Hercule de Lacger
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Hercule de Lacger, né entre 1595 et 1605 et mort le à Castres, est un homme politique et un homme de lettres français. Il est connu pour avoir été l'un des amants de la poétesse française Henriette de Coligny, comtesse de La Suze.
Famille
Hercule de Lacger naît entre 1595 et 1605 dans une famille religionnaire protestante, dans le Tarn.
Il est le fils aîné de Jean de Lacger (1567-1624), seigneur de Massuguiès, conseiller au Parlement de Toulouse et à la Chambre de l'Édit de Castres, et de Marguerite de Dampmartin. Il a trois sœurs, Louise de Lacger, Marguerite de Lacger et Isabeau de Lacger, épouse Toulouse-Lautrec Saint-Germier.
Il se marie avec Françoise, ou Louise, Fontanon[1],[2]. Le couple n'a pas d'enfants. Les époux meurent tous deux en 1670, bien que certaines sources statuent la mort d'Hercule de Lacger en 1651[1].
Il est également le cousin de Jacques de Lacger, avec qui il est souvent confondu[3].
Carrière politique
Seigneur de Massuguiès à son tour, Hercule de Lacger prend part à la vie politique de son temps. Il est notamment élu conseiller à la Chambre de l'Édit de Castres[4].
Certaines sources affirment qu'il est également Secrétaire particulier de Christine de Suède, reine de Suède, tandis que d'autres avancent qu'il s'agit de son cousin, Jacques de Lacger[3].
Carrière littéraire
Un poète galant ?
Contemporain de la période galante, Hercule de Lacger fréquente les salons littéraires, notamment l'Hôtel de Rambouillet, la cour de Suède et les salons parisiens. On suppose qu'il a influencé, à son échelle, la diffusion de l'esthétique galante du XVIIe siècle en Gascogne, notamment vers Castres[5]. Il écrit des pièces poétiques et Frédéric Lachèvre le place au même rang que certains poètes galants : il serait « à côté de Malleville et Benserade ». Les vers de ce « poète de ruelle », expression employée par Henriette de Coligny de La Suze, sont plus ou moins appréciés par ses contemporains[6].
Le , il est élu membre de l'Académie de Castres, il y siège aux côtés du poète galant Paul Pellisson et d'autres académiciens tels que M. de Tournadous et M. de Fondamente. Son élection est encadrée par le Secrétaire Spérandieu, qui transcrit les procès verbaux. Ces derniers attestent qu'il est l'auteur de quelques pièces poétiques qui sont lues à l'Académie de Castres[4].
On prête au poète gascon une liaison avec Henriette de Coligny, comtesse de La Suze, mais aussi une passion soudaine et non réciproque pour Ninon de Lenclos. On rapporte que le poète était jaloux du Marquis de Sévigné, époux de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, car il possédait le cœur de Ninon de Lenclos. Il aurait alors semé la discorde au sein de la société galante, relatant des rumeurs au sujet d'une certaine Mme de Gondran, insultée par un abbé et courtisée par François Amanieu, seigneur d'Ambleville, chevalier d'Albret. Cette nouvelle gagna le Marquis de Sévigné, amant de cette dernière, qui décida de provoquer le chevalier en duel. Henri de Sévigné périt dans ce duel, le . Mme de Sévigné, l'épouse du Marquis, pleura son mari et méprisa Hercule de Lacger pendant le reste de sa vie : « Voilà l'homme du monde que je hais le plus ». Elle le fit exiler de la cour[2].
Ainsi, bien que les vers d'Hercule de Lacger soient galants, Lachèvre décrit un homme aux comportements qui le sont bien moins. Il rapporte les propos de Gédeon Tallemant des Réaux, contemporain du poète, qui écrit à son propos : « il a de l'esprit, mais n'est nullement honneste homme ». Il serait aussi un « grand coquin coupable de nombreuses indélicatesses »[6].
Controverse d'attribution
Le texte galant intitulé Le Livre d'amour d'Hercule de Lacger, Vers pour Iris (Henriette de Coligny, comtesse de La Suze) a été attribué pour la première fois en 1910 à Hercule de Lacger, par Lachèvre, dans l'édition d'Edward Sansot. Jusqu'alors, l'auteur et le destinataire de ce texte étaient inconnus, seul le monogramme « Le Roy » apparaissait au bas des feuillets de l'ouvrage papier. Ce dernier est composé d'une soixantaine de poésies, comprenant des stances, des sonnets, des élégies ou encore des madrigaux[6], tous destinés à Iris.
Cependant, Alain Niderst, spécialiste du XVIIe siècle[7], attribue ce texte à Jacques de Lacger[8]. Selon lui, il aurait également écrit ces vers à l'intention d'Henriette de Coligny de la Suze. Les cousins étant régulièrement confondus, les critiques se divisent sur le véritable auteur des Vers pour Iris[9].
Œuvres
: Liste établie grâce au Tableau historique de Magloire Nayral[4]
- Stances pour un Combat de Bannière, qui fut fait en Suède pour la célébration de la naissance de la Reine, .
- Élégie sur le Déplaisir de l'Absence, .
- Paraphrase, en stances françaises, du Psaume 130.
- Vers faits en Suède, par ordre de la Reine, sur la Fuite d'Armide devant Arnaud, représentée en une tapisserie.
- Sonnets et Chansons sur différens sujets.
- Stances sur la Liberté de M. le Prince de Condé.
- Le livre d'amour d'Hercule de Lacger, Vers pour Iris (Henriette de Coligny, comtesse de La Suze),1910, Paris, édition Sansot[6].