Hindou Oumarou Ibrahim
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Hindou Oumarou Ibrahim, née en 1984 à N'Djaména, est une géographe et militante tchadienne. Membre de la communauté peule Mbororo du Tchad, elle milite pour la protection de l'environnement et la promotion des droits de l’homme et des droits des peuples autochtones. Son expertise est régulièrement sollicitée dans les négociations sur le climat. Son engagement est récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux.
Enfance, éducation et débuts
Hindou Oumarou naît en 1984 à N'Djaména au Tchad[1],[2]. Venue au monde dans la communauté wodaabes[3], où les filles sont traditionnellement mariées vers l'âge de 12 ans[4]. Elle est la représentante pour le Sahel au Comité exécutif du Comité de coordination des peuples autochtones d'Afrique[5].
Engagement contre le changement climatique
Création et développement de l’AFPAT
En 1999, alors qu'elle n'a que 15 ans, elle crée l’association des femmes peules et peuples autochtones du Tchad (AFPAT)[6].
Actions de sensibilisation et campagnes
Ayant pour cheval de bataille la lutte pour la protection des peuples autochtones et la lutte contre le changement climatique[7], elle organise de multiples campagnes de sensibilisation sur la protection des droit humains et de l’environnement avec l'AFPAT.
L'association est la première association communautaire à participer activement aux négociations internationales sur le climat, la biodiversité et la désertification[8]. Cette participation inclut des forums comme les Conférences des Parties (COP) et d'autres instances onusiennes. Considérée comme « la voix des femmes Peuls du Tchad »[9], elle parcourt le monde pour porter leur voix et celle des communautés autochtones[10]. Elle est par ailleurs auteure du livre La fille peule, autochtone du Tchad[11].
En 2015, elle est désignée co-présidente du Forum international des peuples autochtones sur les changements climatiques lors de la COP21 à Paris[12]. Elle est invitée à parler à la cérémonie de signature des Accords de Paris[13].
Travaux
La cartographie participative
En tant que géographe, Hindou Oumarou Ibrahim utilise la cartographie participative pour répondre aux enjeux du changement climatique et prévenir les conflits liés à l'accès aux ressources et à l'usage des terres[14],[15],[16],[17]. La cartographie participative menée par Hindou Oucmarou Ibrahim utilise des maquettes détaillées et des modélisations 3D, ce qui facilite la compréhension et la contribution d'autres acteurs[18].
Expérimentations à Baïbokoum de la modélisation participative
Après avoir découvert la modélisation participative en trois dimensions au Gabon, elle expérimente une méthode de cartographie et modélisation participative en trois dimensions à Baïbokoum, dans le sud-ouest du Tchad[19]. L'opération à également permis de rassembler des pasteurs autochtones pour cartographier les ressources naturelles de leur région[16],[20].
Le rôle des peuples autochtones et la valorisation des savoirs traditionnels
Selon, plusieurs rapports internationaux, bien que représentant seulement environ 5% de la population mondiale, les peuples autochtones occupent près de 25% de la surface terrestre, où se trouve près de 80% [21]de la biodiversité encore préservée sur Terre. Cette position fait d'eux des acteurs clés de la conservation de la biodiversité. Cela fait aussi écho à l'idée qu'ils sont les plus à même de connaître, cartographier et s'occuper de leur environnement[16],[20],[22].
Hindou Oumarou Ibrahim met en avant l'importance de conserver et valoriser les savoirs traditionnels en les associant aux savoirs scientifiques dans la lutte contre le changement climatique et améliorer a protection de l'environnement[19],[23].