Heretik System

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Heretik System, ou Heretik, est un collectif de musique (sound system) français considéré comme l'un des piliers de la scène des musiques électroniques dites « underground » en France, mais aussi notamment en République tchèque et en Italie[1].


Historique

1998 - Live zip Core-Tex Labs. & Noisebuilder - Halloween pary, hangar désaffecté aux alentours de Paris.

Avant tout actif dans l'univers des free parties, Heretik System s'est notamment illustré en 1999 et 2001 en organisant des raves dans la gare de fret de Bercy[2] et dans la piscine Molitor[3],[4].

Leurs fans considèrent que le groupe est entré dans la légende, rejoignant la popularité des mythiques Spiral Tribe, collectif britannique à l'origine du mouvement des free parties[5].

Origines et fondation

Le collectif se forme à Paris vers 1995–1996, à l’initiative d’un groupe d’amis partageant un intérêt commun pour la techno, les musiques électroniques radicales et les modes d’organisation alternatifs[1]. Inspiré par la scène britannique des sound systems et par l’éthique des free parties, Heretik développe très tôt une identité fondée sur l’autonomie, la gratuité et l’occupation temporaire de lieux désaffectés.

Tragédie d’Aulnay-sous-Bois (1998)

En , un drame survient à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, à la suite d’une soirée réunissant plusieurs membres de Heretik. Six d'entre eux trouvent la mort dans le pavillon où ils résidaient à la suite d’une intoxication au monoxyde de carbone provoquée par un dispositif de chauffage défectueux[6],[7]. Ce fait divers, largement relayé par la presse nationale, marque la scène tekno française, Heretik fut alors invité a répondre a une interview organisée par le magazine Rock'n Folk.

Plusieurs récits rétrospectifs consacrés à Heretik System évoquent cet événement comme un moment charnière, tant sur le plan humain que symbolique, sans établir de lien organisationnel direct entre le collectif et le drame, mais en soulignant l’impact profond qu’il a eu sur l’ensemble du milieu des free parties[8].

Essor et reconnaissance

De la création du groupe en 1996 à aujourd'hui, Heretik a organisé des dizaines d'événements, raves, free parties, soirées en club ou en salles de concerts, dont les plus grosses ont attiré jusqu'à 20 000 personnes, notamment à Chevannes (Essonne) le [9].

À partir de la fin des années 1990, le collectif acquiert une notoriété croissante au sein de la scène électronique européenne. L’organisation de la rave de la gare de fret de Bercy en 1999, rassemblant plusieurs milliers de participants, puis celle de la piscine Molitor en , constituent des jalons majeurs de cette période. Ces événements sont fréquemment cités comme emblématiques de l’âge d’or des free parties en France[10].

Contexte politique et évolution du mouvement

Le début des années 2000 correspond à une période de durcissement des politiques publiques françaises à l’égard des free parties et des rassemblements non déclarés. Cette évolution s’inscrit notamment dans le contexte des lois sécuritaires adoptées à partir de la fin des années 1990 et du début des années 2000, dont la loi dite « Mariani » de 2001, renforçant le contrôle administratif et policier des rassemblements festifs non déclarés.

À cette période, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, affiche publiquement une ligne de fermeté à l’égard des free parties, régulièrement présentées par les autorités comme des foyers de désordre et de risques sanitaires. Cette orientation politique entraîne une multiplication des saisies de matériel, des interdictions préfectorales et une pression accrue sur les collectifs de sound systems.

Dans ce contexte, plusieurs collectifs, dont Heretik System, sont amenés à repenser leurs modes d’action. Des analyses publiées dans la presse spécialisée décrivent cette phase comme une transition contrainte, marquée par la fin progressive des grandes free parties illégales et par un déplacement vers des formats plus institutionnels, notamment les salles de concerts et les événements déclarés, afin de poursuivre leurs activités culturelles dans un cadre légal[11],[12].

Passage aux salles et spectacles

En , le collectif organise avec Troubles Fête un événement au Zénith de Paris, à guichets fermés (près de 7 000 places)[13]. À cette occasion, ils réunissent dans une mise en scène globale et synchrone ce qu'ils appellent l'ensemble des disciplines du monde tekno : DJ, live acts, VJ, artistes du théâtre de rue, du cabaret, light jockeys, etc.

En de l'année suivante, un autre spectacle est donné à l'Olympia, de nouveau avec Troubles Fête, devant près de 2 500 personnes, sous le nom de « Grand Magic Tekno Circus »[14]. Ces événements marquent l’intégration progressive du collectif dans des circuits culturels officiels, tout en conservant une esthétique et une philosophie héritées des free parties.

Organisation et membres

Le collectif se compose d'une vingtaine de personnes : musiciens, DJs, organisateurs, techniciens et artistes visuels. Combinant organisation d’événements et production musicale, Heretik a produit plus d'une centaine de disques vinyles et plusieurs CD, et a développé une imagerie considérée par ses partisans comme revendicative.

Des écrits et analyses publiés dans la presse culturelle dénoncent la marginalisation des artistes de musique techno, puis, plus tard, les dérives d'un mouvement fragilisé par sa popularité croissante[15].

Activités récentes

En 2016, une tournée est organisée en Europe pour fêter les 20 ans du collectif. Heretik se produit alors dans des lieux tels que le festival de Dour, le Zénith de Nancy, le Dock des Suds, ainsi que dans une vingtaine d'autres salles et festivalsTrax Magazine, Trax, , Tournée européenne des 20 ans.

Plusieurs membres poursuivent parallèlement des carrières individuelles. Parmi les musiciens les plus connus figurent Popof, Nout, Electrobugz, Noisebuilder, KRS, Anes, Split, Broke, Rokette77, Léo, Jano, Baby, Vito, Slarvy, Boubou et Limka. Popof, membre historique du collectif, s’est notamment imposé comme un DJ et producteur de renommée internationale« RA: Popof », sur Resident) Advisor.

En parallèle, certains des membres du groupe dirigent ou ont dirigé des labels de musique électronique plus ou moins alternatifs, parmi lesquels Form, Le Diable Au Corps et Junky Robots.

Discographie

La discographie du collectif comprend des albums, EPs et compilations publiés principalement entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000, tels que recensés par la base de données Discogs[16].

  • Foxxcam, album, cassette (mixed), Heretik, 1997
  • Psyk’O Bomb, EP (12″), Rouge de Colère, 1998
  • Rock And Fuck 01, EP, Rock And Fuck Records, 1999
  • Rock And Fuck 02, EP, Rock And Fuck Records, 1999
  • Rock And Fuck 03, maxi-single (12″, 33⅓ RPM), Rock And Fuck Records, 1999
  • Power Mode (Full Metal Distortion In Da Area), album, Hokus Pokus Records, 2001
  • Impénitents et obstinés, album, Gazole Records, 2002
  • Tekno Is Beautiful, album, Gazole Records, 2003
  • Heretik Live, album, 2×CD Digipak, Gazole Records, 2004
  • Danse avec les fous, EP (12″), Heretik, 2004
  • Impénitents et obstinés & Tekno Is Beautiful, compilation (2×CD), Gazole Records, 2004
  • We Had a Dream OST, bande originale / compilation, Heretik, 2010
  • We Had a Dream, vidéo / DVD, Heretik, 2010
  • Hermetic Unity / Heretik Hors Sclerie, EP, Heretik, 2011
  • Tromatik Mix 001, DJ mix (cassette), Tekshop, s.d.

Notes et références

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