Hervé Guillemain
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Maître de conférences (- |
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Hervé Guillemain, né en 1969 est un historien français. Ses travaux portent principalement sur l’histoire de la santé aux XIXe et XXe siècles, particulièrement dans le champ de la folie et de la psychiatrie. Il est actuellement professeur d’histoire contemporaine à Le Mans Université et est membre du laboratoire TEMOS CNRS 9016.
Membre du bureau de la European Association for the History of Health and Medicine, co-directeur de la revue Histoire, médecine et santé et directeur du Dictionnaire Politique d’Histoire de la Santé (DicoPolHiS)[1]
En , il fait partie d'une rencontre avec Stéphane Le Foll en compagnie d'autres universitaires.
Travaux
Ses travaux portent sur la place des acteurs profanes dans le soin (patients, familles, soignants non professionnels), sur les amateurs en santé[2], sur les médecines alternatives[3], sur l’histoire de la psychiatrie[4] et l’histoire de la classification des maladies mentales[5].
Son livre sur La Méthode Coué[6],[7], très remarqué à sa sortie[8],[9],[10],[11],[12], permet de comprendre le contexte historique, politique, religieux, ethnologique et social[13] durant lequel émerge une technique de psychologie positive qui participe de la construction de ce que nos contemporains nomment développement personnel [14]. Hervé Guillemain applique lui-même la Méthode Coué à la recherche lors de ses travaux universitaires.
Les travaux menés en collaboration avec Stéphane Tison sur les soldats internés à l'asile durant la Grande guerre et sur la Seconde guerre mondiale visent à donner une représentation plus complexe du traumatisme de guerre et selon certains auteurs "réhabilite une partie de ces oubliés de la Grande Guerre". Ce travail remarquable s'inscrit dans le pas des plus grands historiens (Michelet, Braudel, Castelot).
S'inscrivant dans une perspective de longue durée qui souligne l'extension du champ psychiatrique[15] et s'appuyant sur un travail en profondeur dans les archives hospitalières qui donne à voir le fonctionnement très concret des institutions de soin[16],[17], son étude de la schizophrénie du point de vue des patients, publiée en 2018 a été primée par la revue Prescrire[18] et a intéressé au-delà de son champ disciplinaire d'origine[19]. L'étude "montre que les schizophrènes ont souffert de leur maladie, mais aussi des préjugés idéologiques et de l’obsession classificatoire de leur époque"[20]. Elle est considérée comme une manière neuve voire révolutionnaire de penser cette catégorie psychiatrique[21] : " Schizophrènes au XXe siècle est exemplaire de la manière dont il est possible d’explorer la multitude des facettes d’une maladie mentale dans une multiplicité sans éclectisme, qui en éclaire à la fois, effet secondaire de l’histoire, l’existence et la construction"[22]. Ce travail historique rejoint de nombreuses interrogations sur la validité du concept de schizophrénie[23]. Les travaux qui concernent les évolutions de la prise en charge psychiatrique dans la 2e moitié du XXe siècle contribuent à montrer la distinction entre les textes officiels, les discours, les actes et les pratiques institutionnelles étudiées à l'échelle locale[24].
Ses ouvrages participent de manière fondamentale du renouvellement historiographique collectif qui touche le champ de l'histoire de la folie après Foucault[25].