos vieilles maisons, notre chapelle, etc. vae pauperibus [Malheur aux pauvres]...Pas un mot de réconfort, d’encouragement, de pitié. Je suis complètement découragé, anéanti! avoir travaillé, peiné, pendant 25 ans pour en arriver là, c’est dur, très dur. Mais puisque je suis responsable de la situation, il est urgent que je m’en aille pour que la Mission ne souffre pas trop"[6].
Loango - Debout: Les abbés Sylvestre Douta, Benjamin Nsesse, Gabriel Nghimbi, René Niambi, Henri Tchibassa, Pierre Marie Ngouassa, Raymond Mboko, Hyacinthe Mbadinga
Le , MgrFriteau quitte Loango avant de féter ses 25 ans d'épiscopat. Épiscopat fructueux, car, sous sa direction, le nombre des chrétiens est passé de 7000 à 52000 et le nombre des stations avaient plus que doublé.
↑«La mission Notre-Dame des Victoires de Pounga fondée en 1926 près de Dimoneka dans le Mayombe. L'église en dur a été construite grâce aux dons de M. Vigoureux qui a fait fortune dans la prospection d'or dans la région[4]».
Références
12Adolphe Cabon et Johannès Molager, Mgr Henri FRITEAU, Spiritains.org
↑Guy Pannier, L'église du Loango, 1919-1947: au Congo-Brazzaville une étape difficile de l'évangélisation au Congo-Brazzaville, Paris, Karthala, coll.«Mémoires d'Eglise», , 355p. (ISBN978-2-8111-0162-6, lire en ligne), p.169
↑Jean Ernoult, Les Spiritains au Congo: de 1865 à nos jours, Paris, (lire en ligne), p.57-59
↑Guy Pannier, «Visiteur apostolique ou inquisiteur?
Le père Henri Prouvost des Missions étrangères de Paris envoyé par Rome en Afrique après la Seconde Guerre mondiale», Histoire et missions chrétiennes, vol.14 «Mission & Politique après 1945», , p.165-194 (ISBN9782811104023, DOI10.3917/hmc.014.0165, lire en ligne)