Hercilia Fernández de Mujía
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Ricardo Mujía (d) |
Hercilia Fernández Quintela, souvent appellée Hercilia Fernández de Mujía, née à Potosí en 1860 et morte en 1929, était une poètesse bolivienne[1].
Éducation
Elle est la fille de Benjamín Fernández et Matilde Quintela. Elle passe son enfance dans une maison rue del Prado à Sucre avec ses deux sœurs Ofelia et Matilde. Son intérêt pour la musique et la littérature naît très tôt. Son père est professeur de droit à l'Université San Francisco Xavier et a parmi ses élèves le poète tarijénien T. O’ Connor d’Arlach qui dit à propos de sa fille qu'il a vu lors d'une réunion chez le professeur :
« Era, entonces, Hercilia, una muchacha encantadora, de grandes y hermosos ojos negros (…) Tenía dos hermanas: Ofelia y Matilde; las tres eran igualmente buenas y amables, pero Hercilia sobresalió por su belleza y talento, y era la preferida… Aprendió la literatura, la música y el francés con perfección… Todavía parecen halagar nuestros oídos sus dulcísimos acordee de su piano y su voz de ruiseñor. » (« C'était alors Hercilia, une gentille fillette aux yeux grands et noirs (...) elle avait deux sœurs Ofelia et Matilde ; les trois étaient toutes autant bien élevées et aimables, mais Hercilia détonnait par sa beauté et son talent, et c'était la préférée ... Elle apprit la littérature, la musique et le français à la perfection ... Ses doux accords de piano et sa voix de rossignol semblent encore flatter nos oreilles. »)
Elle faisait partie de la Société Philharmonique et Caritative Féminine (Sociedad Filarmónica de Señoras y de Beneficencia) et de la Société Philharmonique de Sucre (Sociedad Filarmónica de Sucre)[2].
Elle publie des poèmes dans le journal local El Semanario où se trouvent aussi des vers de María Josefa Mujía. L'œuvre la plus importante de Hercilia est son livre Mis versos (Mes vers)[3] publié à Lima en 1909 et divisé en : Impressionnistes, Elégies, Traductions et Imitations. Un des poème les plus apprécié est El porvenir dédié à son père. Elle a aussi composé des pièces musicales, surtout des valses. Comme Modesta Sanginés Uriarte, elle créer des versions alternatives de l'hymne national bolivien, et comme elle, affiche des positions féministes.
Elle est l'autrice d'une série en quatre parties appellée l'éducation de la femme (La educación de la mujer) où elle explique que la seule faiblesse innée de la femme est la "faiblesse organique" (debilidad orgánica) qui découle d'un manque d'éducation et contaminant l'aristocratie ; elle évoque "la défaillance des notions morales qui sont transmises aux enfants" (la deficiencia de las nociones morales que se transmiten a los hijos).
Elle considère que l'éducation morale, rôle principal de la femme est la base de toute "sociabilité" républicaine comme force homogénéisante qui élimine la "différence des classes"[4].
Les auteurs de Hacia una historia crítica de la literatura en Bolivia (Vers une histoire critique de la littérature en Bolivie) soutiennent que Adela Zamudio est une héritière directe du féminisme de Hercilia et de Lindaura Anzoátegui Campero[5].
En 1889, au salon législatif de Sucre, Hercilia lit son poème "A Chuquisaca" en l'honneur de l'anniversaire des 80 ans du , date à laquelle Chuquisaca lutta pour son indépendance.
