Hinrik Funhof

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Hinrik Funhof
Hinrik Funhof, Maria im Ährenkleid, Kunsthalle de Hambourg (env. 1484).
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Hinrik Funhof (autres écritures Funghoff, Vonhof, Fonhave), né autour de 1430 ou 1440, et mort en 1484 ou 1485 à Hambourg est un peintre d'art gothique tardif actif en Allemagne du Nord. Carl Georg Heise (de), le premier historien d'art à s'intéresser aux œuvres de Funhof en 1918[1], et ancien directeur de la Kunsthalle de Hambourg, le compte avec Maître Bertram et Maître Francke parmi les plus brillants représentants de la peinture hambourgeoise de son époque. Les quatre panneaux du retable du maître-autel de l'église Saint-Jean de Lunebourg font partie, de par leur qualité et leur état de conservation, des peintures les plus précieuses de la Basse-Saxe de la deuxième moitié du XVe siècle[2].

Hinrik Funhof est probablement originaire de Westphalie. Il existait alors au XVe siècle une famille Funhof (ou Vunhoff) à Werne, aujourd'hui dans le Kreis Unna. Il est possible que le père de Hinrik vivait déjà à Hambourg, comme sa sœur Kyneke.

La présence de Hinrik à Hambourg est attestée en 1475 sur un paiement de la commune. À cette époque, il se marie avec la veuve ou une des filles du peintre Hans Borneman (de), le plus important peintre de la génération précédente, et il reprend son atelier. Il est Ältermann de la confrérie de Thomas d'Aquin

Funhof est actif à Hambourg et exécute, entre 1475 et 1483, de nombreuses commandes pour le compte de la municipalité, parmi lesquelles aussi des petits travaux comme des panneaux et drapeaux. Il peint aussi entre 1479 et 1484 un grand retable, aujourd'hui disparu, pour l'église Saint-Georges, et un retable pour la cathédrale, aussi disparu. Il est Ältermann de la confrérie de Thomas d'Aquin pour l'église Saint-Jean de 1480 à 1482.

C'est probablement à cette date qu'il peint le tableau de Marie en robe d'épis. Il n'existe que peu de représentations de la Vierge dans cette attitude singulière, en jeune fille, les long cheveux roux retombant sur ses épaules, vêtue d'une robe constellée d'épis retenue par une ceinture (signe de sa virginité).

Le registre paroissial de la confrérie Saint Josse indique, au printemps 1485, la mort du peintre.

Style

Le maître-autel de l'église Saint-Jean de Lünebourg. C'est sur le revers des volets (invisibles sur cette photo) que se trouvent les panneaux de Funhof.

La comparaison des styles montre que Funhof a dû passer ses années de compagnonnage dans les Pays-Bas. L'influence de Dirk Bouts sur les panneaux du retable de l'église Saint-Jean de Lunebourg est visible. D'après Carl Georg Heise, Funhof a travaillé dans l'atelier de Bouts. D'autres experts considèrent que Memling a eu une influence considérable. Chez Memling, Funhof a appris la technique de présentation de la narration simultanée qui consiste à décrire plusieurs scènes dans un cadre architectural. La représentation de femmes au corps mince peut venir de Memling, mais aussi de Rogier van der Weyden.

L'œuvre principale conservée de Funhof est constituée des quatre panneaux extérieurs des volets de l’autel de la Johanniskirche de Lunebourg. Ils datent de 1482, l'autel lui-même est plus ancien. Ces panneaux extérieurs sont aujourd'hui difficilement accessibles, l'autel étant collé vers le fond du chœur en position ouverte pour permettre d'admirer ses sculptures.

Les panneaux illustrent les légendes de sainte Cécile, de saint Jean-Baptiste, saint Georges et sainte Ursule. Ils montrent un talent narratif frais, de grandes aisances de représentation, et sont de fidèles témoignages de la culture bourgeoise de son temps, qu'il s'agisse de bâtiments et plus encore des vêtements et postures des personnages. La composition narrative, avec notamment une colonne au milieu de chaque tableau séparant l’espace en deux scènes inégales, vient de la peinture flamande, mais reste imprégnée dans sa réalisation de la peinture allemande. Funhof montre, dans la variété des personnages et la riche palette de couleurs, les influences de Dirk Bouts.

Il est si proche de son maître que Heise[3] a émis l'opinion que Funhof ait pu terminer l'œuvre tardive de son maître, les panneaux de La Justice de l'empereur Otton (conservés aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles) après sa mort en 1475. Même les deux panneaux des Noces de Cana et de la Multiplication des pains sont attribués par Pieper plutôt à un peintre originaire du Nord des Pays-Bas. Une autre suggestion, de A. Stange, de mettre une crucifixion d'une collection particulière en Allemagne du Sud en relation avec Funhof, est restée sans suite[3].

Influence

Funhof a eu une influence déterminante dans l'introduction du style néerlandais de représentation et de son adaptation au langage des formes propre à l'Allemagne du Nord.

Œuvres

Notes et références

Bibliographie

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