Herbert Glejser

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Herbert Glejser (né le à Vienne et mort le à Namur) est un économiste belge, professeur d'université en Sciences économiques et économétrie.

Chercheur spécialisé en macroéconomie appliquée, il est principalement connu pour le test statistique d'hétéroscédasticité qu'il a formulé en 1969 et qui porte son nom Glejser test (en).

Avec Jean Waelbroeck, il fonde en 1969 la European Economic Review dont il sera Rédacteur en chef et éditeur durant 25 ans. Jeune auteur de poésie, son recueil de poèmes La rencontre à l'aube a été publié en 1954[1].

Jeunesse et études

Herbert Glejser est né le à Vienne, en Autriche, dans une famille juive. La même année, en raison de l’Anschluss, ses parents doivent fuir Vienne et se réfugient avec lui en Belgique[2]. Ils acquerront la nationalité belge en 1955.

Herbert Glejser remporte à 15 ans, en le deuxième prix du concours d'éloquence de l'Université populaire de Saint-Gilles[3].

Féru de poésie, son recueil La rencontre à l'aube a été publié en 1954, alors qu'il n'a que 16 ans[4].

Après ses études secondaires à l'Athénée royal de Bruxelles, il entame son parcours académique à 16 ans à l'Université libre de Bruxelles (ULB) en faculté de Sciences sociales, politiques et économiques, tout en poursuivant en parallèle des études d'ingénieur commercial à l'École de Commerce Solvay (actuelle Solvay Brussels School of Economics and Management). Il obtient à 20 ans, en , le grade d'Ingénieur commercial, en , à 25 ans, le titre de Docteur en Sciences économiques, et à 31 ans celui de Professeur.

Parcours professionnel

Dès 1959, à 21 ans, Herbert Glejser est engagé comme Secrétaire et Chargé de recherche au [Département d'économie appliquée de l'ULB (DULBEA), centre de recherche de la Solvay Brussels School of Economics and Management et de l’Université Libre de Bruxelles.

Assistant professeur à l'ULB à partir de 1963, Herbert Glejser est nommé Professeur en Sciences économiques en 1969.

En 1976, il édite l'ouvrage Quantitative studies of international economic relations[5].

Spécialisé en macroéconomie, en 1981 il fait partie des rares économistes belges qui se positionnent, contre l'avis de la Banque nationale de Belgique, en faveur d'une dévaluation du franc belge, jugée inéluctable pour sauver "ce «monstre impossible» qu'était devenue l'économie belge"[6]. La dévaluation aura lieu en [7].

Herbert Glejser a occupé des chaires dans les universités belges de Bruxelles (ULB et VUB) dès 1969, et de Namur (Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix, FUNDP) dès 1974. À l'étranger, il a été professeur invité notamment aux États-Unis au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970 et 1974, à la University of California Berkeley en 1970[8], à la University of California at Los Angeles (UCLA) en 1991; en Israël à l'Université hébraïque de Jérusalem en 1980-1981, en Allemagne, à la Ludwig-Maximilians-Universität München en 1996, ou au Brésil à l'Université fédérale du Minas Gerais en 1996.

Membre du Conseil de la European Economic Association de 1986 à 1990, il a également été Consultant pour la Communauté européenne à partir de 1993[9].

Distinctions

Herbert Glejser a reçu en 1974 la prestigieuse Bourse Fulbright, une bourse de professeur invité à l'Université d'Harvard[10]. Il a été titulaire de la Chaire Francqui décernée par la Fondation Francqui en 1982-1983[11], et lauréat du Prix Pommerehne de l'Association for Cultural Economics International (ACEI) en 2002 pour l'article Efficiency and inefficiency in the ranking in competitions: The case of the Queen Elisabeth Music Contest[12], écrit en collaboration avec Bruno Heyndels[13].

Mort

Herbert Glejser meurt le à Namur à l'âge de 86 ans[14].

Glejser test

En , Herbert Glejser publie A New Test for Heteroskedasticity dans le Journal of the American Statistical Association[15].

Il y développe un nouveau test de l'hétéroscédasticité, inspiré du Park test (en) paru trois ans plus tôt dans Econometrica (1966)[16].

Herbert Glejser compare favorablement son test à celui de Goldfeld et Quandt (1965): « [T]he new test seems to compare favourably, except perhaps in the case of large samples »[17].

Le nouveau test formulé par Herbert Glejser, désormais internationalement connu sous le nom de Glejser test (en), est alors considéré comme une avancée en économétrie, étant le premier à permettre de tester l'hétéroscédasticité "multiplicative" dans un modèle de régression linéaire[18].

Par la suite, des améliorations au Glejser test ont été proposées en 2000 par les économistes statisticiens Kyung So Im[19], et José António Machado et João Santos Silva[20]. En 2020, une étude comparée de l'efficacité des neufs principaux tests de l'hétéroscédasticité a montré que le test de Glejser a le résultat le plus élevé dans le cas de structure hétéroscédastique exponentielle et de structure hétéroscédastique linéaire[21].

European Economic Review

En 1961, l'Association Scientifique Européenne d'Économie Appliquée (ASEPELT) est créée par Jean Waelbroeck et Étienne Sadi Kirschen, professeurs à l'ULB. L'association publie régulièrement un bulletin et des symposiums rassemblant les recherches en économétrie et en économie mathématique.

En 1969, Herbert Glejser et Jean Waelbroeck fondent et deviennent les premiers éditeurs de la European Economic Review (EER). Cette nouvelle revue a pour but de faire mieux connaître internationalement la recherche économique européenne théorique et appliquée. L'EER est d'abord publiée trimestriellement par l'ASEPELT, et exclusivement en anglais, « lingua franca de l'économie » soutenant le processus d'« internationalisation de notre science »[22]. Toutefois, la Revue a pour vocation de se montrer inclusive: elle prend elle-même en charge la traduction d'articles des auteurs, autorisés à rédiger et à publier simultanément leurs recherches dans une autre des langues européennes et veille à favoriser les contributions de jeunes chercheurs[23].

De 1969 à 1986, Herbert Glejser et Jean Waelbroeck furent les seuls éditeurs de la Revue, publiée après l'ASEPELT par North-Holland puis Elsevier. Au cours de cette période, ils ont publié environ 10'000 pages d'articles sélectionnés par environ 2'000 relecteurs. En 1986, ils furent rejoints par Peter Neary et Agnar Sandmo comme éditeurs associés. Jean Waelbroeck est resté rédacteur en chef de l'EER jusqu'en 1991, Herbert Glejser jusqu'en 1993, soit durant 25 ans[24].

Publications

Notes et références

Liens externes

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