Hercilia a aussi traduit des œuvres littéraires, la plupart du français. Sa figure a donc perdu de l'importance avec le temps. L'historien bolivien Enrique Finot dit d'elle "correcte et discrète, mais moins fructueuse"[6]. Ainsi, certains considèrent que son travail, bien qu'inaperçu, mérite d'être révisé. Ce sera le cas de Adolfo Cáceres Romero qui dit à propos du travail des femmes de l'époque :
« El XX fue de los poetas (...) Tiempo de lucha para la mujer que apenas figuraba en los primeros años del XX. Adela Zamudio era su , poeta y narradora. El papel intelectual de esas mujeres ha pasado casi inadvertido. El Álbum, era una revista femenina publicada a fines del XIX, en Sucre; dirigida por Carolina Freyre de Jaimes, madre del autor de Castalia Bárbara (Jaimes Freyre); revista donde escribían varias mujeres; entre ellas Hercilia Fernández de Mujía (...) » (« Le XXème siècle est celui des poètesses (...) Temps de lutte pour les femmes qui étaient quasiment absentes lors des premières années du XXème siècle. Adela Zamudio était son paladin, poète et narrateur. Le papier intellectuel de ses femmes est passé pratiquement inaperçu. El Álbum était une revue féminine publiée à la fin du XIXème siècle à Sucre, dirigée par Carolina Freyre de Jaimes, mère de l'auteur Castalia Bárbara (Jaimes Freyre) ; revue dans laquelle écrivaient diverses femmes, entre autres Hercilia Fernández de Mujía (...) »)
Citation d'El Álbum où Hercilia publia la majorité de ses idées féministes.
Mariée à Ricardo Mujía (es) ils seront les parents de trois enfants : Benjamín, Gastón y Hercilia[7].
Zeliska, la esclava
En 1884 à 24 ans, elle compose l'opéra Zeliska, la esclava[8].
Elle est restée inédite pendant plus d'un siècle et on annonce son inauguration en Bolivie le 13, 14 et au théâtre Alberto Saavedra Pérez (es) à La Paz. Selon les registres historiques, l'œuvre était une simple présentation documentée à Asuncion en 1919. La reconstruction et réédition de la partition originale a été finalisée après cinq ans d'enquête par les musicologues Mariana Alandia Navajas et Javier Parrado Moscoso.
Avec l'aide de l'Orchestre Symphonique National de Bolivie (es) l'œuvre est officiellement lancée et fait partie du processus de récupération des pièces musicales du pays.
L'œuvre est une opérette en un acte qui aborde des thèmes comme l'amour, le pardon et le sacrifice et se déroule au Moyen Âge[9].
Références
- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Hercilia Fernández de Mujía » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (es) REDACCIÓN, « Estrenan la opereta “Zeliska, la esclava” », sur Opinión Bolivia, (consulté le )
- ↑ (es) « Portada del Archivo Histórico Nacional », sur censoarchivos.mcu.es (consulté le )
- ↑ (es) Hercilia Fernández de Mujía, Mis versos: Hercilia Fernández de Mujía, Imp. Variedades Mercaderes, (lire en ligne)
- ↑ Mauricio Souza Crespo, Lugares comunes del modernismo: aproximaciones a Ricardo Jaimes Freyre, Plural Ed, (ISBN 978-99905-75-32-3)
- ↑ Hacia una historia crítica de la literatura en Bolivia, PIEB, coll. « Investigación », (ISBN 978-99905-68-06-6 et 978-99905-68-07-3)
- ↑ Elías Blanco Mamani, « DICCIONARIO CULTURAL BOLIVIANO: HERCILIA FERNANDEZ DE MUJIA », sur DICCIONARIO CULTURAL BOLIVIANO, domingo, 22 de enero de 2012 (consulté le )
- ↑ (en-US) « María Hercilia Fernández » [archive du ], sur geni_family_tree (consulté le )
- ↑ (es) Redacción Central, « Estrenan la opereta “Zeliska, la esclava”, joya musical del siglo XIX de la compositora potosina Hercilia Fernández », sur ABI, (consulté le )
- ↑ (es) Brújula Noticias, « La Sinfónica presenta “Zeliska la esclava”, la primera ópera escrita por una mujer boliviana », sur brujuladigital.net, (consulté le )